Le tourisme spatial, une aberration écologique

Gros plan de la fusée New Shepard fabriquée par la société spatiale Blue Origin, lors de son lancement dans l'ouest du Texas.
Photo: Agence France-Presse Gros plan de la fusée New Shepard fabriquée par la société spatiale Blue Origin, lors de son lancement dans l'ouest du Texas.

Le multimilliardaire Jeff Bezos sera du premier vol de tourisme spatial de sa société Blue Origin le 20 juillet prochain. Actuellement, deux autres compagnies sont dans la course au tourisme spatial, soit Space X, dirigée par Elon Musk, et Virgin Galactic, fondée par Richard Branson. Cette dernière société prévoit de lancer des opérations commerciales régulières en 2022 et a déjà 600 billets de vendus à un prix compris entre 200 000 $ et 250 000 $.

Pourtant, le tourisme spatial est une aberration écologique. En effet, même si je n’ai trouvé sur aucun site des statistiques sur la consommation de carburant et la pollution engendrée par ces vols dans l’espace, il est évident que c’est énorme. Comment peut-on imaginer un tel manque de responsabilité environnementale de la part de ceux qui développent ce genre de transport, de ceux qui l’utilisent ou qui veulent l’utiliser ?

Devant une situation écologique mondiale qui fait l’objet des pires pronostics, n’est-il pas temps de mettre fin à ce genre de projet complètement déconnecté de la réalité environnementale ? La capacité technique et les moyens financiers de faire quelque chose nécessitent-ils vraiment qu’on le fasse ?

À l’heure où de plus en plus de gens pensent à acheter local et à utiliser le moins possible l’avion, comment peut-on envisager que des personnes, aux seules fins de divertissement, se rendent dans l’espace, avec un coût environnemental et financier extrêmement élevé ? Les quelques minutes de vie en apesanteur valent-elles vraiment ce gaspillage de ressources et cette pollution ?

Les simplicitaires trouvent déplorable ce genre d’activité qui accentue le clivage social entre les riches et les moins nantis et qui a des conséquences écologiques négatives hors de proportion. Les sommes inouïes ainsi volatilisées pourraient servir à des causes beaucoup plus nobles. C’est aussi une belle occasion pour nos gouvernements de se rendre compte que certaines gens ont de l’argent qui pourrait être mieux redistribué par leur entremise. Enfin, il faut prendre conscience que certaines activités économiques n’ont rien d’un réel progrès.

Les simplicitaires favorisent plutôt les voyages sur de courtes distances et qui permettent de faire de belles découvertes locales tout en encourageant l’économie qui soutient nos communautés. Si l’on tient à se déplacer sur des parcours plus grands, prenons amplement notre temps pour bien savourer l’aventure et se satisfaire, tout en voyageant le plus équitablement possible. Les quelques heures passées dans l’espace en tourisme spatial sont une aberration écologique.

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