Une chance que l’UNEQ est là

« Sa culture syndicale étant déjà implantée, parions que la nouvelle Loi sur le statut professionnel des artistes adoptée en juin dernier accélérera nettement sa courbe d’apprentissage », avance l'auteur.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir « Sa culture syndicale étant déjà implantée, parions que la nouvelle Loi sur le statut professionnel des artistes adoptée en juin dernier accélérera nettement sa courbe d’apprentissage », avance l'auteur.

Bien que je me définisse d’abord comme un auteur dramatique, j’ai décidé de devenir membre de l’Union des écrivaines et des écrivains du Québec (UNEQ) en 2017 alors que j’entamais un processus de négociation de contrat pour la publication de mon premier livre, qui n’était pas une pièce de théâtre. J’avais alors demandé conseil à l’équipe de l’UNEQ, que je ne connaissais pas encore, et j’avais obtenu d’excellentes suggestions de modifications au contrat d’édition qu’on souhaitait me faire signer.

L’UNEQ m’avait fait voir que plusieurs clauses de ce contrat n’étaient pas à mon avantage. Les perspectives bien incertaines de vente de mon livre ne me semblaient pas peser lourd dans une telle négociation. Or, j’avais la chance d’avoir devant moi un éditeur de petite taille qui s’est révélé ouvert à mes demandes — toutes et tous n’ont pas cette chance.

Ayant vécu une si bonne expérience avec l’UNEQ, j’ai demandé le même type de service de lecture de contrat pour chacune de mes publications ultérieures, même quand il s’agissait de pièces de théâtre. Chaque fois, je me suis fait les deux constats suivants. D’abord : « Une chance que l’UNEQ est là ! » Et ensuite : « Mais quel dommage que tous mes collègues ne puissent pas bénéficier du fruit de ces négociations que je mène de mon côté, on perdrait collectivement pas mal moins de temps ! »

Les récents articles signés par Étienne Paré parus dans Le Devoir m’ont grandement surpris. Outre qu’ils donnent une image du travail du syndicat des écrivaines et des écrivains qui ne correspond pas du tout à la qualité des services que j’y reçois depuis six ans, ils laissent entendre que les écrivains du Québec feraient bloc contre celui-ci. Celles et ceux qui s’expriment sur la place publique depuis une semaine ont droit à leur conception pour le moins étroite de la solidarité.

Dans mon cas, avec un taux de cotisation syndicale de 2,5 % pour les membres, je payerai probablement — soyons optimistes — 50 $ à l’UNEQ en 2023, en contribution pour toutes ces négociations collectives que mon syndicat mènera auprès d’éditeurs beaucoup plus coriaces que le mien, pour le bien de l’ensemble de mon corps de métier.

Dans mon ancienne vie, j’étais syndiqué de la fonction publique. Ma cotisation s’élevait à peu de chose près au même pourcentage et il ne venait à l’esprit d’aucune de mes collègues de contester l’existence de cette ponction grâce à laquelle notre syndicat se battait quotidiennement pour nos conditions de travail — et nous défendait en cas de problème.

Enfin, quant aux doutes soulevés sur la culture syndicale de l’UNEQ, il suffit d’avoir eu recours à une seule reprise à ses services pour constater que cette culture y est déjà bel et bien implantée. Parions que la nouvelle Loi sur le statut professionnel des artistes adoptée en juin dernier accélérera nettement sa courbe d’apprentissage. En fait foi sa décision, mercredi soir, de convoquer une nouvelle assemblée générale en raison d’une erreur de procédure survenue dans l’avis de convocation de la dernière. C’est là qu’il faudra s’exprimer.

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