L’éducation est l’affaire de tous

«Tous les enfants ont droit à des services de qualité et ne devraient pas être les victimes d’un système où les preneurs de décisions ont oublié que derrière les chiffres se cachent des humains», écrit l’autrice.
Photo: Jean-Francois Badias Associated Press «Tous les enfants ont droit à des services de qualité et ne devraient pas être les victimes d’un système où les preneurs de décisions ont oublié que derrière les chiffres se cachent des humains», écrit l’autrice.

L’éducation. Un si petit mot qui touche pourtant la société à plusieurs égards et qui, selon moi, mériterait que l’on s’y attarde davantage. Nelson Mandela n’a-t-il pas dit que c’est là « l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde » ?

Cela fait maintenant 12 ans que j’exerce le métier d’enseignante en adaptation scolaire au primaire. Un métier exigeant, certes, mais ô combien gratifiant, car nous sommes de ceux qui ont la chance d’être aux premières loges de l’évolution du développement de ces chers petits êtres humains.

Toutefois, depuis quelque temps, cette vision de gratitude semble s’estomper petit à petit. Un essoufflement est bel et bien présent. Les défis ne sont plus ce qu’ils étaient. Notre mandat ainsi que les besoins des élèves s’alourdissent, c’est une réalité qui ne ment pas. Nous n’avons qu’à penser à la pénurie d’enseignants à laquelle nous faisons face actuellement.

La question qu’il faut se poser ici n’est pas : à qui la faute ? Depuis trop longtemps, les mêmes problèmes persistent, et chacun se lance la balle.

Et si on prenait le temps d’aller observer dans nos milieux. Si on prenait vraiment le temps de s’écouter. Si, ensemble, nous cherchions des solutions.

Évidemment, elles ne seront pas simples, car, selon moi, nous avons tous un rôle primordial à jouer, que nous fassions partie du réseau de l’éducation ou non.

Pourquoi ne pas commencer par une concertation où nous aurions une place pour être entendus, nous, acteurs de première ligne qui avons comme désir premier d’accompagner nos enfants dans leurs apprentissages et de leur permettre de s’accomplir pleinement. Car c’est là notre souhait le plus cher, la raison pour laquelle nous avons fait le choix de pratiquer ce métier.

N’est-ce pas le souhait de tous ?

Chaque année, nous consacrons beaucoup trop de temps et d’énergie pour des aspects qui devraient être jugés essentiels et pour lesquels nous ne devrions pas avoir à nous battre. Nous n’avons qu’à penser au matériel, à l’ameublement, à l’accompagnement pour nos élèves, qu’ils soient en difficulté ou non, aux services complémentaires, aux mesures de soutien.

J’aspire à un travail d’équipe basé sur une relation de confiance entre les familles et l’école ainsi qu’à une société qui prend ses responsabilités en main. Ne dit-on pas qu’il faut un village pour élever un enfant ?

L’éducation des enfants ne revient pas seulement aux enseignants, mais bien à nous tous, et c’est ensemble que nous pourrons arriver à faire de nos établissements un endroit riche de savoirs et de connaissances. Un lieu adapté et conforme où nos enfants devraient avoir la chance d’être scolarisés en toute égalité, sans que nous ayons à nous préoccuper de diviser notre temps équitablement.

Tous les enfants ont droit à des services de qualité et ne devraient pas être les victimes d’un système où les preneurs de décisions ont oublié que derrière les chiffres se cachent des humains. Les intervenants ne devraient pas avoir à choisir qui aura droit à des services sur des critères subjectifs tels que celui que l’on croit récupérable, celui qui a de l’aide ou non à la maison ou encore celui dont les parents ont les moyens d’aller au privé.

Nos enfants sont l’avenir de demain, et nous avons le devoir civique de mettre les choses en place pour leur assurer un monde meilleur.

Je prends aujourd’hui le temps de penser à des solutions viables qui pourraient être mises en place, des moyens réalistes pour améliorer le quotidien de milliers d’enfants. Tous devraient en faire autant, comme le dit le proverbe africain : « Seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin. »

À voir en vidéo