Quand le concept de consensus scientifique ne fait pas consensus

«Le réel problème avec le consensus scientifique est qu’il est mal compris par le grand public et les médias», souligne l'auteur.
Photo: Brandon Bell Agence France-Presse «Le réel problème avec le consensus scientifique est qu’il est mal compris par le grand public et les médias», souligne l'auteur.

La question posée par François Charbonneau de l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa dans les pages du Devoir du8 août, à savoir si le concept de consensus scientifique est vraiment scientifique, est intéressante, mais recèle un piège dans lequel il est tombé. En assimilant le consensus scientifique à un courant de pensée dans les milieux scientifiques, à une sorte d’opinion personnelle sur un sujet d’actualité partagée par les savants, il se trompe.

Lorsqu’il dit que le consensus scientifique a déjà été considéré comme vrai que la Terre était plate, il se trompe encore. C’est l’Église qui proclamait cette « vérité », certainement pas Pythagore, Copernic ni Galilée. Quand les scientifiques pensent la même chose, cela ne dit strictement rien sur la vérité d’une assertion, affirme M. Charbonneau. Peut-être pas dans l’absolu, mais dans le monde physique que nous habitons, le regard scientifique est ce qui se rapproche le plus de la vérité.

Quand les scientifiques regardent une pomme tomber, le consensus scientifique est que la pomme a été attirée par la Terre. Or, la théorie de Newton n’a jamais été prouvée à 100 %. Certains peuvent opposer que la science n’a pas encore découvert les « gravitons » par lesquels la gravité s’exercerait. N’empêche. Les lois de Newton nous ont bien servi à comprendre l’univers et à bâtir des fusées et des satellites qui fonctionnent.

Le réel problème avec le consensus scientifique est qu’il est mal compris par le grand public et les médias. Les journalistes, par exemple, détiennent rarement une formation scientifique. Comme l’éthique leur impose de présenter l’information de manière équitable, ils ont tendance à présenter les points de vue divergents en leur accordant une place égale. Les croyances non fondées et les faits réels se partagent alors le même espace public et reçoivent le même traitement. C’est ce que les Trump, Duhaime et Bernier ont vite compris.

Dans le contexte de la plainte déposée à l’ombudsman de la SRC pour dénoncer l’entretien accordé par Stéphan Bureau au Dr Didier Raoult, M. Charbonneau souhaiterait qu’on donne autant de place, dans les médias, à des sujets s’opposant au consensus scientifique sous prétexte qu’on empêcherait quelqu’un de parler. Ou même qu’on pourrait carrément passer à côté de la vérité un jour.

Même s’il n’y a pas de consensus scientifique sur son existence, Dieu nous en garde !

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