Le Bloc québécois veut aider l’Alberta à tourner le dos au pétrole

Ottawa a versé 8,1 milliards de dollars en aide à l’industrie pétrolière en 2020, en plus des 4,75 milliards engagés dans le projet de pipeline Trans Mountain. Sur la photo, une installation à Cremona, en Alberta.
Photo: Jeff McIntosh La Presse canadienne Ottawa a versé 8,1 milliards de dollars en aide à l’industrie pétrolière en 2020, en plus des 4,75 milliards engagés dans le projet de pipeline Trans Mountain. Sur la photo, une installation à Cremona, en Alberta.

S’ils souhaitent que l’Alberta tourne le dos au pétrole, les Québécois vont devoir financer une partie de sa transition économique, estime le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. Par contre, ils devraient pouvoir récupérer leur part de ces fonds si les Prairies continuent d’exploiter les sables bitumineux, qui comptent pour 12 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada, plaide-t-il.

La collaboration du Bloc est « acquise » pour financer la transition économique de l’Alberta, a déclaré M. Blanchet en point de presse lundi à Québec, non loin de l’Assemblée nationale. Dès lors, une bonne partie des milliards de dollars d’aides consentis par le fédéral à l’industrie pétrolière chaque année devrait être réinvestie ailleurs dans l’économie albertaine, notamment dans le secteur agricole, a-t-il dit.

Ottawa a versé 8,1 milliards de dollars en aide à l’industrie pétrolière en 2020, en plus des 4,75 milliards engagés dans le projet de pipeline Trans Mountain.

Muet sur le troisième lien

 

Entouré de ses 10 candidats de la région de Québec, le chef bloquiste s’est par ailleurs défendu d’être favorable ou non au projet de tunnel entre Québec et Lévis, dont les coûts estimés frôlent les 10 milliards de dollars.

« Est-ce que je soutiens le troisième lien ? […] Le Bloc québécois n’a pas à avoir d’opinion sur le troisième lien », a-t-il déclaré avant d’ajouter que le fédéral « n’avait pas à intervenir dans les choix du Québec ».

La semaine dernière, le premier ministre François Legault a déclaré que le troisième lien allait être un enjeu « important » de la campagne fédérale et qu’Ottawa devait financer jusqu’à 40 % du projet de troisième lien. Questionné sur le sujet, le chef bloquiste a répondu en substance qu’Ottawa devrait accepter si Québec le demande : « On peut aimer ou ne pas aimer les projets du gouvernement [Legault], il reste que c’est une compétence du Québec. »

Une lutte à deux avec le PLC

En cette deuxième journée officielle de campagne, le Bloc québécois a décoché toutes ses flèches à l’endroit de Justin Trudeau.

Après avoir affirmé qu’il n’y avait « pas grand-chose » dans le bilan de Justin Trudeau au Québec, Yves-François Blanchet a notamment rappelé le scandale du système de paye Phénix : « Il veut forcer ses employés à se faire vacciner alors qu’il n’est même pas foutu de leur donner leur paye comme du monde. […] C’est un peu gênant. »

Au Québec, la campagne fédérale est une lutte à deux, a d’ailleurs affirmé le chef bloquiste. Plus tôt, le dirigeant libéral avait de son côté reproché au Bloc de « s’approprier » les bons coups de son gouvernement au Québec : « Le Bloc fait semblant d’être le seul parti qui parle pour les Québécois, mais en réalité, c’est nous — les libéraux — qui agissons. »

M. Trudeau a par ailleurs dû revenir sur les photos le montrant dimanche à Montréal dans ce qui avait l’air d’un bain de foule en pleine pandémie. « Il faut suivre les directives de santé publique. C’est pour ça qu’on est restés dans la rue, c’est pour ça que j’ai gardé le masque, c’est pour ça qu’on utilise le coude plutôt que le serrage des mains. »

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