L’ex-maire de Chambly aurait «orchestré» la destruction de la maison Boileau

Selon la CMQ, Denis Lavoie aurait orchestré la destruction de la maison Boileau afin de créer une diversion médiatique.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon la CMQ, Denis Lavoie aurait orchestré la destruction de la maison Boileau afin de créer une diversion médiatique.

L’ex-maire de Chambly, Denis Lavoie, aurait commis 45 manquements aux règles d’éthique et de déontologie, selon la Commission municipale du Québec (CMQ) qui a enquêté sur son administration.

La liste de reproches publiée par la CMQ dans une citation en déontologie municipale est longue. L’organisme de surveillance soutient que l’ancien maire aurait utilisé des fonds publics à des fins personnelles pour des mises en demeure ou des recours juridiques contre plusieurs citoyens.

Il aurait « abusé de son pouvoir de maire » en limitant les informations transmises aux conseillers municipaux, en intimidant certains d’entre eux et en décidant « unilatéralement » des dossiers débattus aux séances du conseil municipal.

Le document indique qu’il se serait aussi ingéré de manière abusive dans les fonctions administratives relevant notamment de la direction générale, du service des communications, du service de l’urbanisme, du service des travaux publics du greffe et du contentieux. Il aurait laissé sa fille bénéficier de favoritisme dans le processus d’embauche au service des loisirs de même que son fils, un employé de camp de jour.

Denis Lavoie

Outre l’utilisation de fonds publics pour des procédures judiciaires, Denis Lavoie aurait permis à la directrice adjointe de la Ville, Annie Nepton, d’utiliser à des fins personnelles deux véhicules de propriété municipale, en plus de permettre l’achat d’essence aux frais de la Ville. Il aurait également utilisé une carte de crédit de la Ville à des fins personnelles pour un montant de plus de 9500 $ et permis à Annie Nepton et au directeur général, Michel Larose, de faire de même pour un montant total de plus de 24 000 $.

Denis Lavoie aurait « orchestré » la destruction de la maison Boileau, un immeuble patrimonial qui avait fait les manchettes, « afin de créer une diversion médiatique au reportage de l’émission Enquête de Radio-Canada » qui devait être diffusé le soir même. L’ancien maire aurait également exercé des pressions à l’endroit du Journal de Chambly concernant un article sur le Pôle du savoir. « En pleine campagne électorale, [il] a exigé du Journal de Chambly que sa photo soit juxtaposée à l’article en question à la place de celle d’une pelle mécanique », peut-on lire dans la citation en déontologie municipale.

L’ancien maire avait démissionné de ses fonctions au printemps 2019 après que la Ville de Chambly eut été placée sous tutelle et que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) eut ouvert une enquête sur son administration. Denis Lavoie invoquait alors des problèmes de santé pour expliquer sa démission.