Le parc du Mont-Sainte-Anne, un joyau en péril

«Le Mont-Sainte-Anne représente un de nos atouts principaux pour attirer des touristes — québécois, canadiens et étrangers — en toutes saisons et en particulier pendant l’hiver, ce qui constitue depuis toujours le principal défi de notre industrie touristique», écrivent les auteurs.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «Le Mont-Sainte-Anne représente un de nos atouts principaux pour attirer des touristes — québécois, canadiens et étrangers — en toutes saisons et en particulier pendant l’hiver, ce qui constitue depuis toujours le principal défi de notre industrie touristique», écrivent les auteurs.

La grande région de Québec jouit d’un joyau naturel ayant le potentiel de devenir une destination plein air phare dans l’est de l’Amérique du Nord : le parc du Mont-Sainte-Anne. Malheureusement, cette montagne de calibre international est victime d’un sérieux déclin, évident et préoccupant pour les usagers, dont l’impact est important pour l’économie de la région et du Québec tout entier. Une des preuves les plus éloquentes aura été les accidents graves impliquant les télécabines et ayant fait une vingtaine de blessés, en 2020.

Ces incidents ont mis les projecteurs sur un problème nettement plus grave et profond : le Mont-Sainte-Anne souffre d’un sous-investissement chronique de la part du gestionnaire en place depuis quelque 20 ans, Resorts of the Canadian Rockies (RCR). Les nombreux ratés connus au cours des dernières années — pannes, bris d’équipements, ralentissements des opérations, etc. — nous rappellent que le problème est loin d’être réglé.

Mobilisation régionale

 

Aujourd’hui, à titre d’anciens ministres responsables de la région de la Capitale-Nationale, nous mettons les considérations partisanes de côté et unissons nos voix à celles d’autres leaders politiques, gens d’affaires, représentants du milieu touristique, athlètes de haut niveau et citoyens qui ont lancé, l’automne dernier, le regroupement Avenir Mont-Sainte-Anne.

L’avenir du Mont-Sainte-Anne n’est pas un dossier qui concerne uniquement les skieurs, les fondeurs, les cyclistes et autres amateurs de plein air. Il s’agit d’un enjeu majeur pour le développement économique et la capacité d’attraction de toute la région de la Capitale-Nationale. Le Mont-Sainte-Anne représente un de nos atouts principaux pour attirer des touristes — québécois, canadiens et étrangers — en toutes saisons et en particulier pendant l’hiver, ce qui constitue depuis toujours le principal défi de notre industrie touristique.

Après les années difficiles que nous venons de connaître, la vitalité du Mont-Sainte-Anne représente un potentiel dont nos commerçants, nos restaurateurs et nos hôteliers ne peuvent se passer.

 

Les échos que nous avons reçus et les propos exprimés publiquement par divers représentants du gouvernement du Québec, ces derniers mois, nous confirment que le dossier est pris au sérieux. En 2021, des démarches juridiques ont été entamées pour reprendre le contrôle des terrains périphériques du Mont-Sainte-Anne, sur lesquels ont lieu des activités de ski de fond, de vélo de montagne ou encore de camping. Nous nous en réjouissons.

Pour ce qui est du cœur de la montagne et de la station de ski alpin, le problème demeure toutefois entier. Nous savons que des discussions ont eu lieu dernièrement avec le gestionnaire actuel, RCR, mais le temps passe et, malheureusement, la situation reste inchangée.

 

À ce stade, il nous apparaît clair qu’un changement d’exploitant s’impose et que le gouvernement doit utiliser tous les leviers à sa disposition pour que cela se produise, de concert avec des investisseurs québécois et l’implication de la communauté locale. Il faut agir maintenant afin de dénouer l’impasse avant la fin de la présente session parlementaire, qui sera la dernière de cette législature.

Ce dossier — majeur pour notre région — est à la croisée des chemins. Le terrain du Mont-Sainte-Anne est la propriété du gouvernement du Québec, et donc de toute la population québécoise. Ce joyau nous appartient, et il est tout à fait légitime — et plus que temps — d’exiger qu’il soit développé au maximum de son potentiel, en concertation avec la communauté, et qu’il génère d’importantes retombées socioéconomiques pour tous les Québécois.

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