Quelle planète pour nos petits-enfants ?

«Il n’y a pas de planète de rechange disponible pour nous et nos descendants. Pas non plus de vaccin pour une planète malade», rappelle l'auteur
Photo: Hussein Faleh Agence France-Presse «Il n’y a pas de planète de rechange disponible pour nous et nos descendants. Pas non plus de vaccin pour une planète malade», rappelle l'auteur

Ma conjointe et moi avons le bonheur d’avoir sept petits-enfants âgés de 3 à 14 ans. À Noël, nous les observions heureux, enjoués, insouciants. À moins d’une malchance, ils seront encore vivants en 2100. Mais quelle sera leur vie d’ici là ? Je m’inquiète pour eux… Leur avenir est déjà hypothéqué.

Depuis le début de l’industrialisation, notre niveau de bien-être s’est beaucoup amélioré. Mais ce progrès a un coût, dont nous réalisons graduellement l’ampleur. Coût tellement élevé qu’il pourrait rendre notre planète inhabitable ou presque.

Lorsque les scientifiques ont commencé à nous alerter sur le réchauffement climatique, il y a une quarantaine d’années, beaucoup croyaient que ceux-ci exagéraient. Aujourd’hui, la réalité s’avère souvent pire que leurs prévisions. Et cela ne va qu’empirer !

Ainsi, l’Europe a connu l’été dernier les pires canicules de son histoire. La température a dépassé régulièrement les quarante degrés. Face à une telle chaleur, l’air devient irrespirable. Quinze mille personnes en sont mortes. Les incendies se sont multipliés.

Des sources d’eau potable ont été asséchées. Des récoltes entières ont été perdues. Ces sécheresses ont souvent été suivies de pluies torrentielles et d’inondations catastrophiques. À Londres, même du mobilier urbain a été endommagé par la chaleur excessive.

La vie sous toutes ses formes devient alors menacée, à commencer par celle des humains. Au-delà des vies perdues ou brisées, les catastrophes liées aux dérèglements climatiques ont aussi coûté 300 milliards de dollars en 2021. Qu’en sera-t-il en 2100 si des mesures draconiennes ne sont pas prises ? Nos descendants auront-ils encore le désir de mettre des enfants au monde ?

Point de bascule

Selon les experts du GIEC, pour limiter la hausse moyenne des températures de 1,5 degré d’ici 2030, il faut réduire les émissions de GES de 43 % par rapport au niveau de 2019. Tout cela pour éviter d’atteindre un point de bascule où les changements deviendraient irréversibles et totalement ingérables.

Entre 1990 et 2015, les émissions de GES sont passées de 60 à 98 millions de tonnes par jour, soit une augmentation de plus de 60 %. La nature est capable d’en absorber environ la moitié. Le reste s’accumule dans l’atmosphère et augmente la concentration en dioxyde de carbone.

Parmi les pays du G7, depuis 1990, le Canada est de loin le pays qui a le plus augmenté ses émissions, soit de 23 %. Pendant ce temps, les États-Unis ont haussé les leurs de 2 % tandis que l’Union européenne diminuait les siennes de 28 %.

Dans la lutte contre les changements climatiques, sur 63 pays, le Canada se classe au 58e rang. Quatrième pays producteur de pétrole sur la planète, il subventionne encore son industrie pétrolière à coups de milliards. Notre pays est un cancre en environnement ! Beaucoup de travail pour le ministre Steven Guilbeault !

Le Canada, même s’il promet de réduire ses émissions de 40 % d’ici 2030, a perdu toute crédibilité. D’autant plus qu’il veut encore augmenter sa production pétrolière de 5 %.

L’urgence climatique est le plus grand défi auquel l’humanité fait face. La vie sur terre est étroitement liée à l’équilibre climatique. Il n’y a pas de planète de rechange disponible pour nous et nos descendants. Pas non plus de vaccin pour une planète malade. Pourtant, lors de la récente COP27, aucune avancée n’a été réalisée en vue d’une réduction des gaz à effet de serre. Sans doute parce que les gouvernements constatent qu’ils n’ont jamais atteint les cibles qu’ils avaient eux-mêmes fixées.

Tendance

Les différents États sont interpellés pour inverser la tendance. Mais les citoyens sont également appelés à une certaine sobriété dans leur consommation, en particulier au niveau des énergies fossiles. Selon le Global Footprint Network, les humains consomment actuellement en sept mois toutes les ressources naturelles que les écosystèmes sont capables de générer en douze mois. C’est une moyenne mondiale. Les Nord-Américains consomment proportionnellement l’équivalent de sept planètes chaque année… Il faut cesser d’être accros à la croissance économique à n’importe quel prix.

Si nous sommes arrivés à notre niveau actuel de confort, c’est que nous sommes les créatures les plus intelligentes ayant jamais vécu sur la terre. Mais si nous voulons continuer d’exister, il nous faudra davantage que de l’intelligence. Nous aurons avant tout besoin de sagesse !

Il y a quelque temps, en l’absence de ses parents, je conduisais mon petit-fils de six ans à l’école. Comme j’empruntais un trajet un peu plus long, mais qui m’était plus familier, mon petit-fils m’a lancé : « Papy, tu ne prends pas le chemin le plus court, c’est pas bon pour l’environnement ! » Greta Thunberg aura de la relève. Source d’espoir malgré tout !

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