Carey Price et un accès équitable à la psychothérapie

«Contrairement à Carey Price, qui a eu accès rapidement à la thérapie grâce au programme d’aide des hockeyeurs professionnels, seulement la moitié des hommes québécois peuvent rapidement et à moindre coût avoir accès à la thérapie en ayant recours à leurs programmes d’aide aux employés ou à leurs assurances privées», écrit l'auteur.
Photo: Bruce Bennett/Getty Images/AFP  «Contrairement à Carey Price, qui a eu accès rapidement à la thérapie grâce au programme d’aide des hockeyeurs professionnels, seulement la moitié des hommes québécois peuvent rapidement et à moindre coût avoir accès à la thérapie en ayant recours à leurs programmes d’aide aux employés ou à leurs assurances privées», écrit l'auteur.

Le ministre Carmant soulignait à juste titre, lors de la Journée mondiale de la santé mentale du 10 octobre dernier, que les jeunes pourraient être inspirés par le dévoilement récent de Carey Price et, comme lui, signifier ouvertement leurs besoins d’aide psychologique et consulter.

Les fans de Carey Price ne sont pas uniquement des jeunes, mais aussi des hommes de plus de 30 ans. Avant la pandémie, un homme sur quatre résidant à Montréal, tous âges confondus, vivait de la détresse psychologique, un syndrome anxio-dépressif pour lequel il cherchait de l’aide d’abord auprès de son médecin de famille en qui il a confiance. Ce professionnel de première ligne peut offrir soutien, prescription de médication et référence pour la psychothérapie. Ces deux dernières formes de traitement, et mieux encore la combinaison des deux, sont reconnues comme étant efficaces par l’INESSS et la littérature scientifique. Les problèmes associés à l’utilisation des substances, qui se manifestent plus fréquemment chez les hommes, sont également associés aux troubles anxio-dépressifs et peuvent bénéficier du traitement offert par le médecin de famille. Moins de 15 % des hommes ayant participé à l’étude de Montréal ont demandé une aide psychologique (au CLSC ou en privé). Cependant, ils se montraient prêts à entreprendre une psychothérapie si leur médecin de famille le recommandait (plus que leur partenaire de vie ou leurs collègues de travail !).

Contrairement à Carey Price, qui a eu accès rapidement à la thérapie grâce au programme d’aide des hockeyeurs professionnels, seulement la moitié des hommes québécois peuvent rapidement et à moindre coût avoir accès à la thérapie en ayant recours à leurs programmes d’aide aux employés ou à leurs assurances privées. Les autres se voient dirigés, entre autres par leur médecin de famille, vers le guichet d’accès des CLSC qui offre un service comportant des mois ou une année et plus d’attente. Contrairement à la médication, la psychothérapie, qui n’est pas un service assuré par le régime public québécois, n’est pas accessible à tous.

Or, durant la pandémie, l’Ontario et le Manitoba ont accru l’offre de psychothérapie aux non-assurés de leur province en contractant avec l’importante firme d’aide aux employés Morneau Shepell pour offrir la psychothérapie en ligne par un psychothérapeute reconnu employé de la firme (p. ex. AbilitiCBT). Cette même firme et d’autres, comme Dialogue, assurent le programme d’aide aux employés de grandes entreprises québécoises comme Desjardins, la Banque Nationale, mais aussi aux employés syndiqués du secteur public, de la santé et des services sociaux et de l’éducation.

N’est-il pas inéquitable que le personnel de la santé et des services sociaux, pressé par la pandémie, ait accès à des firmes privées pour bénéficier des services professionnels de psychothérapie s’ils expérimentent un burn-out/syndrome anxio-dépressif, alors que les citoyens non assurés ayant les mêmes besoins doivent patienter dans la très longue file d’attente offerte par le régime public ?

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