Devrait-on obliger les professionnels de la santé à se faire vacciner contre la COVID-19?

Croyez-vous que le personnel du réseau de la santé devrait être contraint à recevoir le vaccin? Nous voulons vous lire, en commentaires.
Photo: Christophe Ena Associated Press Croyez-vous que le personnel du réseau de la santé devrait être contraint à recevoir le vaccin? Nous voulons vous lire, en commentaires.

Selon des informations obtenues par Le Devoir, un grand nombre de professionnels du réseau québécois de la santé refusent de recevoir le vaccin contre le nouveau coronavirus, même s’ils sont en contact avec des personnes à risque ou avec des personnes contaminées.

Le Devoir vous demande donc votre avis : croyez-vous que le personnel du réseau de la santé devrait être contraint à recevoir le vaccin ? Nous voulons vous lire, en commentaires.

Note de la rédaction

Le Devoir tente aujourd’hui une nouvelle expérience. Plutôt que d’ouvrir plusieurs textes aux commentaires des lecteurs, nous vous proposons une question à débattre pendant la journée, en lien avec l’actualité. Ce format nous permettra notamment de prendre le pouls de notre lectorat et de nous inspirer de votre participation pour développer des sujets et de répondre à vos questions. Nous regarderons de près les résultats de cette expérience pour voir comment la faire évoluer.

85 commentaires
  • Jean Martel - Abonné 17 mars 2021 00 h 48

    Il est important d'expliquer le bien fondé mais de ne pas obliger la vaccination, à mon avis

    Bonjour,
    Depuis le début de la pandémie je respecte les consignes même si je ne suis pas toujours convaincu qu'elles soient nécessaires ou bien orientées.
    J'aurais du mal à expliquer pourquoi mais si on nous oblige à se faire vacciner j'ai d'enormes réserves. Je suis présetement contre et je l'étais dès le début de la pandémie puisqu'une grande partie de la population a manifesté son intentionn de se le faire administrer.
    Je trouve qu'il y a suffisamment de promotions actuellement pour encourager la vaccination et qu'il y a une forte proportion de la population qui a déjà envie et hâte de se faire vacciner. Ce qui à mon avis aura pour effet d'éliminer l'effet de pandémie si les vaccins sont bons.
    Alors pourquoi obliger tout le monde à ce faire vacciner ?
    Car c'est ce que je crains, que si on ouvre la porte à l'obligation au personnel de la santé et qu'on reflechisse à la mise en place d'un quelconque passeport vaccinal, cela risque de nous conduire vers l'obligation pour tous de se faire vacciner. Et ce au lieu de se limiter à bien expliquer et prouver le bien fondé de le faire.
    Je dis non à l'obligation de se faire vacciner. Je crains beaucoup pour les dérives que cela pourrait générer.
    Jean P Martel
    Québec

  • Claude Coulombe - Abonné 17 mars 2021 01 h 14

    L’exercice d’une profession dans le domaine de la santé entraîne des devoirs comme celui de se faire vacciner

    En général, je préconise le dialogue et l’éducation mais en situation de crise sanitaire le bien commun doit prévaloir. La vaccination obligatoire des travailleurs de la santé m’apparaît une question de science mais surtout d'éthique. On ne parle pas de vacciner obligatoirement la population en général mais bien de la vaccination des travailleurs de la santé qui reçoivent un salaire pour leur travail (réciprocité) et qui devraient souscrire à un code déontologique minimal en plus d’avoir reçu une formation scientifique adéquate. L’obligation de se faire vacciner en situation de pandémie devrait faire partie des exigences minimales pour travailler dans le domaine de la santé (sauf conditions médicales avérées). Il y a des droits, mais il y a aussi des devoirs… ce que l’on semble négliger dans une société de plus en plus individualiste.

    Chacun a le droit à son opinion et à sa religion, mais il me semble que l’exercice d’une profession qui a une incidence sur la santé des autres doit être réglementé, surtout quand il est question de santé publique en contexte de pandémie majeure. Enfin, il y a des vérités scientifiquement démontrées qui se passent des opinions et des croyances de tout un chacun. La gravité, 1+1=2 et les vaccins ne sont pas négociables, ce sont des faits.

