Je suis allergique aux bonbons électoraux

«Je pars à la recherche d’humains aux bonnes idées qui pourront me convaincre qu’ils méritent d’avoir mon premier crochet à côté de leur nom», écrit l’autrice.
Photo: Jacques Nadeau archives Le Devoir «Je pars à la recherche d’humains aux bonnes idées qui pourront me convaincre qu’ils méritent d’avoir mon premier crochet à côté de leur nom», écrit l’autrice.

Depuis que la campagne électorale s’est amorcée, je suis profondément déçue. Profondément déçue par le manque de vision à long terme des partis, qui s’achètent des électeurs à coups de baisse d’impôts par-ci, de chèque par-là. La soif du pouvoir est-elle aussi forte ? La pensée magique selon laquelle nos systèmes vont s’améliorer, ça fait longtemps que je l’ai remisée avec mes jouets d’enfance, mais je pense que certains politiciens la conservent encore, à coups de slogans pseudo-inspirants et de dénigrement de collègues rapportés par les médias en quête de titres sensationnalistes.

Du haut de mes 20 ans, le 3 octobre prochain sera la première fois où je passerai à l’urne pour choisir le député qui me représentera à l’Assemblée nationale. Et je ne sais pas encore quelle case je cocherai sur le bulletin de vote. Non pas parce que je suis indécise quant à mes valeurs, mais parce qu’aucun parti ne me représente vraiment. Qui possède une vision à long terme réaliste ? Qui a un plan concret pour améliorer l’éducation, l’environnement, la santé et l’économie de la province ? Je n’ai pas de doctorat en économie, mais je suis certaine que ce n’est pas avec une réduction d’impôts financée au détriment du Fonds des générations que les familles vont pouvoir payer leur loyer.

Lors du débat des chefs, il y a toujours des citoyens qui posent des questions. Alors je me permets d’en poser une à tous les candidats qui ont placardé leur visage dans les rues : lorsque vous avez établi vos politiques, chers candidats, avez-vous pensé au futur ? Avez-vous pensé aux jeunes, qui emballent votre épicerie, qui sont anxieux en raison de l’inaction en matière de changements climatiques, qui ne pourront probablement pas acheter leur première maison dans les prochaines années à moins de faire faire deux tours à leur ceinture, qui sont tannés des promesses à moitié remplies, des slogans creux de la gouvernance, qui est pareille d’un parti à l’autre ?

Je nous souhaite un Québec uni, juste, prospère et innovant. Je nous souhaite des politiciens qui gouvernent en pensant à leurs enfants, à leurs petits-enfants, qui possèdent une vision à long terme. Et surtout, je nous souhaite de nous mobiliser et d’aller voter le 3 octobre prochain, nous, les jeunes, les oubliés, pour élire des candidats qui ne distribueront pas des nananes à qui le voudra et qui ne joueront pas aux politiciens. D’ici le 3 octobre, je pars à la recherche d’humains aux bonnes idées qui pourront me convaincre qu’ils méritent d’avoir mon premier crochet à côté de leur nom, parce qu’en regardant le débat des chefs de ce soir, chers chefs, je ne vous ai pas crus.

À voir en vidéo