Comment freiner l’exode dans les résidences privées pour aînés

Avec la fin des primes versées par l’État aux RPA au terme de la crise sanitaire, il y a un risque réel de perdre des travailleurs, soulignent les autrices.
Photo: Sébastien Bozon Agence France Presse Avec la fin des primes versées par l’État aux RPA au terme de la crise sanitaire, il y a un risque réel de perdre des travailleurs, soulignent les autrices.

Il y a quelques jours, le RQRA, le Regroupement des résidences privées pour aînés, s’inquiétait de la fin des primes pour le personnel des RPA à la fin de la crise sanitaire. Il y a en effet lieu d’être préoccupé par l’exode des travailleurs. Mais permettez-nous de remettre les pendules à l’heure.

Une chose est certaine, c’est qu’il est bien difficile d’attirer et de retenir le personnel dans les RPA. La raison principale, c’est que des salaires décents sont rarement au rendez-vous. Il faut dire que les conditions de travail deviennent aussi de plus en plus difficiles alors que les usagers ont des profils de plus en plus lourds.

Avec la fin des primes versées par l’État aux RPA au terme de la crise sanitaire, il y a un risque réel de perdre des travailleurs. C’est d’autant plus vrai avec la pénurie qui existe dans plusieurs secteurs d’emploi. Et on ne peut pas dire que les RPA se pressent quand vient le temps de bien traiter leurs employés.

C’est bien beau demander de l’argent à l’État, mais où sont leurs responsabilités ? Durant la pandémie, ça a tout pris pour convaincre certains propriétaires de verser les primes à leurs employés, des primes payées par le ministère de la Santé. C’est tout dire !

La CSN est justement en pleine négociation coordonnée dans ce secteur et le moins qu’on puisse dire, c’est que les propriétaires tardent à faire ce qu’il faut pour attirer et retenir le personnel.

Nous demandons présentement que les employés obtiennent un prolongement d’un an des conventions collectives avec une augmentation salariale de 1 $ pour passer au travers de la crise sanitaire et donner du souffle aux travailleuses. Bien des propriétaires de RPA sont complètement fermés à ces demandes.

Il s’agit pourtant d’un secteur très lucratif, où les gros acteurs mangent les plus petits et font des profits qui se comptent à coups de millions. Comment se fait-il qu’ils ne soient pas capables de donner de bonnes conditions à celles et ceux qui prennent soin des aînés souvent vulnérables ?

Il faut que les propriétaires arrêtent de s’enrichir sur le dos de nos aînés et sur le dos des travailleurs. Les employeurs doivent faire partie de la solution afin de résoudre cette pénurie et de devenir plus attractifs au niveau des embauches tout en s’assurant de garder le personnel en place.

Cette pandémie a aussi montré que l’État peut se mettre le nez dans ce qui se passe dans les RPA. Il a les pouvoirs de s’assurer que le personnel a de bonnes conditions de travail.

C’est donc autant au gouvernement qu’aux propriétaires de prendre les moyens qui s’imposent pour améliorer les services aux aînés. Il y va de la rétention du personnel, de la qualité de vie de celui-ci et du bien-être des aînés.

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