    J’aime bien l’idée d’obliger les abstentionnistes à signer une déclaration de responsabilité ou plutôt «d’irresponsabilité». Cette pièce devrait être versée à leur dossier d’employé. En admettant que les employés actuels aient un droit acquis, ne devrait-on pas exiger que les nouveaux employés se fassent vacciner? Voilà une clause à ajouter au contrat d’embauche.

    Scientifiquement et éthiquement vôtre

    Claude COULOMBE

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 17 mars 2021 09 h 41

      M. Coulombe, les choses sont plus complexes que vous pensez.

      Le droit international est formel; chaque personne soumise à un traitement expérimental doit y consentir de manière libre et éclairée.

      La campagne de vaccination au Québec se déroule selon un protocole qui n'est appuyé par aucune étude scientifique. C'est donc un traitement expérimental à grande échelle.

      Lorsqu'administrées espacées correctement (soit trois ou quatre semaines et non trois mois), les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna sont efficaces à 94% ou à 95%. En d'autres mots, il y a 5% ou 6% d'échec vaccinal.

      Or qu'arrive-t-il en cas d'échec vaccinal ? Les études ont démontré qu'aucun des vaccinés qui attrapent quand même le Covid-19 n'en meure et aucun l'attrape de manière suffisamment sévère pour être hospitalisé.

      En somme, ils l'attrapent de manière asymptomatique ou comme une grippette.

      Dans une autre étude réalisée récemment auprès de douze-mille vaccinés, celle-ci a démontré que le vaccin de Pfizer prévient 57 % des infections symptomatiques dès la première dose et 88 % après la deuxième dose.

      Si une dose vaccin protège à 57 %, cela veut dire que la vaccination échoue dans le reste, soit 43 % de ceux qui ne reçoivent qu’une seule dose.

      Dans le cas de la vaccination expérimentale du Québec, quel est le pourcentage d’échec ? On ne sait pas. Combien de vaccinés ont attrapé l’infection d’une manière suffisamment sévère pour être hospitalisés ? On l’ignore. Et quel est le pourcentage des vaccinés qui sont morts quand même du Covid-19 ? On l’ignore aussi.

      Je suis un partisan inconditionnel des vaccins. Et je veux me faire vacciner. Mais il est hors de question que je serve de cobaye aux incompétents qui dirigent la lutte sanitaire au Québec.

      J'attends donc l'arrivée des vaccins à une dose ou je prendrai avec plaisir la place d'un catholique qui refusera sa dose d'un vaccin d'AstraZeneca (qui lui, se donne à raison de deux doses espacées de trois mois).

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 17 mars 2021 13 h 34

      Petit détail : Bien porté, un masque N95 protège autant qu'un vaccin. En fait, un masque N95 est un vaccin amovible.

    • Serge Turgeon - Abonné 17 mars 2021 14 h 58

      Bien d'accord avec vous M.Coulombe.

    • Cyril Dionne - Abonné 17 mars 2021 16 h 07

      Je suis partiellement d’accord avec vous M. Coulombe. Oui, la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé est non seulement une question de science, mais surtout d'éthique. Mais selon toutes les chartes de ce monde, on ne peut pas forcer les gens à se faire vacciner. Aux États-désUnis, le taux de vaccination risque de ne pas dépasser le 50% et donc pour l’immunité collective qui se situe entre 70 à 80%, on repassera.

      Ceci dit, désolé pour M. Legault, mais tous les vaccins comportent des risquent. Oui, les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna sont efficaces à 94% ou à 95%, mais ces résultats reflètent seulement des sujets qui étaient jeunes et en pleine santé, ce qui veut dire, un système immunitaire qui fonctionne très bien. Certainement, du point de vue de l’État, plus qu’il a des gens vaccinés, il y a donc moins de chance que les hôpitaux soient engorgés et donc, moins de victimes.

