L’accessibilité à un logement abordable, sujet prioritaire

«Les élus municipaux ont su en prendre acte, le gouvernement de la CAQ devrait aussi aller dans la même direction», affirme les auteurs. 
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne «Les élus municipaux ont su en prendre acte, le gouvernement de la CAQ devrait aussi aller dans la même direction», affirme les auteurs. 

Les élections municipales du 7 novembre 2021 démontrent plus que jamais l’importance de l’accès au logement social et abordable. De nouveaux élus municipaux de toutes les régions ont pris des engagements concrets parce qu’ils constatent de plus en plus les besoins criants sur le terrain. La question du logement est devenue l’un des sujets de débats entre les candidats. De nouveaux élus s’impliqueront dorénavant à l’intérieur d’instances municipales officielles pour travailler à des solutions.

À Montréal, Valérie Plante, qui a placé la question de l’accessibilité au logement au cœur de son programme, pouvait défendre son bilan avec le programme « 20-20-20 » qu’elle a mis en place. À Québec, le nouveau maire, Bruno Marchand, a aussi proposé des engagements pour faciliter la recherche de logements pour les personnes vivant avec un faible revenu.

Stéphane Boyer, à Laval, et Catherine Fournier, à Longueuil (respectivement les 3e et 5e villes en importance au Québec), ont fait du logement une affaire de première importance. Ces derniers ont même promis ensemble, dans la dernière ligne droite de la campagne, de tenir, s’ils étaient élus, un vaste « sommet sur l’habitation » dans la première année de leur mandat.

Un signal clair

À moins d’un an des prochaines élections provinciales, nous espérons que le signal clair envoyé par l’électorat partout au Québec sera capté par le gouvernement de la CAQ, qui n’a livré à ce jour que 3750 des 15 000 logements sociaux et communautaires qu’il s’était engagé à faire construire. L’accessibilité à un logement abordable sera assurément un sujet prioritaire en 2022. En juin 2021, un sondage Léger révélait que 82 % des Québécois pensent que « le gouvernement du Québec devrait en faire plus pour contrer la crise du logement ». Les élections municipales envoient le signal qu’il s’agit d’un dossier à ne pas prendre à la légère pour les élus, partis et candidats à l’approche des prochaines élections provinciales.

D’autres villes au Québec, percevant à juste titre le potentiel structurant du logement social et communautaire pour l’occupation du territoire, veulent s’engager sur cette voie. Toutes les municipalités qui désireront développer le « logement abordable » trouveront des alliées sur le terrain. Déjà, partout au Québec, plus de 150 000 unités, en OSBL, en coop ou en HLM, se trouvent hors marché, à l’abri de la spéculation ; des logements qui demeureront abordables pour la population qui en a grandement besoin. Les élus municipaux ont su en prendre acte, le gouvernement de la CAQ devrait aussi aller dans la même direction.

Pour autant, les initiatives émanant des municipalités, aussi intéressantes soient-elles, ne doivent pas servir de prétexte à un retrait du gouvernement du Québec dans ce domaine. Et le droit au logement ne devrait pas souffrir d’un traitement différencié selon que l’on vit à Gatineau, à Victoriaville ou à Port-Cartier. Maintenant plus que jamais, les Québécoises et les Québécois ont besoin d’un programme solide, qui finance adéquatement le développement du logement social et communautaire, de l’habitation dont l’abordabilité est garantie à long terme.

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