COVID-19, une endémie?

«Je pense qu’il est temps de traiter cette évolution non plus comme un intermède, mais comme une nouvelle réalité quotidienne, une sorte d’état de
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Je pense qu’il est temps de traiter cette évolution non plus comme un intermède, mais comme une nouvelle réalité quotidienne, une sorte d’état de "guerre froide" dont la durée n’est pas connue», affirme l'auteur. 

Il y a bientôt deux ans que nous ne faisons que réagir après coup à chaque sursaut du coronavirus et de la pandémie qu’il a déclenchée, sans la moindre planification ni action vers le long terme — à la seule exception du développement de vaccins, qui était incontournable. Pourtant, la crise a provoqué des changements majeurs dans nos façons de vivre, de travailler, d’apprendre, de communiquer. Des changements que nous avons chaque fois crus temporaires.

Maintenant que les avis experts convergent sur le constat que la COVID-19 se transforme en une endémie planétaire, peut-être (mais pas sûrement) moins meurtrière, mais plus durable que la pandémie, je pense qu’il est temps de traiter cette évolution non plus comme un intermède, mais comme une nouvelle réalité quotidienne, une sorte d’état de « guerre froide » dont la durée n’est pas connue, menée contre un phénomène biologique et non contre un ennemi humain. Rien ne garantit, en effet, qu’Omicron sera le dernier et le plus dangereux variant du virus — ni que l’état de pandémie ne resurgira jamais.

Il faut donc nous mettre à intégrer les changements que cela implique dans nos manières habituelles de fonctionner, en analysant et en modifiant nos comportements personnels et collectifs en conséquence. Les domaines à considérer et les problèmes de chacun sont multiples :

a) Médecine et hospitalisation (locaux et équipements, personnels et rémunération, traitements et médication).

 

b) Réglementation (universalité, critères d’ajustement, conflit sécurité publique/libertés privées).

c) Transport et voyages (restrictions, aménagements, sécurité, documents d’identité).

d) Éducation et formation (interruptions, distanciation, outils techniques, ajustements humains et parentaux).

 

e) Travail et main-d’œuvre (chômage, télétravail, organisation, équipement, financement).

f) Loisirs, sports et spectacles (restrictions, soutien financier, taille des personnels et des auditoires).

 

g) Restauration et espaces commerciaux (fréquentation, taille des entreprises et des locaux, livraison, critères d’ajustement).

h) Relations familiales et humaines (taille des groupes, technologie et virtualité, chaleur humaine).

 

Dans chacune de ces sphères, le danger de contagion provoque des perturbations importantes et variées, et des effets secondaires dont nous commençons seulement à percevoir l’impact et les désavantages. Dans chacune de ces sphères, il faudra donc nous efforcer de trouver des formules, des adaptations, des compensations non plus à la pièce et à court terme, mais plus généralisées et plus durables. Et ce, sur plusieurs plans, dont l’ampleur variera d’un cas à l’autre : économique, technique, organisationnel, social, juridique et législatif, psychologique, etc.

Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais il me paraît évident que plus tôt on s’y attellera, mieux cela sera. C’est une tâche qui concerne non seulement les autorités aux divers niveaux de l’État, mais aussi les groupes et institutions de la société civile, les communautés de toutes sortes (religieuses, sportives, culturelles, ethniques, sociales…), les experts dans chaque domaine, enfin les individus et leurs familles…

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