      Il faut le dire, le vaccin à base ARNm n'est pas le même que celui de l'ADN et il ne peut pas se combiner avec notre ADN pour changer notre code génétique. En fait, il est relativement fragile et il ne restera à l'intérieur d'une cellule que pendant environ 72 heures avant de se dégrader. Mais personne n’a mentionné si la vaccination sera un processus que nous devrons suivre annuellement ou bien notre immunité nous protégera contre les prochains variants. Trop d’inconnus présentement et pas assez d’études à moyen et long terme. Personnellement, je préfère le vaccin Moderna pour des raisons que je n’énumérai pas ici.

      Enfin, les vaccins ne sont qu'un processus plus sophistiqué que celui de la variolisation du 18e siècle où on prélevait un échantillon du virus sur un sujet faiblement malade pour inoculer les gens. Non, on ne doit pas obliger les gens à se faire vacciner. Et pour Justin Trudeau, le meilleur vaccin pour vous n’est le premier qui vous est offert, mais le 2e ou le prochain pour une immunisation complète, si c'est possible évidemment.

    • Claude Coulombe - Abonné 17 mars 2021 17 h 38

      @Jean-Pierre Martel

      Cher Monsieur Martel, vous avez à la fois tort et raison. En effet, le monde est complexe et la science ignore beaucoup de choses, mais cela n'est pas une raison de paralyser ou encore d'agir irrationnellement.

      Je crois sincèrement que dans ces temps difficiles, les scientifiques et les politiciens de bonne volonté font de leur mieux, mais il y a de la place pour l’amélioration. Bien sûr, on a de gros égos, des complotistes et des incompétents, mais ce n’est qu’une petite fraction des personnes concernées. Rien n’est parfait, il faut juste apprendre de ses erreurs.

      On ne vit pas dans un monde parfait et simple... Malgré le temps de développement expérimental extrêmement court, des scientifiques plus intelligents que vous et moi ont réussi l'exploit de produire et tester dans les régles de l'art (essais contrôlés aléatoires) de nombreux vaccins et chaque semaine de nouveaux vaccins se qualifient. Les effets secondaires à l'échelle de quelques cas par millions sont impossibles à détecter même en phase 3 d'essai clinique. Il faut toutefois mettre dans la balance les ordres de grandeur des bénéfices versus des inconvénients.

      Aussi, tout traitement ou médicament peut être considéré comme expérimental car on ne peut garantir à 100% l'inocuité dans tous les cas possibles. C'est une simple question de combinatoire... Supposons qu'il n'y ait que 5 facteurs à contrôler, cela fait 2 à la puissance 5, sous-ensembles, 2*2*2*2*2, soit 32 combinaisons de facteurs possibles. En ne considérant que les interactions entre médicaments, avec seulement 10 molécules, on dépasse 1000. Or, il y a des milliers de substances artificielles, médicaments et autres facteurs environnementaux la combinatoire devient astronomique, un chiffre avec des centaines de décimales. Même si toute la population de la planète participait à l'essai clinique, il serait impossible de couvrir toutes les possibilités.

      Scientifiquement vôtre

      Claude COULOMBE

    • Marc Therrien - Abonné 17 mars 2021 18 h 09

      S’il y a des raisons éthiques d’obliger la vaccination des professionnels de la santé, il y a aussi sûrement des raisons éthiques de favoriser le libre choix. Le problème avec l’éthique tel que le définissait Wittgenstein c’est que « dans la mesure où l'éthique naît du désir de dire quelque chose de la signification ultime de la vie, du bien absolu, de ce qui a une valeur absolue, l'éthique ne peut pas être une science. » Il reste donc à s’entendre sur la valeur absolue qui nous ferait accepter d’emblée, sans questionnement, la vaccination obligatoire réservée aux professionnels de la santé qui sont d’abord et avant tout des citoyens qui, eux, bénéficient du libre choix.

      Marc Therrien

    • Claude Coulombe - Abonné 17 mars 2021 20 h 27

      @Cyril Dionne, @Marc Therrien,

      Messieurs, je vous rappelle bien respectueusement que l’éthique relève essntiellemement du souci que nous avons pour autrui.

