Non à davantage de pesticides

«Le glyphosate, élément actif des produits Roundup, est un herbicide éminemment contesté par des experts mondiaux, interdit dans plusieurs pays d’Europe, dont l’Italie et l’Allemagne, et de plus en plus dans des villes au Nouveau-Brunswick et au Québec», écrivent les auteurs.
Photo: Jean-François Monier Agence France-Presse «Le glyphosate, élément actif des produits Roundup, est un herbicide éminemment contesté par des experts mondiaux, interdit dans plusieurs pays d’Europe, dont l’Italie et l’Allemagne, et de plus en plus dans des villes au Nouveau-Brunswick et au Québec», écrivent les auteurs.

Citoyens engagés, estomaqués, abasourdis, les mots nous manquent pour décrire notre incompréhension, notre incrédulité devant la volonté de Santé Canada, par l’intermédiaire de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), d’augmenter les quantités de résidus du glyphosate permises dans des aliments tels que le blé, l’avoine et le son, que l’on trouve notamment dans les céréales pour enfants, les haricots secs, les lentilles, les pois et les noix qui font partie intégrante de l’alimentation des végétariens et des végétaliens. Le glyphosate, élément actif des produits Roundup, est un herbicide éminemment contesté par des experts mondiaux, interdit dans plusieurs pays d’Europe, dont l’Italie et l’Allemagne, et de plus en plus dans des villes au Nouveau-Brunswick et au Québec.

Aussi, comme citoyennes et citoyens avertis, comme contribuables éclairés, nous sommes à même de vous demander, membres de l’ARLA, pourquoi vous ignorer les études sur les impacts des pesticides sur la santé humaine ? Comment pouvez-vous passer outre l’éclairage suivant sur la dangerosité des pesticides exposée dans un rapport de plus de mille pages, rédigé par une dizaine de chercheurs français multidisciplinaires, analysant toute la littérature scientifique internationale disponible sur le sujet ? En tout, depuis 2018, environ 5000 résultats d’études ont été décortiqués, critiqués et mis bout à bout pour « inciter [les autorités] à une meilleure prise en compte de ces enjeux ».

Nous vous invitons à visiter le site de l’association Victimes des pesticides du Québec. Vous y découvrirez des études, des mémoires, des témoignages de femmes et d’hommes qui « sont montés au front » pour que les maladies liées à l’exposition aux pesticides soient reconnues comme des maladies professionnelles et pour que des pratiques de remplacement innovantes disponibles et à venir dans les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation soient mises en place poaliur éliminer l’utilisation des pesticides. Nous tenons par ailleurs à exprimer notre stupéfaction devant le constat suivant : malgré les recherches effectuées au cours des dernières décennies, les sonnettes d’alarme d’experts reconnus mondialement, les diagnostics de plus en plus nombreux, entre autres de la maladie de Parkinson, au sein de la population agricole du Québec et du Canada, vous valorisez le recours à davantage de pesticides et perpétuerez ainsi le legs de maladies neurodégénératives de génération en génération parce que le « principe de précaution » n’aura pas prévalu. Pourtant, ce n’est pas parce que votre organisme n’a pas été prévenu.

En conclusion, une dernière question, mais non la moindre : pourquoi une telle proposition anachronique en 2021 de la part de l’ARLA ? Une seule réponse s’impose : on favorise des impératifs commerciaux aux dépens de la santé de toute la population d’est en ouest du Québec et du Canada !

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