Affaire Meng Wanzhou: la juge annonce une autre audience le 21 octobre

La cause en extradition de Meng Wanzhou, qui a grandement assombri les relations entre le Canada et la Chine depuis deux ans et demi.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne La cause en extradition de Meng Wanzhou, qui a grandement assombri les relations entre le Canada et la Chine depuis deux ans et demi.

La juge de la Cour suprême de Colombie-Britannique qui préside l’affaire d’extradition de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a mis la cause en délibéré et a fixé la date de la prochaine audience au 21 octobre.

Les débats sur l’extradition vers les États-Unis de la ressortissante chinoise ont pris fin mercredi après près de trois ans de batailles judiciaires. Les avocats de la défense ont livré leurs derniers arguments dans l’espoir d’éviter à leur cliente d’être remise aux Américains qui souhaitent l’accuser de fraude. Mme Meng et la société de télécommunications Huawei ont nié les accusations des États-Unis.

La juge en chef associée de la Cour suprême de Colombie-Britannique, Heather Holmes, a déclaré à la fin des audiences qu’elle réservait sa décision dans le dossier et qu’elle rappelait les parties en cour le 21 octobre prochain. Elle devrait alors préciser à quel moment elle prononcerait ses verdicts concernant d’une part la demande d’extradition et d’autre part la contestation pour abus de procédure formulée par la défense.

Les représentants de Mme Meng ont plaidé que les États-Unis avaient soumis des preuves « manifestement peu fiables » et avaient grappillé des informations ici et là pour les assembler et mousser leur dossier. Selon les États-Unis, elle aurait menti lors d’une présentation devant la Banque HSBC au sujet des liens entre Huawei et la compagnie Skycom qui aurait fait des affaires en Iran. Elle aurait ainsi mis la banque à risque de violer les sanctions américaines contre l’Iran.

Les avocats du Procureur général du Canada ont soutenu de leur côté que les États-Unis respectaient des standards élevés en matière de preuve et qu’ils exerçaient une certaine réserve par rapport aux éléments qu’ils souhaitaient dévoiler à l’étape de la demande d’extradition.

L’arrestation de Mme Meng a placé le Canada au cœur d’une querelle entre la Chine et les États-Unis. Les arrestations en Chine des Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig, peu de temps après celui de Mme Meng, sont généralement considérées comme des mesures de rétorsion prises par Pékin.

Une fois la décision du tribunal prononcée, la décision finale sur l’extradition de Meng Wanzhou appartiendra toutefois au ministre de la Justice du Canada.

Depuis son arrestation en décembre 2018 à l’Aéroport de Vancouver, Meng Wanzhou est en liberté restreinte ; elle habite dans l’une de ses propriétés de Vancouver.

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