Nouveau coup dur pour le maire Demers à Laval

Contrairement à Montréal, Longueuil ou encore Québec, Laval est régie par une loi d’intérêt privé relevant du gouvernement provincial.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Contrairement à Montréal, Longueuil ou encore Québec, Laval est régie par une loi d’intérêt privé relevant du gouvernement provincial.

Le maire de Laval, Marc Demers, désormais minoritaire, fait face à une nouvelle contestation de l’opposition et des dissidents de son parti, qui veulent demander à Québec de réduire les pouvoirs de son comité exécutif.

Cette fronde a été lancée par le conseiller de Fabreville, Claude Larochelle, lors du conseil municipal tenu mardi soir. Le représentant de l’opposition officielle, élu sous la bannière du Parti Laval, a soumis un avis de proposition tard en soirée, « visant la réappropriation des pouvoirs du conseil municipal ».

À son avis, les pouvoirs du maire et de son comité exécutif sont excessifs par rapport « à la quasi-totalité des villes » québécoises. Il déplore notamment que la soixantaine de modifications à la Charte de la Ville apportées par les administrations précédentes — et « tristement » par l’ex-maire Gilles Vaillancourt — aient « dépouillé » le conseil municipal de tout pouvoir, dans une logique de centralisation des décisions.

Soulevant la critique de plusieurs conseillers, M. Larochelle a répliqué qu’il voulait, par sa proposition, supprimer les « éléments irritants et imbéciles » de la Charte pour rendre Laval « conforme » à la Loi sur les cités et villes de la province.

Finalement, onze élus se sont prononcés en faveur de l’avis et neuf s’y sont opposés. Ils devraient ainsi se tourner vers Québec pour leur demander d’abroger des dispositions dans la loi constitutive de la municipalité, un cas spécifique à Laval. Car contrairement à Montréal, Longueuil ou encore Québec, Laval est régie par une loi d’intérêt privé relevant du gouvernement provincial.

Les six suggestions portées par l’opposition concernent entre autres les modalités entourant l’adoption des budgets de l’agglomération et la nomination de candidats à des postes de direction.

« Jeu dangereux »

La proposition de Claude Larochelle a fortement déplu à Marc Demers. Ce dernier a accusé son vis-à-vis de « prendre tout le monde par surprise ». Il a mis les élus en garde contre le « jeu très dangereux de voter et d’accepter un tel document », peu avant que ces derniers se prononcent.

« Pour chacun des articles où des modifications sont proposées, il faut savoir les conséquences. À l’heure actuelle, rien ne nous donne un aperçu des conséquences », a-t-il dit, ajoutant qu’il fallait être « un amateur pour accepter un document comme ça ».

La Charte de la Ville de Laval fait présentement l’objet d’une refonte par les services juridiques de l’agglomération, un processus amorcé en 2014 devant se terminer d’ici la fin de l’année, a-t-il également rappelé.

Gestion de crise

Le Parti Laval a montré de nouveau la porte au maire Demers, par la bouche de son chef, Michel Trottier, à la toute fin de la période de questions des citoyens. Celui qui est à la tête de la troisième plus grande ville de la province depuis 5 ans a fait savoir qu’il comptait rester en poste, fort d’un « mandat donné par 55 000 Lavallois » lors des élections de novembre.

Les dernières semaines ont été houleuses pour M. Demers, qui fait face à une importante vague de contestation au sein de sa formation, le Mouvement lavallois. En juin, dix de ses conseillers ont claqué la porte, réclamant notamment une décentralisation des pouvoirs.

Rappelons qu’à la fin juillet, le maire élu en 2013 a été reconnu coupable de diffamation envers l’ancien conseiller indépendant de Laval-des-Rapides, Pierre Anthian. En mars, le premier magistrat a été reconnu coupable de prêt illégal consenti à sa formation politique, dépassant de trois fois la limite légale lors des élections de 2013.