La loi sur la laïcité de l’État marque un progrès pour la société

«Refuser la loi 21, c’est s’opposer au progrès de la société, c’est revenir aux siècles passés», écrit l'autrice.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne «Refuser la loi 21, c’est s’opposer au progrès de la société, c’est revenir aux siècles passés», écrit l'autrice.

Bientôt, la Loi sur la laïcité de l’État sera à nouveau débattue en cour. Au crépuscule de ma vie et à l’occasion de mes 88 ans, permettez-moi d’appuyer publiquement cette loi amplement justifiée et visant un meilleur vivre-ensemble. On accuse la loi 21 d’être contre les religions. Elle est pourtant un instrument de paix, car la laïcité unit alors que les religions divisent. L’Histoire le prouve. Ceux qui sont contre la loi 21 font passer les religions avant la laïcité par ignorance.

Il n’y a pas que les Québécois de souche qui veulent la loi 21. De nombreux musulmans et musulmanes le veulent aussi. Ferid Racim Chikhi, un Algéro-Canadien immigré au Québec, connaît bien l’islamisme. En tant que musulman, il veut voir et vivre la laïcité au Québec. Dans son tout récent livre Fenêtre sur l’Islam, ses musulmans, ses islamistes, M. Chikhi sonne l’alarme et donne l’heure juste quant à l’aveuglement de nos gouvernements en ce qui a trait à une infiltration des islamistes qui est voulue et sournoise, avec en tête un plan défini pour imposer un jour à la société d’accueil rien de moins que la charia ! En 2005, Fatima Houda-Pepin, d’origine musulmane et alors députée libérale de La Pinière, était intervenue à la Chambre des députés pour que la demande pour la charia soit refusée.

La nécessité de la laïcité et de la loi 21 est une évidence. Refuser la loi 21, c’est s’opposer au progrès de la société, c’est revenir aux siècles passés, où le pouvoir des décisions était entre les mains des chefs religieux comme les imams, les rabbins et les évêques plutôt que sous la responsabilité des gouvernements élus par le peuple. Si c’est cela que le Canada veut, pas le Québec, qui, au prix d’une longue lutte, a réussi à séparer l’Église et l’État. Il n’est pas question de retourner en arrière !

Un des problèmes est aussi le préambule de la Constitution canadienne, qui évoque la suprématie de Dieu. C’est une honte ! Un texte d’une telle importance pour la nation doit être inclusif et respecter le fait qu’au Canada et dans toutes les provinces, il n’y a pas que des croyants, mais aussi des agnostiques et des athées.

Ce que l’on ignore aussi, c’est que, bien qu’il y ait des femmes qui revendiquent le droit de porter le voile pendant les heures de travail, il y a aussi des femmes musulmanes qui espèrent pouvoir enfin l’enlever grâce à l’application de la loi 21. C’est ce que plusieurs d’entre elles auraient confié secrètement à une autorité scolaire. Et cela, elles ne peuvent le dire ouvertement sous peine de représailles.

Le maire de Brampton, Patrick Brown, qui se présente comme candidat dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada, a organisé une levée de fonds pour financer la contestation de la loi québécoise sur la laïcité. Il soutient qu’un jour, au Canada, un premier ministre sera forcé de présenter des excuses officielles pour l’adoption et l’application au Québec de la loi 21. Or, si un jour, l’ignorance fait place au savoir, il se pourrait fort bien que ce soit lui qui doive s’excuser auprès du peuple québécois pour avoir tenté de l’empêcher de l’appliquer !

Les opposants à la laïcité disent ne pas vouloir briser le rêve d’une femme voilée, mais ils sont prêts à briser l’espoir de millions de citoyennes et de citoyens du Québec, dont le mien.

Pourquoi favoriser une société théocratique, laquelle est contraire à la vérité de la science, plutôt que de consentir au gain sociétal apporté par la loi 21 ? La laïcité comporte une neutralité commune consentie par les Québécoises et les Québécois, qui construit lentement mais sûrement la paix du Canada, dont tous pourront bénéficier.

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