Exclu des débats des chefs, Maxime Bernier n’est « pas surpris »

Le chef du Parti populaire du Canada Maxime Bernier
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le chef du Parti populaire du Canada Maxime Bernier

Le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, n’est « pas surpris » de ne pas avoir été invité aux deux débats des chefs qui auront lieu en septembre dans le contexte de la campagne électorale fédérale. Il remet toutefois en question la méthodologie des sondages qui lui ont fait perdre ce droit de passage.

« J’ai été déçu, mais pas surpris, d’apprendre que je ne serai pas invité aux débats des chefs », a réagi M. Bernier dans une déclaration écrite transmise aux médias samedi après-midi.

Les cinq principales formations politiques à Ottawa, soit celles qui ont fait élire des députés en 2019, prendront part à ces événements, a confirmé samedi la Commission des débats des chefs. Il s’agit du Parti libéral, du Parti conservateur, du Nouveau parti démocratique, du Bloc québécois et du Parti vert.

Fortement médiatisés, les débats des chefs représentent l’occasion pour les dirigeants des partis politiques à Ottawa de se faire connaître des électeurs et de confronter leurs prises de position sur divers enjeux. Cette année, ces événements auront lieu les 8 et 9 septembre au Musée canadien de l’histoire, situé à Gatineau.

Pas assez d’appuis

En 2019, le chef du PPC, Maxime Bernier, avait été invité aux débats des chefs, où ses prises de position tranchées en matière d’immigration et de lutte contre les changements climatiques lui avaient valu les critiques acerbes de ses opposants. M. Bernier, qui avait été élu à quatre reprises sous la bannière du Parti conservateur de 2006 à 2015, venait alors de fonder depuis peu sa propre formation politique.

Cette année, cependant, le chef du PPC, qui n’a pas été élu en 2019, ne pourra prendre part à ces événements puisque sa formation ne répond pas aux nouveaux critères établis en juin dernier par la Commission des débats des chefs, un organisme indépendant et impartial.

Ces critères prévoient que les partis invités autour de la table doivent avoir fait élire au moins un élu à la Chambre de communes, en excluant les transfuges. Sinon, ils doivent avoir obtenu au moins 4% des votes lors de la dernière élection générale, ou encore dans des sondages récents menés par des firmes crédibles.

Or, le PPC, qui fait campagne contre les mesures sanitaires, ne compte aucun élu à la Chambre des communes. La Commission des débats des chefs a par ailleurs établi, en effectuant la moyenne des résultats d’une série de sondages menées par des firmes reconnues dans les derniers jours, que l’appui populaire à cette formation s’élève à 3,27%. Les résultats des différents sondages analysés variaient d’un appui au parti de 0,7% à 5,2%.

En ne pouvant pas participer à ces débats, M. Bernier reconnaît qu’il lui sera plus difficile de rejoindre les électeurs canadiens. « Ça nous aurait aidé à se faire connaître […] C’est pour ça que c’est décevant de ne pas prendre part aux débats », a-t-il déclaré en entrevue au Devoir, samedi après-midi.

Le chef du PPC, qui faisait campagne en Beauce samedi, n’entend cependant pas contester la décision de la Commission, qui a été prise, reconnaît-il, sur la base de « critères clairs et objectifs ». Il déplore néanmoins la « méthodologie déficiente », selon lui, de certains des sondages analysés, qui ont abaissé la moyenne des intentions de vote de son parti par leurs résultats très faibles en faveur de la formation.

« Là où je suis déçu, c’est qu’ils ont pris les sondages de la dernière semaine et ceux qui nous ont donné 1 ou 2% n’avaient pas une méthodologie très scientifique », a fait valoir le chef du PPC, qui compte actuellement 308 candidats. La Commission assure pour sa part que les sondages utilisés ont respecté une méthodologie rigoureuse.

Le premier débat des chefs, le soir du 8 septembre, sera animé par le présentateur du Téléjournal Grand Montréal de Radio-Canada, Patrice Roy. Le lendemain, le débat en anglais sera animé par la présidente de l’Institut Angus Reid, Shachi Kurl.

M. Bernier n’a également pas été invité au débat Face-à-Face qui sera présenté le 2 septembre sur les ondes de TVA et LCN.

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