Un voeu de Nouvel An pour nos enfants

« Il n’est pas trop tard pour refaire un monde axé sur les vraies valeurs et le respect des droits de la personne en considérant les enfants d’abord, leur sécurité, leur développement, leur façon d’apprendre, leurs soins médicaux, leur environnement, leurs aspirations futures », encourage l'auteur.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir « Il n’est pas trop tard pour refaire un monde axé sur les vraies valeurs et le respect des droits de la personne en considérant les enfants d’abord, leur sécurité, leur développement, leur façon d’apprendre, leurs soins médicaux, leur environnement, leurs aspirations futures », encourage l'auteur.

La période des voeux est arrivée, et je ne peux m’empêcher de porter encore une fois la cause des enfants en situation de vulnérabilité en ces pages. Pourquoi remettre sur le métier la pertinence, je dirais même l’obligation, d’agir pour les enfants et de porter leurs paroles d’espoir ?

Parce que les nouvelles ne sont pas bonnes, parce que leur situation se détériore, mais surtout parce qu’il est facile de faire bien et de faire mieux. Je rêve du jour où les nouvelles seront bonnes parce que l’amour des enfants sera vraiment au premier plan de notre société, ce jour où les engagements du genre « Un Québec fou de ses enfants » ou « Construire une société bienveillante pour les enfants » deviendront bien réels et plus seulement des mots vides de sens et d’action.

Le tableau offert quotidiennement par les médias ne laisse aucun doute sur l’inertie des services offerts aux enfants et aux jeunes autant dans notre belle province qu’ailleurs dans le monde. On y voit très clairement les carences des services essentiels donnés aux enfants d’une part, et le non-respect de leurs droits d’autre part.

Loin de vouloir faire peur, d’entreprendre une critique en règle, ou encore de partir à la recherche de coupables, il y a lieu de faire un constat global objectif à la veille de ce début d’année afin de sortir de notre immobilisme face à ces enjeux. Surtout, il y a lieu de susciter une mobilisation générale pour les enfants afin de combler ces lacunes flagrantes.

Dans tous les domaines concernant leur santé, leur sécurité, leur développement et leur bien-être, les enfants manquent de soins et de services pertinents. Les hôpitaux manquent de personnel et d’espace pour bien soigner les enfants en détresse respiratoire comme ceux en détresse psychologique. Les écoles sont à bout de tout : pénurie de personnel, démobilisation, chaos administratif, durée de vie des bâtiments dépassée. Les services de garde restent difficilement accessibles, la qualité des services est variable et le manque de personnel compétent est flagrant. Le système de protection de la jeunesse est en crise et les ressources humaines se trouvent à un niveau d’épuisement inquiétant.

On peut ajouter au tableau des risques ceux encourus par de nombreux enfants « au travail » en manque de balises et d’encadrement, ceux dont les habitudes de vie sont désastreuses par manque d’accès à une saine alimentation, à du plein air et à des cours d’éducation physique. Il y a plus encore, quand on considère les nombreux stresseurs sociaux qui alimentent le désarroi et la détresse des jeunes de plus en plus envahis par une anxiété toxique : la planète et l’humanité sont en péril, les guerres se multiplient dans le monde, la crise économique ne fait que commencer et la violence sans fin fait des ravages dans nos rues et dans le monde.

Le tableau est bien sombre (vous m’excuserez de le répéter sans cesse), mais force est d’en parler et de reconnaître les vrais besoins des enfants et des jeunes. On doit ramener la priorité à l’enfant comme fil conducteur de toutes les initiatives pouvant apporter les changements nécessaires pour un nouveau paradigme de soins en leur faveur.

Il n’est pas trop tard pour refaire un monde axé sur les vraies valeurs et le respect des droits de la personne en considérant les enfants d’abord, leur sécurité, leur développement, leur façon d’apprendre, leurs soins médicaux, leur environnement, leurs aspirations futures. Nous avons les outils et la connaissance pour le faire tous ensemble, en commençant dans les milieux de vie (approche de proximité et d’équité sociale) et en mettant nos efforts en commun (l’interdisciplinarité et l’arrimage des soins et services).

Il ne manque que la motivation et les moyens financiers pour y arriver. Il ne faut plus de nouvelles études ni de nouvelles commissions, on doit commencer à agir massivement par une grande valorisation des ressources locales et un plus grand investissement pour les enfants, d’abord dans leurs milieux.

À cet égard, la Guignolée Dr Julien 2022 se poursuit avec un fort appui populaire jusqu’au 15 janvier. Notre travail au quotidien consiste à refaire le monde, un enfant à la fois, et cette marque de confiance de multiples donateurs et bénévoles nous donne un grand élan pour poursuivre notre oeuvre. Merci de tout coeur. Il ne reste qu’à nous souhaiter de mieux faire avec les enfants pour 2023 et les années suivantes. Car, oui, c’est possible !

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