Crise climatique et décroissance nécessaire

«Chaque jour de retard ajoute le poids des impacts négatifs sur les générations à venir», écrit l'auteur.
Photo: Jane Barlow Associated Press «Chaque jour de retard ajoute le poids des impacts négatifs sur les générations à venir», écrit l'auteur.

La COVID-19 n’est pas encore terminée qu’arrive la COP26. De la crise de santé publique, la une mondialisée passe à la crise ultime : les changements climatiques. Le constat est brutal, et le mur vers lequel nous fonçons à vive allure est de plus en plus proche.

Dans le lot de solutions proposées ou à l’étude, on répète que peu auront un effet majeur. Il faudra nombre de mesures appliquées en simultané par tous les grands émetteurs pour réussir à contrôler la hausse. Sauf pour une condition, qui me semble essentielle : la décroissance. Nous n’avons guère le choix, pays riches et populeux en tête, à moins d’accepter les conséquences du réchauffement. Par leur inaction, les politiciens et les dirigeants cautionnent cette attitude défaitiste. Alors qu’il faut viser avec enthousiasme moins de biens matériels, moins de véhicules, de transport et de tourisme, moins d’extractions minières, moins de viande et de cultures énergivores ou aquavores, plus de monde par maison dans des villes moins étendues. Et moins de charbon, de pétrole, de gaz, sans oublier les plastiques et tant d’autres polluants.

L’épreuve du réel le dit, le répète et le confirme : il faut transformer le modèle économique en tournant le dos aux combustibles fossiles. Mieux encore, il faudrait le transformer en modèle social qui serait communautaire, inclusif, redistributif, équitable et bienveillant.

La pandémie a montré que l’on peut arrêter le système en quelques jours à peine si l’urgence pointe. Pourquoi ne pas provoquer un nouvel arrêt, une énorme mise sur pause, mondiale, pour sauver la civilisation humaine ? Chaque jour de retard ajoute le poids des impacts négatifs sur les générations à venir. Car elles paieront le gros prix, malheureusement. Mais si nous réussissions ce grand changement (à ne pas confondre avec le great reset) et que l’on relançait la civilisation avec moins, en produisant moins, en vendant moins, après avoir appris à juguler notre obsession pour l’accumulation matérielle…

Dans le fond, est-ce une si bonne idée ? Maintenir l’hégémonie humaine sur Terre en vaut-il la peine ? Est-ce qu’un siècle ou deux de catastrophes climatiques ne constitueraient pas une bonne leçon pour l’exploitation éhontée de la planète dont nous sommes coupables ? Comme une fessée donnée par la nature à ce petit animal prétentieux et irrespectueux dont le cerveau a dépassé les bornes.

D’ici quelques décennies, notre mode de vie doit radicalement changer. Plusieurs de celles et ceux qui naissent maintenant sauront si la transformation va réussir. Pas moi, ni ma génération. Si la population vieillit, puis diminue dans plusieurs pays, surtout à cause de la dénatalité — le Québec s’en approche —, le mode de production devra bien finir par diminuer aussi, tout comme la capacité de production, puis l’offre, puis la demande. L’occasion est là. Le désir de survivre remplacera le désir de tout avoir. Puis adviendra peut-être le simple désir de vivre.

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