L’assemblée du conseil municipal de Chambly est annulée pour une seconde fois

En l’absence de trois élus d’Action Chambly — en plus de celle du maire Denis Lavoie qui est en congé de maladie — le quorum n’a pu être atteint mardi.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir En l’absence de trois élus d’Action Chambly — en plus de celle du maire Denis Lavoie qui est en congé de maladie — le quorum n’a pu être atteint mardi.

Pour une deuxième fois en deux soirs, l’assemblée du conseil municipal de Chambly a dû être annulée mercredi soir en raison de l’absence des élus du parti du maire Denis Lavoie.

Comme la veille, les trois élus d’Action Chambly — de même que le maire Denis Lavoie qui est en congé de maladie — ne se sont pas présentés à l’assemblée du conseil municipal. Faute de quorum, l’assemblée a été ajournée.

Plusieurs décisions qui devaient être entérinées par le conseil municipal demeurent donc en suspens, dont celle concernant l’Unité permanente anticorruption (UPAC) qui demande aux élus de lever le scellé imposé sur des documents saisis lors d’une perquisition effectuée le 27 février dernier à l’hôtel de ville et dans deux autres édifices municipaux.

Plus tôt dans la journée, la Commission municipale du Québec (CMQ), qui gère la tutelle de la Ville de Chambly, avait pourtant rappelé à l’ordre les élus du parti du maire Denis Lavoie qui, la veille, avaient boycotté une première fois l’assemblée du conseil municipal.

Dans un communiqué, la CMQ a rappelé que la participation des élus aux séances du conseil municipal représentait leur première responsabilité.

En prévision de la seconde assemblée, la CMQ a eu ce commentaire : « Il est donc attendu que les élus soient présents ».

Mais les conseillers Jean Roy, qui agit comme maire suppléant, Serge Gélinas, et Paula Rodrigues brillaient par leur absence mercredi soir. Après 30 minutes d’attente, l’assemblée a été levée faute de quorum. Elle a été reportée au lundi 8 avril prochain à 20 h.

La conseillère de Démocratie Chambly, Alexandra Labbé, s’expliquait mal l’attitude des élus absents. « Je me demande où ils veulent en venir et s’ils comprennent vraiment le principe de la tutelle. Ils ont ajouté l’insulte à l’injure ce soir », a-t-elle indiqué au Devoir. « Ils avaient dit qu’ils étaient prêts à collaborer avec les tuteurs, mais ils agissent dans l’irrespect et la confrontation. »

Chasse aux sorcières

Le Journal de Chambly citait mercredi un communiqué émis par Action Chambly dans lequel le parti expliquait que les élus ne s’étaient pas présentés à l’assemblée de mardi soir pour « protester contre un abus de pouvoir » de la part de la CMQ.

Rappelons que celle-ci a convoqué le maire Lavoie afin qu’il s’explique sur les dépenses effectuées avec la carte de crédit de la Ville de Chambly. Pour les élus, il s’agit d’une « véritable chasse aux sorcières et aux moulins à vent pour des dépenses déjà soumises avec les pièces justificatives et qui ont déjà été approuvées à l’unanimité ».

À ce sujet, le tuteur de la Ville, Me Denis Michaud, a rappelé qu’il « ne s’agit pas de demander au Conseil d’agir comme tribunal, mais bien de procéder à un exercice de reddition de comptes, conformément aux pouvoirs et responsabilités prévus dans l’ensemble des lois encadrant le rôle des conseillers municipaux ».

L’enquête de l’UPAC

L’UPAC attend aussi que le conseil municipal se prononce sur une demande faite le mois dernier à la Ville concernant les perquisitions du 27 février dernier à l’hôtel de ville et dans d’autres bâtiments municipaux. À cette occasion, des documents informatiques ont été saisis, dont des courriels et des pièces jointes. Ceux-ci ont toutefois été scellés par le Syndic du Barreau.

Dans une lettre transmise le 20 mars dernier au directeur général intérimaire de la Ville, Jean-François Auclair, l’UPAC demande à la Ville de Chambly de renoncer au privilège avocat-client, faute de quoi ces items pourraient être exclus des éléments perquisitionnés, ce qui aurait « des conséquences importantes et concrètes sur la célérité avec laquelle nous pouvons mener l’enquête à terme », souligne l’UPAC.