Les étudiants en enseignement sont prêts

«La plupart d’entre nous sont prêts à gérer une classe et à s’investir à fond pour soutenir le personnel enseignant», écrit l'autrice.
Photo: Frederick Florin Agence France-Presse «La plupart d’entre nous sont prêts à gérer une classe et à s’investir à fond pour soutenir le personnel enseignant», écrit l'autrice.

Nous sommes des milliers d’étudiants au baccalauréat en enseignement et sommes plus que prêts à prêter main-forte aux écoles qui en ont besoin ! Alors, pourquoi ne pas créditer quelques cours, voire une session aux étudiants de 3e et de 4e années en échange de notre aide sur le terrain pour ces temps particuliers ?

La plupart d’entre nous sont prêts à gérer une classe et à s’investir à fond pour soutenir le personnel enseignant. Nous faisons déjà, pour la plupart, énormément de suppléance ! Le problème, c’est le temps qui nous manque en raison des millions de travaux que nous devons faire. N’est-il donc pas plus cohérent de viser les étudiants qui se sentent prêts pour vous venir en aide (en allégeant leur tâche d’étude) que de demander un renfort auprès de quelconques parents ? Je crois que les parents seraient plus rassurés de leur côté aussi, non ? Comment pouvoir dormir tranquille quand n’importe qui pourrait se retrouver avec l’éducation de nos enfants entre les mains ?

D’un autre côté, certains diront que la formation entière est nécessaire pour qu’il ne nous manque pas des apprentissages théoriques qui nous aideraient à atteindre les capacités nécessaires pour être un enseignant digne de ce nom. Ce à quoi je répondrai que, durant plusieurs années, le baccalauréat en enseignement était d’une durée de trois ans. Déjà ici, on remarque qu’il est tout à fait possible d’être des enseignants compétents en ayant une formation d’une durée de trois ans. Je dis donc, et je tiens à le souligner, que les étudiants seraient en mesure d’accomplir les tâches qu’on leur proposerait, car la plupart d’entre nous ont fait de nombreux stages, où ils ont été en mesure de prendre en charge des élèves pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Bien sûr, il serait absurde de dire qu’il nous manquerait des apprentissages si nous avions des cours crédités : n’y avait-il pas un proverbe qui expliquait conformément qu’« on apprend dans l’action » ?

Je suis certaine que mes confrères et mes consœurs ont plus que la capacité nécessaire pour enseigner à vos enfants. Il suffit de comprendre que nous sommes disposés à rentrer sur le marché du travail et à compenser le manque de main-d’œuvre en ayant, en retour, une compensation dans le cadre de nos études. Avoir quelques cours crédités nous permettrait de ne pas être pénalisés quant à la durée de nos études si nous avions à prendre en charge une classe entre-temps. Nous aurions donc la possibilité d’aider les enseignants, les parents et surtout nos enfants durant ces temps particuliers.

Une entente et une communication étroite entre le gouvernement et les universités québécoises sont de mise. Je vous propose donc ici une solution temporaire à cette situation qui, je l’espère, l’est aussi.

P.-S. Je remercie profondément les parents qui sont prêts à vouloir aider (je vous assure, vous êtes courageux, et votre aide est précieuse), mais je ne crois pas que c’est de cette manière que la situation devrait être gérée.

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