La Ville de Laval invitée à créer un nouveau parc

La Ville de Laval examine la possibilité d’acquérir le terrain de 42 000 mètres carrés situé en bordure de la rivière des Prairies.
Photo: Marie-France Coallier Le DEvoir La Ville de Laval examine la possibilité d’acquérir le terrain de 42 000 mètres carrés situé en bordure de la rivière des Prairies.

Qu’adviendra-t-il du terrain du Musée Armand-Frappier, à Laval, lorsque celui-ci déménagera sur le site du Cosmodôme l’an prochain ? La Ville de Laval examine la possibilité d’acquérir le terrain de 42 000 mètres carrés situé en bordure de la rivière des Prairies afin d’en faire un espace vert.

L’idée a été avancée par un citoyen de Laval, Raymond Lamothe, qui a suggéré à la Ville de faire l’acquisition du terrain pour le transformer en parc. Il décrit ce parc comme la « clé de voûte » d’un projet plus important qui comporterait la création d’un corridor vert qui relierait le site au centre-ville de Laval avec une allée piétonnière le long du boulevard Armand-Frappier jusqu’au bois Chomedey.

« Le terrain Armand-Frappier […] représente un emplacement unique et exceptionnel. Il demeure le seul site disponible sur le bord de la rivière des Prairies capable d’accueillir un parc urbain de bonnes dimensions, accessible à toute la population lavalloise, et ce, à proximité du centre-ville », écrit-il dans une proposition détaillée qu’il a soumise à la Ville au printemps dernier.

M. Lamothe craint que l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), qui est propriétaire du terrain, ne vende celui-ci à des promoteurs. Il deviendrait alors beaucoup plus difficile et coûteux pour la Ville de faire l’acquisition du terrain. Il cite le cas du fort Lorette, un site patrimonial que la Ville de Montréal a récemment acheté au coût de 5 millions de dollars d’un promoteur, soit plus du double du prix qu’elle aurait pu obtenir si elle l’avait acquis directement des Soeurs de Miséricorde un an auparavant. Mais selon Raymond Lamothe, le temps presse.

Sa proposition n’est pas restée lettre morte. Le conseiller de l’opposition Claude Larochelle, du Parti Laval, a mis le dossier à l’ordre du jour de la prochaine assemblée du conseil municipal de la Ville de Laval qui aura lieu le 10 juillet prochain.

Résolution au conseil

Dans une résolution qui sera soumise aux élus, M. Larochelle souligne que les lots de grande superficie situés en bordure des cours d’eau sont très prisés des promoteurs. Il suggère donc que la Ville de Laval entreprenne des démarches « urgentes » auprès du propriétaire afin de faire l’acquisition du terrain à des fins de conservation.

« Avec 400 mètres de berge, c’est la dernière fenêtre sur la rivière des Prairies dans le secteur du centre-ville », fait valoir Claude Larochelle en entrevue au Devoir. « Le problème de Laval, c’est qu’il y a un manque criant d’espaces verts dans le centre-ville. »

Le contexte politique pourrait servir ce projet. Quand il a accepté de prendre ce dossier en main, Claude Larochelle était minoritaire au conseil. Mais la crise dans les rangs du parti du maire Marc Demers a complètement changé le paysage politique. Lors d’une récente assemblée du conseil, les 10 dissidents du parti du maire ont voté avec l’opposition. « Moi qui perdais tous mes votes à 1 contre 20, je les gagne tous à 11 contre 10 », souligne M. Larochelle.

Le 10 juillet prochain, les élus seront donc appelés à voter sur la proposition concernant le terrain du Musée Armand-Frappier. « Si elle est adoptée, elle deviendra une résolution exécutoire et les services municipaux devront s’en occuper sur ordre du conseil », soutient Claude Larochelle.

Pour l’instant, l’élu refuse de s’avancer sur le coût possible d’une telle acquisition. À l’INRS, on indique que l’institution a reçu plusieurs offres d’achat. « Mais aucune décision n’a encore été prise », a-t-on précisé.

De son côté, le cabinet du maire Marc Demers n’a pas voulu prendre position dans le dossier. « Les services de la Ville sont en train de l’analyser et on verra les discussions qui auront lieu le 10 juillet prochain au conseil municipal », a indiqué Valérie Sauvé, directrice des communications au cabinet du maire.

La proposition de Raymond Lamothe visant la création d’un parc sur le terrain du Musée Armand-Frappier a reçu l’appui de Gérard Beaudet, professeur à l’École d’urbanisme de l’Université de Montréal.

« Ça serait dommage de laisser passer ce terrain-là. Je trouverais dommage qu’on répète la bêtise de la Ville de Montréal avec le dossier du fort Lorette, qu’on a payé un prix de fou après avoir laissé aller pendant des années. »

L’achat des trois îles échoue

À l’aube du long congé de la Fête nationale, le maire de Laval, Marc Demers, a annoncé par voie de communiqué vendredi que l’achat des trois grandes îles de la rivière des Mille-Îles ne pourra se concrétiser.

Marc Demers rejette le blâme sur le gouvernement du Québec et sur la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) qui, dit-il, ont refusé de contribuer à l’acquisition de deux des trois grandes îles, soit l’île aux Vaches et l’île Saint-Pierre.

À l’origine, le projet d’achat soutenu par le ministre David Heurtel visait l’achat de trois îles — la troisième étant l’île Saint-Joseph — pour un coût total de 21 millions de dollars que se partageraient le gouvernement, la CMM et Laval. Or, comme ce montant a été jugé insuffisant par les propriétaires des trois îles, Laval a donc pris entente avec l’un d’eux pour l’achat de deux des trois îles au montant de 21 millions, ce qu’a refusé le gouvernement.