Legault écrit à Trudeau pour défendre sa réforme de la Loi 101

En présentant jeudi le nouveau projet de loi avec M. Jolin-Barrette, le premier ministre avait dit qu’il avait écrit à ses homologues des autres provinces et au premier ministre Justin Trudeau pour expliquer la démarche du Québec et justifier ses références à la Constitution canadienne.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne En présentant jeudi le nouveau projet de loi avec M. Jolin-Barrette, le premier ministre avait dit qu’il avait écrit à ses homologues des autres provinces et au premier ministre Justin Trudeau pour expliquer la démarche du Québec et justifier ses références à la Constitution canadienne.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a écrit à son homologue fédéral, Justin Trudeau, pour défendre la réforme de la Loi 101.

Le ministre responsable du dossier, Simon Jolin-Barrette, a finalement déposé jeudi le très attendu projet de loi 96, intitulé « Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français », une pièce législative ambitieuse comportant plus de 200 articles.

En présentant jeudi le nouveau projet de loi avec M. Jolin-Barrette, le premier ministre avait dit qu’il avait écrit à ses homologues des autres provinces et au premier ministre Justin Trudeau pour expliquer la démarche du Québec et justifier ses références à la Constitution canadienne.

M. Legault a publié samedi sur sa page Facebook la lettre qu’il a transmise à M. Trudeau.

Après lui avoir rappelé que la protection de la langue française « est l’une des responsabilités les plus importantes, voire la plus grande responsabilité d’un premier ministre du Québec », il a énuméré à M. Trudeau les grandes lignes de la réforme, notamment « l’établissement du français comme langue de travail pour les entreprises situées au Québec et régies par des lois fédérales [et] la prédominance du français dans l’affichage commercial ».

Il a souligné que le déclin du français s’est poursuivi au cours des dernières décennies, malgré les diverses mesures législatives. « Un geste fort s’impose pour renverser cette tendance », a écrit M. Legault.

Le premier ministre du Québec a aussi reconnu que l’ancienne Loi 101 avait suscité de la controverse dans le reste du Canada lors de son adoption, mais a rappelé que depuis « des hommes politiques canadiens et des observateurs n’ont pas hésité à la qualifier de grande loi canadienne. » Il a aussi dit que l’ancien premier ministre fédéral Stephen Harper avait fait adopter une motion à la Chambre des communes reconnaissant la nation québécoise.

« C’est dans ce contexte de reconnaissance de notre nation et de son devoir de protéger sa langue que je vous invite à prendre acte du dépôt de ce projet de loi important », a ajouté M. Legault.

Il a averti M. Trudeau que le gouvernement québécois s’appuie « sur l’ensemble des moyens dont dispose le Québec, incluant la disposition de dérogation. »

M. Legault a aussi tenté de le rassurer en écrivant que « le projet de loi respecte les droits et les institutions de la communauté d’expression anglaise au Québec ».