Le blues de la métropole

«Au dernier décompte très tôt le 8 novembre, on révélait un taux de participation famélique de 34,84%», écrit Carol Patch-Neveu.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir «Au dernier décompte très tôt le 8 novembre, on révélait un taux de participation famélique de 34,84%», écrit Carol Patch-Neveu.

Que signifie ce silence, cette abdication sidérante, d’autant d’électeurs montréalais ? Au dernier décompte très tôt le 8 novembre, on révélait un taux de participation famélique de 34,84 %. Pourquoi tant de citoyens se sentent-ils aussi peu interpellés quand des enjeux importants sont en cause, dont, en premier lieu, la qualité de leur milieu de vie ?

Certes, ils ont accepté volontiers d’être répondants à des sondages, d’échanger ouvertement avec un candidat en lice là où il y avait du porte-à-porte, mais ce ne fut pas à large étendue. Il faut se rendre à l’évidence que la démocratie municipale montréalaise se porte mal. Un blues flotte dans l’air de la métropole.

Le défi maintenant est d’en connaître toutes les causes. Quoi et qui montrer du doigt ? Car on ne peut pas blâmer juste les citoyens blasés se sentant plus ou moins bien informés. Qu’est-ce qui explique qu’on ne se juge pas assez partie prenante quant à l’avenir d’un aussi grand centre urbain jusqu’à renier son droit de vote ?

Chose certaine, les Montréalais ont assisté passivement ou activement à une campagne très axée sur la personnalité aux antipodes de deux principaux aspirants maires, devenant un conflit générationnel au ton acrimonieux dans la dernière ligne droite. Dans quelle mesure tel conflit se révélant sur le plan politique existe-t-il au plan social sur toute notre île, quelles fractures reste-t-il à ressouder ?

Comment est-il alors possible d’applaudir à tout rompre la réélection de Valérie Plante, de crier victoire pour Projet Montréal surtout quand le distanciel des électeurs éclipse le présentiel lors de quatre longs jours de scrutin ?

Un important examen de conscience s’impose, et pas seulement de part et d’autre, mais idéalement conjointement entre élus et citoyens. Valérie Plante et Projet Montréal ne sortent pas gagnants sur toute la ligne, n’étant pas des représentants d’une vaste majorité d’insulaires ayant exercé leur droit de vote. J’ai voté au premier matin du scrutin par anticipation à un bureau où le rodage était déjà impeccable, et ce, en dépit de la pluie, de ma grande déception quant aux stratégies de communication des partis et de l’absence du porte-à-porte des candidats dans mon quartier, car le droit de vote m’accorde aussi le droit de m’exprimer, après le scrutin.

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