Volodymyr Zelensky, le nouveau Greta Thunberg

«On a marché avec Greta et on se montre solidaires de Zelensky, mais force est d’admettre que nous sommes surtout mobilisés autour de notre activisme facile», écrit l’auteur.
Sergei Supinsky Agence France-Presse «On a marché avec Greta et on se montre solidaires de Zelensky, mais force est d’admettre que nous sommes surtout mobilisés autour de notre activisme facile», écrit l’auteur.

Vous vous rappelez l’engouement pour Greta Thunberg ? Il n’y a pas si longtemps, la jeune militante suédoise, qui menait une grève scolaire contre l’inaction face aux changements climatiques, armée de sa délicate petite pancarte, déplaçait les foules.

Elle a fait le tour du monde, pas toujours physiquement, surtout sur nos écrans. On l’a vue défendre ses convictions devant les dirigeants les plus puissants du monde. On l’a invitée à venir nous faire la leçon, nous dire quoi faire, nous éduquer, nous réveiller.

Et nos gouvernements ont fait des promesses en ce sens, main dans la main avec elle.

 

Mais, une pandémie plus tard, une autre figure a pris sa place auprès de nos dirigeants, celle d’un acteur ukrainien devenu chef de guerre : Volodymyr Zelensky. C’est désormais lui qu’on affiche dans tous nos écrans, partout sur la planète.

On lui donne la parole, dans nos parlements, nos salles de classe, et même au Festival de Cannes. On lui demande de nous faire la morale sur l’état de la politique internationale, mais surtout de nous inspirer du courage, de la détermination.

Et nos gouvernements ont fait des promesses en ce sens, ont exprimé de la solidarité envers un peuple qui se bat pour protéger nos idéaux.

 

Or, l’Europe brûle, autant à cause des feux de la guerre qu’à cause des chaleurs accablantes. Et, à l’image de nos idéaux, nos habitudes ne changent guère, sous l’immuable certitude que tout ira bien : « This is fine », comme le stipule le personnage d’un fameux mème, paisiblement attablé, imperturbable, dans sa cuisine, pourtant la proie des flammes.

Pendant ce temps, on cherche des solutions à la hausse des prix des énergies fossiles qui, ironiquement, financent les avancées russes en territoire ukrainien. La réponse étudiée et qui semble faire consensus, du moins pour le gouvernement Biden, principal allié de l’Ukraine : produire mondialement davantage d’énergie fossile, notamment en Arabie saoudite. Comme quoi les dictateurs peuvent encore faire amende honorable, jusqu’à ce qu’ils cessent de servir nos intérêts, ou quand Mohammed ben Salmane, dit MBS, rejoindra les Poutine, Hussein, etc.

Certes, on a marché avec Greta et on se montre solidaires de Zelensky, mais force est d’admettre que nous sommes surtout mobilisés autour de notre activisme facile, en attente d’une solution, sans pour autant perturber nos vacances estivales, à part peut-être nous plaindre sur TikTok du délai pour récupérer nos bagages à la suite d’un vol intercontinental.

Ou tout simplement en attente de la prochaine figure diffusée massivement sur nos écrans, destinée à nous réconforter, à nous confirmer que le problème est ailleurs, loin d’ici, loin de nous, loin de moi.

Une autre solution à un autre problème, sans considération durable.

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