Les artistes québécois ont droit à leur juste part

«La mission de la SOCAN est de répartir équitablement les sommes qu’elle perçoit entre les auteurs, les compositeurs et leurs éditeurs de l’ensemble du Canada», écrivent les auteurs.
Photo: Adil Boukind Le Devoir «La mission de la SOCAN est de répartir équitablement les sommes qu’elle perçoit entre les auteurs, les compositeurs et leurs éditeurs de l’ensemble du Canada», écrivent les auteurs.

La SOCAN et l’iniquité envers les créateurs du Québec

Récemment, nous apprenions qu’une demande d’autorisation d’action collective serait engagée contre la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN), la seule société de gestion de droits d’exécution publique de la musique qui perçoit des redevances auprès des radios du Canada pour autoriser la diffusion de chansons.

La mission de la SOCAN est de répartir équitablement les sommes qu’elle perçoit entre les auteurs, les compositeurs et leurs éditeurs de l’ensemble du Canada. Or, il est clair que le Québec a été sous-représenté pendant plusieurs années dans les méthodes de répartition de la SOCAN.

Cette action collective vise donc à obtenir une indemnisation financière estimée à approximativement 2 millions de dollars, pour compenser les pertes subies par les créateurs et éditeurs de musique du Québec.

Il s’agit d’un manque à gagner de 45 % des redevances que la SOCAN aurait dû verser à l’égard des oeuvres musicales diffusées à la radio au Québec, entre 2019 et 2020. En 2021, la SOCAN, reconnaissant l’iniquité de ses méthodes de calcul, a corrigé la situation de la sous‐représentation du Québec. Malgré tout, elle refuse d’indemniser financièrement les créateurs et éditeurs du Québec pour les années antérieures à 2021.

Nous faisons partie de ces créateurs et créatrices. Nous sommes ces amoureux et amoureuses de toutes les musiques. Nous sommes ces vétérans de la chanson ou ces fiers représentants de la relève. Nous sommes les artisans de cette effervescence musicale qui s’entend sur les ondes des radios du Québec.

Notre culture ne peut vivre que si tous les créateurs perçoivent, sans compromis, de leur société de gestion l’intégralité des redevances qui leur reviennent de plein droit.

C’est pourquoi nous demandons à la SOCAN d’agir avec équité et d’indemniser les créateurs et éditeurs du Québec afin qu’ils obtiennent la juste part qui leur revient pour les années 2019 et 2020.

* L’auteur cosigne cette lettre avec Corneille, Cœur de Pirate, Elisapie, Louise Forestier, Klô Pelgag, Ariane Moffatt, Marie Denise Pelletier, Marjo, Richard Séguin, Florent Vollant, Gilles Vigneault et Vincent Vallières.



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