François Legault, un leader faible et sans conviction

François Legault photographié le 28 juillet dernier, à Sainte-Anne-de-Beaupré.
Photo: Bernard Brault La Presse canadienne François Legault photographié le 28 juillet dernier, à Sainte-Anne-de-Beaupré.

Je vois toutes ces publicités de la CAQ où l’on présente François Legault comme un grand leader et je ne peux m’empêcher de penser à sa promesse de mettre en place d’un mode de scrutin proportionnel mixte. S’il y a une preuve que François Legault n’est pas du tout un grand leader, c’est bien celle-là.

La promesse avait été faite de manière solennelle. L’implantation du mode de scrutin proportionnel mixte allait enfin réduire le cynisme des électeurs en démontrant qu’on pouvait changer les choses, pas dans le but de garder le pouvoir, mais dans le but d’améliorer la démocratie. Un tel Parlement allait obliger les représentants des partis à ne plus agir comme des compétiteurs dans un combat de ruelle, mais avec l’espoir qu’ils agissent plutôt en collaborateurs bienveillants, travaillant pour améliorer les conditions de l’ensemble des Québécois.

Mais voilà, François Legault a renié sa promesse à cause de sa soif de pouvoir et pour ne pas se mettre à dos les députés d’arrière-ban qui ont peur de perdre leurs sièges ; ces mêmes députés d’arrière-ban qui le glorifient avec plus ou moins d’habilité dans ces publicités racoleuses.

Pour se sauver la face, M. Legault indique qu’il n’y a pas d’appétit des Québécois pour changer le mode de scrutin, alors que c’est son devoir de leader d’offrir des solutions constructives à des problèmes connus et d’en convaincre les Québécois, plutôt que de profiter de cette anomalie pour maintenir sa majorité.

Pour ce qui est d’alimenter le cynisme à l’égard des politiciens, M. Legault peut maintenant se vanter d’en être un grand champion. Certains diront que lui et son parti ont été bien occupés par la pandémie encore en cours et qu’il n’aurait pas pu mettre en place cette réforme. Ce n’est pas le cas puisque la CAQ a plutôt eu le temps de mettre en place une stratégie pour noyer le poisson.

Faible excuse

 

D’autres diront que ce n’est pas une priorité et qu’il faut se concentrer sur l’économie. Ce serait une bien faible excuse, puisque l’économie dépend en grande partie des mouvements mondiaux et qu’il n’y a rien de plus important que l’amélioration de la démocratie pour prendre les bonnes décisions pour la nation qu’on représente.

Pour l’implantation du mode de scrutin représentatif, M. Legault avait tous les outils en main. Dans ce cas, il ne peut pas blâmer Justin Trudeau en suivant sa stratégie habituelle pour lui faire porter l’opprobre pour certaines inactions. D’ailleurs, il est plutôt la copie conforme de M. Trudeau, qui a renié cette même promesse, dans un show de boucane, au fédéral. Trudeau et Legault, même combat pour le cynisme envers les politiciens, pour la peur de perdre du pouvoir et des sièges et pour l’inaction en vue d’améliorer notre démocratie.

Si tous les Québécois voulant pénaliser le cynisme des politiciens s’entendaient pour ne pas voter pour la CAQ, tout en votant plutôt que de s’abstenir, peut-être qu’on pourrait enfin changer les choses à ce sujet et prouver que le renforcement de la démocratie est une priorité.

Je suis toujours à la recherche d’un leader politique fort avec de vraies convictions qu’il fera passer avant son désir de popularité immédiate. Malgré ce qu’on voudrait nous faire penser, ce leader n’est pas François Legault.

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