Au secours d’un quartier oublié

« Le boulevard Wilfrid-Hamel est l’une des voies routières les plus accidentogènes de la ville », rapportent les auteurs.
Photo: Google Street View « Le boulevard Wilfrid-Hamel est l’une des voies routières les plus accidentogènes de la ville », rapportent les auteurs.

Le maire de Québec, Bruno Marchand, veut faire de la mobilité active le grand défi des prochaines années de son mandat. Il souhaite l’encourager, la développer. Nous ne pouvons qu’être heureux de cette prise de conscience, mais connaît-il l’ampleur du défi qui l’attend et l’urgence de la situation dans les quartiers de Québec, et particulièrement dans le quartier de Vanier ?

Le développement de la mobilité active, durable et collective n’est pas une « guerre à l’auto », mais un partage plus équitable de l’espace public. Ce partage est absolument indispensable et entraînera des bénéfices multiples, bien au-delà d’un simple gain de temps sur un trajet d’autobus ou de vélo.

L’omniprésence de l’automobile dans nos vies et nos villes a de nombreuses conséquences négatives. Citons d’abord les pollutions sonore et atmosphérique. Les habitants de Vanier y sont particulièrement exposés, avec pour conséquence de plus grands risques de développer des maladies respiratoires et cardiovasculaires, des troubles du sommeil et du stress, pour ne nommer que celles-ci. Qui plus est, ces pollutions sont aussi associées à des risques plus élevés de décès prématurés, destination tragique de ces graves inégalités de santé.

L’aménagement urbain de Vanier est également problématique. En plus des îlots de chaleur dus à l’omniprésence du bitume des rues et stationnements commerciaux, il expose les usagers de la route les plus vulnérables à de nombreux dangers, particulièrement aux intersections. Le boulevard Wilfrid-Hamel est d’ailleurs l’une des voies routières les plus accidentogènes de la ville. L’amélioration des aménagements urbains en vue de favoriser la mobilité active entraînerait des bienfaits évidents sur la santé physique des Québécois.

Que faire ?

Croire que des citoyens vont prendre d’emblée l’autobus si celui-ci double leur temps de déplacement, et ce, à un prix exorbitant, ou encore qu’ils vont marcher et rouler à vélo s’ils doivent se mettre en danger à chaque trajet est utopique.

Si nous voulons développer la mobilité active et redonner la ville à ses habitants, nous devons saisir des occasions ! Avec la largeur de ses rues et son quadrillage, Vanier est le territoire idéal pour oser une diversité d’aménagements favorables à la mobilité active.

Ainsi, nous proposons l’aménagement de rues à sens unique, permettant de les rétrécir et d’intégrer des trottoirs, des pistes cyclables et du verdissement, en plus de réduire la vitesse des automobiles. Nous proposons également la création de rues partagées et piétonnes. Elles faciliteraient l’accès sécuritaire aux écoles, bibliothèques, parcs et autres espaces communautaires tout en favorisant le développement de rues commerçantes à l’échelle des communautés, comme le souhaite le maire Bruno Marchand.

La communauté de Vanier souffre depuis longtemps du désintérêt de la Ville de Québec pour son petit quartier situé apparemment nulle part sur sa carte, ni tout à fait quartier central ni vraiment banlieue. Ailleurs et oublié.

Un nouveau maire et une nouvelle équipe au conseil municipal représentent pour cette communauté un espoir de leadership inspirant, d’ambitions à la hauteur des injustices à renverser et d’actions publiques suffisamment vigoureuses pour y arriver. La communauté de Vanier le mérite bien.

* Les signataires :
Nicolas Drolet, agent de mobilisation citoyenne à La Ruche Vanier ; François Labbé, directeur général de La Ruche Vanier ; Mathieu Legrand, agent de mobilisation citoyenne à La Ruche Vanier ; Maude Samson-Gauthier, agente de mobilisation citoyenne à La Ruche Vanier.

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