En Ukraine, une aide médicale avec des Casques bleus

Des Caques bleus canadiens déployés au Mali, en 2018
Photo: Seyllou Agence France-Presse Des Caques bleus canadiens déployés au Mali, en 2018

Le Canada devrait participer activement à la prestation de soins aux victimes de la guerre en Ukraine avec des Casques bleus. Nous devons être un modèle de bons samaritains en prenant soin de nos voisins ukrainiens. Il ne faut pas hésiter ; le temps presse.

Ayant travaillé avec des ONG au Liban et en Somalie, des pays déchirés par la guerre, j’ai vu le rôle important que jouent les forces de maintien de la paix dans la défense des travailleurs humanitaires et de la santé qui répondent aux besoins des victimes de ces conflits.

En 1983, j’ai ouvert — puis j’y ai travaillé — une clinique médicale libanaise protégée par des forces internationales de maintien de la paix des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni et de l’Italie. Une force envoyée à la demande du gouvernement du Liban, et non en vertu d’un mandat des Nations unies.

En 1993, je me suis porté volontaire pour fournir des soins d’urgence sous la protection des forces des Nations unies en Somalie. Je me souviens d’avoir travaillé avec une clinique mobile dans une région de Mogadiscio surnommée « les Bermudes », en référence au fameux triangle, parce qu’il était dit que toute personne qui visitait la région risquait de ne pas en sortir vivante. Nous y avons été escortés par les forces armées américaines, qui nous ont protégés pendant que nous prenions soin de nos patients ; des coups de feu pouvaient être entendus alors que les soldats nous défendaient contre des attaques de groupes armés.

En Ukraine, un soutien médical est nécessaire de toute urgence en raison des blessures subies par les civils (dont beaucoup d’enfants, de femmes et de personnes âgées) et les militaires des deux camps. En outre, la guerre cause d’importants dommages collatéraux dans la population : maladie, malnutrition, conditions insalubres, perte d’accès à la nourriture et à l’eau potable, par exemple. Nous devons également assurer un soutien sur le plan de la santé mentale (lutte contre la dépression, la violence et le suicide).

Le Canada pourrait participer activement à l’effort humanitaire en fournissant du matériel, des médicaments, du soutien logistique et du personnel médical.

Une telle aide ne peut toutefois être fournie en toute sécurité qu’avec la protection des soldats de la paix. Et cela peut se produire avec ou sans le soutien des Nations unies. Si une force multinationale de maintien de la paix est approuvée par l’organisation internationale, le Canada pourrait en faire partie. Dans le cas contraire, un cessez-le-feu pourrait être négocié entre l’Ukraine et la Russie par une puissance neutre, comme l’Inde, par exemple. Ensuite, une force provenant de nations non alignées — de pays africains, par exemple — pourrait être envoyée en Ukraine pour le faire respecter. C’est une telle force qui a été envoyée au Liban en 1982.

Il est impératif que nous agissions immédiatement.

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