Plus de reconnaissance pour les orthophonistes et les audiologistes

«L’évaluation initiale de notre catégorie d’emploi en 2001 a classé les orthophonistes et audiologistes au rangement 22, bien que celle-ci aurait dû être évaluée au rangement 23», écrit l'autrice.
Photo: iStock «L’évaluation initiale de notre catégorie d’emploi en 2001 a classé les orthophonistes et audiologistes au rangement 22, bien que celle-ci aurait dû être évaluée au rangement 23», écrit l'autrice.

Lettre envoyée aux représentants syndicaux des orthophonistes qui les représentent à la table de négociation

Nous prenons notre plume aujourd’hui, à défaut de nos voix, pour vous rappeler nos revendications salariales depuis plus de 10 ans maintenant. Ces inégalités affectent notre catégorie d’emploi qui est l’une des plus féminines en santé et en éducation, puisqu’elle compte plus de 96 % de femmes. Le féminin est d’ailleurs utilisé dans cette lettre considérant cette imposante majorité.

Voici un bref historique :

L’évaluation initiale de notre catégorie d’emploi en 2001 a classé les orthophonistes et audiologistes au rangement 22, bien que celle-ci aurait dû être évaluée au rangement 23.

Mentionnons qu’aucune plainte n’a été déposée en 2008, malgré cette incohérence et cette injustice choquantes.

Lors de l’exercice du maintien de l’équité salariale de 2010, les orthophonistes et audiologistes sont demeurées au rangement 22, obtenant moins de 1 % de correctif salarial.

Malgré plusieurs changements importants, notamment législatifs, dans nos responsabilités professionnelles introduits par la loi 90 de 2002, la Loi sur l’assurance maladie (règlement sur les prothèses auditives), le cadre sur les services spécialisés à la suite d’une implantation cochléaire, ainsi qu’en raison de l’évolution accélérée des connaissances scientifiques, des technologies et des pratiques médicales et éducatives, et de l’augmentation de la complexité des cas et des interventions, notre travail n’a pas été réévalué ni reconnu.

Au printemps 2011, vous avez déposé des plaintes pour remettre en question l’évaluation unilatérale réalisée par le gouvernement, plaintes qui n’ont pas abouti à ce jour.

Mentionnons que les changements apportés à certaines catégories d’emplois des professionnels de la réadaptation ont été reconnus par le Conseil du trésor, pour les psychologues (plaintes de 2008, avec rétroactivité depuis 2001) et pour les ergothérapeutes (reconnaissance de la maîtrise), mais pas pour les orthophonistes, qui ont elles aussi une maîtrise et une exigence d’appartenance à un ordre professionnel.

L’exercice du maintien en 2015 est toujours en attente, puisque les plaintes de 2010 ne sont pas encore traitées.

Tout récemment, et après plus de 10 ans d’attente, quelques professions ont vu leurs plaintes traitées, dont celles des secrétaires d’école et celles des techniciennes en service de garde, avec rétroactivité ; tout comme celles des bibliothécaires, des conseillères en rééducation, des agentes de corrections du langage, des conseillères d’orientation et conseillères en formation scolaire, et nous nous réjouissons évidemment pour elles.

Nous vous demandons aujourd’hui de saisir l’occasion des négociations actuelles pour faire avancer la reconnaissance des professionnelles de l’éducation que sont les orthophonistes scolaires. Rappelons que notre profession est majoritairement féminine et que le dossier de l’équité qui nous touche doit impérativement être réglé maintenant. La reconnaissance de la valeur de notre profession passe minimalement par le rangement 24 pour les plaintes de 2010, avec rétroactivité.

Le premier ministre du Québec, François Legault, souhaite « donner à tous nos enfants les moyens d’aller au bout de leur plein potentiel » (discours d’ouverture à l’Assemblée le 28 novembre 2018). Cela passe par la reconnaissance à leur juste valeur des professionnelles qui œuvrent chaque jour à la réussite des élèves, en leur permettant d’actualiser leur plein potentiel sur le plan des apprentissages, ainsi qu’une participation sociale pleine et entière, et de devenir des citoyens actifs de notre société.

En espérant cette fois-ci être entendues, nous vous demandons de porter notre message à la table des négociations, pour faire entendre enfin nos voix.

* Cette lettre est signée au nom des orthophonistes du Centre de services scolaire de Montréal, mais des orthophonistes de toutes les régions du Québec font actuellement circuler la même lettre.

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