Un changement nécessaire pour faire face à une future pandémie

«Des centres de traitement régionaux COVID permettraient de gérer les ressources humaines médicales de manière plus efficace que dans les 39 départements COVID existants répartis à travers le Québec», croit l'auteur.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne «Des centres de traitement régionaux COVID permettraient de gérer les ressources humaines médicales de manière plus efficace que dans les 39 départements COVID existants répartis à travers le Québec», croit l'auteur.

Avec la doctrine actuelle, que se passera-t-il si les vaccins ne fonctionnent pas autant qu’espéré, si une flambée importante du nombre de cas se produit ou bien si un nouveau virus à peine deux fois plus létal que la COVID-19 apparait en 2022 ? Étant donné qu’il n’y a aucune marge de manœuvre, ce sera malheureusement exactement le même scénario de submersion des capacités hospitalières habituelles qui conduiront à la réduction de l’offre de diagnostics et de soins médicaux, à la privation de liberté et à la privation d’activité économique.

Comme le dit un vieil adage : « gouverner, c’est prévoir ». Un changement de doctrine est non seulement essentiel pour faire face à la crise actuelle et aux différents scénarios possibles, mais aussi pour anticiper et prévoir une possible future pandémie. Par conséquent, il est temps de passer de la posture de « pourvu que les vaccins fonctionnent et que le nombre de cas n’augmente pas » à une vraie stratégie de « renforcement pro actif de la capacité de traitement des patients » en parallèle de la vaccination.

La pénurie de personnel médical est une réalité qui a eu pour effet une pression et un stress importants sur le personnel médical en première ligne, détériorant considérablement le climat de travail dans plusieurs hôpitaux du Québec. Cela a poussé de nombreux travailleurs de la santé à demander une réaffectation de département, voire à quitter le système de santé public. C’est pour cela qu’il est d’autant plus important de maximiser l’efficacité de la gestion du personnel médical.

Le système hospitalier n’est pas conçu pour absorber une pandémie en tout temps, et cela n’aurait pas de sens qu’il soit en perpétuelle surcapacité au cas où une pandémie surviendrait. Cependant, lorsqu’une pandémie survient, le système doit être redessiné en conséquence, bien au-delà des procédures, des standards, des ratios et des capacités habituelles, et ce, le temps d’absorber le choc hospitalier de la pandémie.

Mais, la capacité additionnelle requise lors d’une pandémie ne peut pas être construite en dépouillant gravement le système de santé existant. Il s’agit plutôt d’ajouter un nouveau vase, c’est-à-dire de créer une capacité additionnelle temporaire en parallèle du système de santé existant. Et, même lorsque le nombre de cas retombera, il sera essentiel de garder cette capacité additionnelle (structure, lits, équipements, consommables) pendant plusieurs mois en veille, prête à être réactivée très rapidement au besoin, pour faire face à une nouvelle flambée du nombre de cas.

Par conséquent, une tactique alternative pour gérer cette pandémie, tout en ne privant pas de soins les patients ayant d’autres pathologies, serait la mise en place de centres de traitement régionaux voués à la COVID-19 d’une capacité ambitieuse et modulable de plusieurs centaines de lits chacun, à l’extérieur des hôpitaux existants. Ils pourraient être gérés par les Forces armées canadiennes (médicales et non médicales) avec l’appui du personnel médical civil provenant des secteurs privé et public.

Ces centres de traitement régionaux COVID permettraient de gérer les ressources humaines médicales de manière plus efficace que dans les 39 départements COVID existants répartis à travers le Québec. Le fait de rassembler les patients, et donc les ressources humaines et matérielles, à un même endroit entrainerait probablement aussi une baisse de la pression, et donc du stress du personnel médical. Cela diminuerait le nombre de contaminations de COVID-19 dans les hôpitaux, notamment dans les zones « froides ». Et cela rassurerait les citoyens, car une part non négligeable d’entre eux a peur de se rendre à l’hôpital, avec les conséquences invisibles mais bien réelles à venir sur leur santé, et possiblement sur leur vie.

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