Occupons-nous de leur présent!

«Pourquoi ne pas laisser les établissements (tous n’ont pas de grands espaces intérieurs ou extérieurs) organiser leurs propres événements de la même façon qu’ils ont réussi à maintenir nos adolescents dans un environnement sécuritaire tout au long de l’année?» se demande l'autrice.
Photo: Maja Mitrovic Getty Images «Pourquoi ne pas laisser les établissements (tous n’ont pas de grands espaces intérieurs ou extérieurs) organiser leurs propres événements de la même façon qu’ils ont réussi à maintenir nos adolescents dans un environnement sécuritaire tout au long de l’année?» se demande l'autrice.

Je suis maman d’une belle adolescente de 16 ans en cinquième secondaire à Montréal.

Elle vient d’apprendre comme le reste de sa cohorte que non seulement, elle ne pourra pas participer à son bal de finissants comme elle avait pu en rêver un nombre incalculable de fois durant toute sa scolarité, mais qu’en plus, elle ne pourra pas partager avec ses parents, ses amis et les parents de ceux-ci le moment signifiant de la remise des diplômes.

Je suis maman d’une belle adolescente de 16 ans qui, depuis le début de la pandémie, a composé tant bien que mal avec les nombreuses directives sanitaires qui ont jalonné son parcours scolaire, lesquelles ont bien souvent pris la forme de restrictions sanitaires. Elle les a pourtant suivies, même si elle ne parvenait pas tout le temps à mettre du sens derrière celles-ci. Elle les a suivies en pensant à elle, mais surtout à nous, ses parents, et à celles et ceux un peu plus âgés qu’elle respecte, car oui, elle a ce sens-là des autres, tout comme ses amis.

Je suis maman d’une belle adolescente de 16 ans qui a continué de travailler fort à l’école même si la motivation n’était pas toujours au rendez-vous et qui s’est impliquée dans différents comités, souvent de façon virtuelle, pour « changer le monde » un petit pas à la fois.

Je suis maman d’une belle adolescente de 16 ans qui, malgré la force que lui confère son âge, a eu des hauts et des bas durant cette dernière année. Elle a aimé, elle a ri, oui, mais elle a beaucoup pleuré. Elle a pourtant continué d’avancer, tout simplement. Elle a partagé tous ces moments avec ses amis, et jamais ils ne se sont plaints, quoi que l’on puisse dire ou lire çà et là.

Je suis maman d’une belle adolescente de 16 ans et je ne comprends pas, tout comme elle, pourquoi elle n’aurait pas droit, avec ses amis, à une graduation digne et largement méritée. Ils méritent toutes et tous de pouvoir fêter ce passage tant attendu et significatif avec leurs parents et leurs enseignants.

Elle a la chance d’être dans un collège dans lequel l’équipe a imaginé de multiples scénarios pour faire vivre à leurs finissants une remise de diplômes sécuritaire avec les parents.

Alors, pourquoi ne pas laisser les établissements (tous n’ont pas de grands espaces intérieurs ou extérieurs) organiser leurs propres événements de la même façon qu’ils ont réussi à maintenir nos adolescents dans un environnement sécuritaire tout au long de l’année ? Pourquoi ne pourraient-ils avoir la possibilité de préparer un moment inoubliable à l’extérieur du collège s’ils le peuvent ? Pourquoi leur avoir fait confiance toute l’année et pas pour ces derniers instants ?

Je ne suis certainement pas le seul parent à me poser ce genre de questions et à me demander ce qu’il est possible de faire pour que nos adolescents puissent mettre un terme, de façon joyeuse, à cette année si particulière et tourner la page comme il se doit, pour entamer un nouveau chapitre de leur vie.

Je suis maman d’une belle adolescente de 16 ans qui est revenue en pleurant après cette annonce, et je n’ai pas pu m’empêcher de verser quelques larmes qui peuvent paraître bien futiles par les temps qui courent, mais qui sont bien réelles.

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