Balayer la peur et la haine dans un Québec post-pandémie

«En tant qu’acteurs de la vie économique, nous considérons qu’il est de notre devoir de pousser à la roue et de marquer l’importance de vivre ensemble», estiment les signataires.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «En tant qu’acteurs de la vie économique, nous considérons qu’il est de notre devoir de pousser à la roue et de marquer l’importance de vivre ensemble», estiment les signataires.

Au cours des 18 derniers mois, le monde a considérablement changé. Les transformations et les adaptations à la pandémie ont été nombreuses et nous ont démontré l’urgence de nous parler, de nous comprendre. Ironiquement, alors que la COVID-19 a rapproché les gens numériquement, elle a également révélé au grand jour ce qui nous divise.

Au cours de cette période, nous avons constaté comme jamais l’importance d’être solidaires collectivement devant une telle adversité. Cette épreuve a indirectement uni tous les pays et tous les continents derrière une cause commune : lutter contre la pandémie. Paradoxalement, on a vu apparaître des divisions. La recherche d’un coupable, d’une cible vers laquelle diriger notre mécontentement. C’est là que les ravages de la méconnaissance ont fait leur œuvre. Des préjugés chez l’un ont pris racine dans l’esprit de l’autre et, notamment par les voies numériques, ces ressentiments ont explosé, souvent par des propos haineux et pointés vers ce qu’on ne connaît pas : « l’autre », « l’étranger », celui qui est différent de nous.

C’est connu : on a peur de ce qu’on ne connaît pas, et cette peur affecte la confiance, pourtant le ciment de toute société. La confiance rapproche les gens, elle permet de nourrir les débats sans déraper. Sans cette confiance, la méfiance prend le relais et se nourrit rapidement des pires doutes et préjugés. En l’absence de connaissances suffisantes, on s’abreuve aisément, souvent sans trop savoir, à de fausses informations disponibles. Et à ce titre, les réseaux sociaux regorgent de tout : du vrai et du faux, du meilleur et du pire.

Heureusement, les sociétés se construisent sur ce qui unit ses citoyens. Chacun apporte sa contribution à l’essor de cet ensemble, l’enrichit de son individualité et de sa spécificité, ajoute une teinte supplémentaire à notre culture. Et plus on se rapproche les uns des autres, plus on observe les préoccupations et aspirations de chacun, plus on y retrouve une somme incalculable de points et de valeurs communes.

Or, bien que ce constat semble évident, il doit être répété publiquement. Car on le sait, parfois, certains préfèrent insister sur ce qui nous différencie plutôt que ce qui nous rassemble.

Alors, il faut le rappeler : c’est la multiplication de nos savoirs, de nos expériences et de notre savoir-faire qui permet à notre société de se développer et de se déployer. L’équité, la diversité et l’inclusion, c’est la toile de fond qui compose toute société ouverte. Et le principal secret de cette recette, c’est la communication.

En tant qu’acteurs de la vie économique, nous considérons qu’il est de notre devoir de pousser à la roue et de marquer l’importance de vivre ensemble. Le monde économique n’a pas que des qualités, mais il a cette vertu de tendre au rapprochement. Le meilleur moyen d’accroître notre prospérité, c’est en nous parlant, en échangeant, en diminuant les inégalités sociales et en offrant des chances égales au plus grand nombre.

À titre d’exemple, la pénurie de main-d’œuvre qui frappe tous les secteurs d’activité serait en partie apaisée si l’on donnait enfin une chance égale à tous ceux qui sont présentement éloignés du marché du travail. Que l’on pense aux membres de la communauté LGBTQ+, aux communautés culturelles ainsi qu’aux communautés autochtones, aux aînés, aux femmes, aux immigrants, aux personnes souffrant de handicap et à combien d’autres. C’est l’une des solutions à court terme apportées par l’ouverture vers « l’autre ».

Il faut additionner l’apport de chacun et ne laisser personne derrière nous. Ce faisant, on multiplie nos chances de grandir, de prospérer et d’éviter les divisions. C’est le propre du vivre-ensemble, et nous nous engageons à œuvrer encore plus activement à sa promotion.

* Cette lettre est cosignée par : Michel Belval, président de la Chambre de commerce américaine au Canada (AMCHAM Québec) ; Thierry Arnaud, président de la Chambre de commerce LGBT du Québec ; Hector Giraldo, directeur général de la Chambre de commerce Québec et Amérique latine (QUÉtAL) ; Caroline Codsi, présidente fondatrice de Gouvernance au Féminin ; Danièle Henkel, femme d’affaires et propriétaire des entreprises Danièle Henkel ; Patrick Desmarais, président de la Fondation Émergence ; Jenny Ouellette, présidente et cofondatrice de BonBoss ; Martin Duchaîne, directeur de Défi Montréal ; Sévrine Labelle, présidente-directrice générale d’Evol ; Gwenaelle Thibaut, présidente, Ensemble Inc; Winston Chan, membre du C.A. de la Coalition nationale canadienne de lutte contre le racisme anti-asiatique et ex-président du C.A. du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec.

À voir en vidéo