500$ pour tous, ou 1,37$ par jour

«À mon avis, cette mesure est inefficace en matière de répartition de la richesse, et elle ne tient pas compte de la situation des contribuables qui en ont vraiment besoin», écrit l'auteur.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «À mon avis, cette mesure est inefficace en matière de répartition de la richesse, et elle ne tient pas compte de la situation des contribuables qui en ont vraiment besoin», écrit l'auteur.

On aura tous remarqué la mesure phare du dernier budget du gouvernement du Québec, soit de distribuer sur la base du revenu de 2020 un chèque de 500 $ à plus de 6 000 000 de contribuables québécois. Est-ce vraiment utile ? Est-ce une véritable mesure fiscale, sociale et économique ?

Non, singulièrement non.

 

On a voulu distribuer de très petits cadeaux préélectoraux à tous les enfants sages, besoins ou pas. Que va changer cette mesure de 2,74 $ par jour pour un couple ayant déclaré, en 2020 des revenus de 200 000 $ ou ceux qui en ont arraché avec 30 000 $ ? Rien, ou même deux fois rien.

À mon avis, cette mesure est inefficace en matière de répartition de la richesse, et elle ne tient pas compte de la situation des contribuables qui en ont vraiment besoin.

La somme, 1,37 $ par jour pour les personnes seules et 2,74 $ pour les couples, est ridicule et nettement insuffisante pour ceux qui en ont vraiment besoin. C’eût été préférable de restreindre de beaucoup la population touchée (revenu maximum de 25 000 $ ou 30 000 $) que d’aller saupoudrer pour tous. Pourquoi ne pas avoir osé ? Zéro pour les plus riches et le double, sinon le triple pour celles et ceux qui en ont besoin.

Manifestement, le gouvernement a confondu « contribuables dans le besoin » et « électeurs ».

De plus, baser le tout sur les déclarations de revenus de 2021 que beaucoup déposeront fin avril 2022, cela veut dire que le « chèque » ou le versement ponctuel arrivera, comme par hasard, en juin ou juillet, juste à temps pour s’en souvenir.

Voilà pour la fiscalité, bien mince pour un Discours sur le budget.

Pour le reste, cela ressemble plutôt à un livre des crédits budgétaires quinquennal s’étalant sur cinq ans. C’est en fait un catalogue Amazon de produits livrables d’ici 2027 avec la capacité d’annuler ou de modifier le produit vendu. En effet, dès mars prochain, le prochain ministre des Finances, peut-être le même, pourra tout détricoter sa catalogne, remballer sa ribambelle d’annonces pour des considérations de « responsabilité supérieure de l’État » face à une conjoncture politique ou économique qui, manifestement, sera différente de celle prévue.

Tout en remerciant chaleureusement le gouvernement du Québec d’appuyer la formation de la Chaire de recherche Jacques Parizeau, le budget 2022, lu dans un cahier imprimé il y a quelques jours, était à mille lieues de ceux de « Monsieur » qui, écrivant lui-même ses budgets, pouvait les modifier jusqu’à la dernière heure, prouvant qu’un Discours sur le budget du Québec était une véritable politique économique et fiscale, basée sur la conjoncture et focalisée sur l’avenir d’un peuple.

Merci quand même.

À voir en vidéo