Réduire les délais entre les deux doses de vaccin

«La prudence la plus élémentaire et l’expérience catastrophique des deux premières vagues devraient nous inciter à rétrécir au minimum l’intervalle entre les doses pour les personnes très âgées en milieu de vie collectif», estiment les auteurs.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne «La prudence la plus élémentaire et l’expérience catastrophique des deux premières vagues devraient nous inciter à rétrécir au minimum l’intervalle entre les doses pour les personnes très âgées en milieu de vie collectif», estiment les auteurs.

À l’aube d’une troisième vague, l’importance de la vaccination des populations vulnérables s’accentue davantage. Le Québec s’est démarqué en priorisant d’abord les personnes vivant en centres d’hébergement et dans d’autres milieux de vie collectifs, là où la COVID a provoqué une véritable hécatombe. Une autre stratégie originale fut de retarder l’administration de la deuxième dose de vaccin afin de protéger par une dose initiale le plus de personnes possible. Si cette dernière approche semble porter ses fruits, il y a lieu de s’inquiéter de la protection réelle des personnes plus âgées et de réexaminer le délai de 16 semaines entre les doses de vaccin.

Le vieillissement et les maladies chroniques altèrent la réponse immunitaire de façon significative. On sait que la réponse aux vaccins est moins prononcée chez les personnes très âgées présentant de multiples affections. Les données initiales des essais cliniques sur les vaccins contre la COVID montraient d’ailleurs des taux de réponse et de protection inférieurs chez les sujets plus âgés après les deux doses recommandées à trois semaines d’intervalle.

Plusieurs études récentes confirment que la réponse à une première dose d’un vaccin est très bonne chez les personnes jeunes, mais beaucoup moins adéquate chez les plus âgées. Une étude réalisée par des chercheurs de la Colombie-Britannique montre que la réponse immunitaire des personnes âgées hébergées est relativement faible après la première dose de vaccin.

Ces données confirment donc que l’espacement des doses semble sans conséquences significatives chez les personnes plus jeunes, mais pourrait laisser sans protection les personnes très âgées, surtout si elles sont fragiles et hébergées en milieu de vie collectif. Ajoutons à cela les doutes soulevés quant aux taux d’efficacité des vaccins actuels contre les variants.

La prudence la plus élémentaire et l’expérience catastrophique des deux premières vagues devraient nous inciter à rétrécir au minimum l’intervalle entre les doses pour les personnes très âgées en milieu de vie collectif. En priorisant la vaccination complète de ces populations les plus à risque, on réduirait le risque d’éclosion dans ces milieux en ne retardant que de quelques jours la vaccination des autres groupes.

Nous pressons donc les autorités de santé publique et le gouvernement de protéger au maximum les personnes âgées hébergées le plus rapidement possible. N’attendons pas une nouvelle hécatombe. Il n’y a pas de risque à prendre.

5 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 1 avril 2021 03 h 20

    Honte à vous...

    Mais vous Madame Pauline Gervais et Dr Réjean Héber comment osez-vous mettre en doute la parole de la Sainte-Trinité faite homme en les personnes d'Arruda, Legault et Dubé... Elle sait tout elle, cette Sainte-Trinité là, en preuve les épîtres de leurs indéfectibles fidèles apôtres de la CNSST et de l'INSPQ...

    Vous êtes des persionnes impies et mécréantes tentant par vos écris falacieux de détouner le bon petit peuple de la parole divine. Honte à vous...

  • Yvon Bureau - Abonné 1 avril 2021 09 h 16

    Protection et responsabilité

    Merci pour ce texte des plus de compassion et de solidarité. Cette volonté de compassion et du prendre mieux soin vous honore.

    D'un autre côté, dans ces milieux de vie ET de fin de vie, il est de la responsabilitlé de la personne ou de son représentant légal de mettre à jour, au besoin, le Plan sur l'intensité des soins, afin que la personne soit toujours au centre et au coeur des processus d'information et de décision la concernant au plus haut point.

  • Louise Nepveu - Abonnée 1 avril 2021 10 h 35

    Coup de dés

    Nous sommes presque les seuls , mis à part le Royaume-Uni, à déroger au protocole des pharmaceutiques tout en ignorant la durée de l’immunité après une première dose du vaccin. Ailleurs dans le monde, on insiste pour dire qu’une personne est vaccinée uniquement si elle a reçu les deux doses. La question se pose: quelle sera l’efficacité de la seconde dose administrée après quatre mois? Le doute et les supputations ont-ils leur place lorsqu’il s’agit de protéger la population?

  • Jana Havrankova - Abonnée 1 avril 2021 11 h 46

    Gaspillage possible des vaccins

    Alors que les fabricants recommandent 21 ou 28 jours entre les deux doses du vaccin et l’Organisation mondiale de la santé suggère de ne pas dépasser 42 jours, au Québec, le délai a été allongé à 16 semaines, 112 jours.
    Les anticorps antiviraux se trouvent à leur maximum environ 30 jours après la première dose du vaccin. En retardant la deuxième dose, on risque que le système immunitaire ait « oublié » la première dose et que la deuxième dose soit interprétée comme une première vaccination. Une troisième dose serait nécessaire pour une protection optimale…

    Ainsi, pour les populations les plus à risque de complications de la COVID, un raccourcissement du délai devrait être considéré, comme proposé par les auteurs.

  • François Beaulé - Inscrit 1 avril 2021 18 h 58

    Retarder la seconde dose est la bonne décision pour la santé publique

    Plus de gens seront vaccinés, plus la transmission du virus deviendra difficile. Voilà déjà les résultats qu'obtiennent les Britanniques : une réduction radicale du nombre de cas. À partir d'un certain seuil, 70 à 80 % de la population vaccinée, en continuant l'usage du masque et de la distanciation de 2 m, il y aura éradication du virus au bout de quelques semaines. Obtenir 70% de vaccinés prendra 2 fois moins de temps avec une dose qu'avec 2 doses.

    De plus, les immunodéprimés ne pourront pas obtenir une véritable immunité ni avec une dose, ni avec deux doses. Ils doivent donc se protéger jusqu'à l'atteinte de l'immunité collective. Qui surviendra 2 fois plus vite avec une dose.

    Les suppositions de madame Havrankova sur le « gaspillage des vaccins » ne sont que des suppositions justement.