L’aide d’Ottawa réclamée pour le transport en commun

La pandémie a fait baisser l’achalandage de manière radicale dans les transports en commun.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La pandémie a fait baisser l’achalandage de manière radicale dans les transports en commun.

Ottawa doit apporter sa contribution pour compenser les baisses de revenus des sociétés de transport municipales, affirment d’une seule voix le Québec, l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique.

« Nous appelons le gouvernement du Canada à s’engager à assumer une partie du coût » lié à la pandémie, réclament les provinces dans une déclaration transmise au ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, dont Le Devoir a obtenu copie.

L’argent vise à assurer « le maintien de l’exploitation de ces réseaux », écrivent conjointement les ministres des Transports François Bonnardel (Québec), Ric McIver (Alberta), Caroline Mulroney (Ontario) et Claire Trevena (Colombie-Britannique).

Au Canada, le fonctionnement des services de transport en commun est uniquement subventionné par les gouvernements provinciaux. Or ces derniers jugent désormais qu’ils doivent travailler avec Ottawa pour « assurer la survie financière des sociétés de transports durant [la] crise de la COVID-19 ».

La pandémie a fait baisser l’achalandage de manière radicale dans les transports en commun — entre 80 et 90 % selon les villes. La Société de transport de Montréal, par exemple, a subi des pertes de revenus de plus de 165 millions de dollars depuis mars, tandis qu’à Toronto, la Toronto Transit Commission compose avec un manque à gagner mensuel de 100 millions.

Évoquant les « conséquences dévastatrices » des baisses d’achalandage, les ministres avancent « qu’aucun ordre de gouvernement ne peut relever seul un défi de cette ampleur » et soulignent que le gouvernement fédéral lui-même a déclaré que les transports en commun constituent un service essentiel.

Mardi, le gouvernement Trudeau a annoncé qu’il allait verser 2,2 milliards aux municipalités. Toutefois, il s’agit de fonds déjà prévus dont on a simplement devancé le transfert. De plus, cet argent est destiné à des projets d’infrastructures, et pas aux budgets de fonctionnement.

Le premier ministre Justin Trudeau a convenu qu’Ottawa devait en « faire plus », mais il est resté vague sur ses intentions. « Pour en faire plus, il faut travailler avec les provinces, parce que les municipalités sont [de leur ressort], a expliqué le chef de gouvernement. On va être là pour investir, mais ça doit être fait dans le respect des champs de compétence, en partenariat avec les provinces à travers le pays. »

Dans leur lettre, les quatre ministres ont souligné à cet égard qu’une aide éventuelle d’Ottawa devrait « être versée directement aux provinces », puisqu’elles sont « les mieux placées pour redistribuer les fonds adéquatement et rapidement ».