Qui décide à Montréal pour le REM de l’Est?

«Consolidons avant de nous étaler», écrit l'auteur.
Illustration: CDPQ Infra «Consolidons avant de nous étaler», écrit l'auteur.

Qui mène à Montréal ? Et qui mènera après le 7 novembre ? La mairesse sortante ou le candidat maire ? Ou la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) ? La première ne parle plus de la ligne rose, pour laquelle elle a été élue, que du bout des lèvres. Le second est partant pour le REM de l’Est comme proposé, du moment qu’il affiche une « signature » pour Montréal. La troisième en est à implanter, sans transparence, en « bulldozant », un réseau de trains de banlieue.

Qu’on se le dise bien : les trains du REM sont destinés aux banlieusards. Les citadins ne les utiliseront pas : ils ont le métro, même s’ils méritent mieux. En matière d’infrastructures, les affres de la banlieue sont connues : autoroutes congestionnées, bruyantes et polluantes, centre d’achatssans âme le long de boulevards anonymes sans fin, architecture répétitive et aliénante, mers de stationnements, rues sans trottoirs.

C’est cet esprit, la bêtise et la laideur, que la CDPQ a décidé d’étendre à son réseau dans les quartiers centraux de la ville, y compris au centre-ville. Après analyse, prétend-elle. Les résultats de ce qui est en construction sont probants. C’est une catastrophe.

Alors que le modèle aérien pour les infrastructures dans les villes centres est abandonné partout dans le monde, et même que l’on démolit ces autoroutes construites dans les airs il y a 50 ans en Amérique du Nord, Montréal perpétue le genre. Pour des motifs incompréhensibles et sans concertation — parlez-en aux maires concernés.

Le besoin est-il vraiment là, urgent ? On ne s’attend pas à la rentabilité, mais le rapport résultat / effort sera-t-il au rendez-vous ? Il reste une chance. Ne pas construire le REM de l’Est, tel qu’il est proposé. La CDPQ nous dit que c’est à prendre ou à laisser. C’est à laisser. Oui, l’est et le nord de Montréal méritent une meilleure desserte en transport en commun. Le centre aussi, et l’ouest, et le Vieux-Longueuil. Mais pas la banlieue, pas en priorité.

Consolidons avant de nous étaler. Pourquoi ne pas concevoir le réseau globalement, à partir du centre et des quartiers centraux, densément habités ? Et si ça prend une infrastructure dans l’axe de la rue Notre-Dame, pensons à un train au sol ou en tranchée. Si le MTQ est capable de faire un tunnel de 8,3 km sous le fleuve entre Lévis et Québec, on est bien capable de faire un train au sol sur Notre-Dame. Et en tranchée recouverte sous René-Lévesque — comme le métro de New York. Pour une distance de 3,2 km entre le Pied-du-Courant et Place Ville-Marie. Tenez, il y a déjà une tranchée dans ce secteur : l’autoroute Ville-Marie, qui compte quatre voies dans chaque direction entre Papineau et Robert-Bourassa, huit voies sous-utilisées…

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