      Votre refus du dogme imposé en apparence justifié, cache en fait un refus d’agir éthiquement et même raisonnablement. On retrouve là un discours du genre «La façon dont je vis ma vie ne regarde que moi.» ou encore «Personne n’a à me dire quoi faire ou ne pas faire». En fait cela revient à rejeter la “règle d’or” de la vie en société qui est l’éthique de réciprocité dont le principe fondamental est «Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse.», «La liberté de l’un s’arrête où commence celle de l’autre.» ou «Traite les autres comme tu voudrais être traité.». Même en considérant un point de vue "utilitariste" de l'éthique, ne pas se faire vacciner pour le personnel soignant a des conséquences plus importantes et à long terme sur les autres que la satisfaction à court terme que cela peut procurer à un individu.

      On peut parfaitement être non-religieux, athée ou agnostique et avoir un sens moral. Pour vivre en société il faut avoir un minimum d'éthique et de souci des autres à moins de se voir intrinsèquement le centre du monde et que les autres aillent se faire foutre.

      Que vous le vouliez ou pas nous vivons en société.
      Tout seul sur sa planète, un être humain n'aurait pas besoin d'éthique.

      Scientifiquement et éthiquement vôtre

      Claude COULOMBE

    • Marc Therrien - Abonné 17 mars 2021 22 h 18

      M. Coulombe,

      M'en vais relire Max Weber pour essayer de voir si votre éthique est d'abord celle de la conviction ou celle de la responsabilité.

      Marc Therrien

    • Cyril Dionne - Abonné 17 mars 2021 22 h 31

      Cher M. Coulombe,

      Ne vous méprenez pas sur moi, je suis d’accord que ceux qui oeuvrent en santé doivent se faire vacciner. Cela fait parti du contrat social parce que personne ne les a obligé à exercer cette profession. Idem pour moi, je veux être vacciné parce que je connais les ramifications de ne pas le faire. Pour l’éthique, elle est toujours proportionnelle à nos propres critères et inversement proportionnelle au carré de la distance de celle des autres. Les croyances personnelles n’ont rien à voir avec le fait qu’on soit athée, agnostique ou croyant; le sens moral découle plutôt d’une nécessité des espèces à survivre et à propager leurs gènes. Prenons par exemple l’immoralité de relations consanguines; cela ne fait pas des enfants forts.

      Ceci dit, ceux qui font la décision éclairée de ne pas se faire vacciner, eh bien, ils doivent en assumer les responsabilités personnelles. Ils ne pourront pas courir à l’hôpital pour se faire soigner sans en assumer la totalité des frais et peut être ceux encourus par les autres. C’est comme pour certaines religions qui ne croient pas aux transfusion de sang ou bien d’autres qui doivent porter une carte de publicité religieuse constamment sur leur tête de peur de faire de la « pépeine » à leur dieu personnel et donc pour eux, un casque protecteur en motocyclette est hors de question.

      L’éthique semble être de nature élastique en ces temps hyper-individualistes des chartes de toutes sortes. Prenons par exemple l’intelligence artificielle et par conséquent, le principe du « renverse engineering » où sont dérivés tous les vaccins de type ARNm. Cette séquence modifiée des quatre types d’acides aminés du code génétique berne nos cellules pour ne pas activer une tempête de cytokines et nous protège des attaques du coronavirus. En informatique, cette technique est utilisée par les « hackers ». Est-ce qu’on pourrait dire que les « hackers » médicaux sont heureusement des êtres éthiques dans leur immoralité?

    • Carmen Labelle - Abonnée 17 mars 2021 22 h 54

      Mais que faites-vous donc M.Coulombe du code de déontologie des professionnel-le-s selon lequel ils-elles ne doivent pas agir contrairement à leur conscience? Cela vaut pour leurs patients autant que pour eux-elles mêmes.

  • François Gagnon - Abonné 17 mars 2021 05 h 05

    Les professionnels de la santé et le vaccin

    Les professionnels de la santé qur refusent de se faire vacciner risquent de renforcer la méfiance de certaines personnes à l'égard des vaccins. Cette responsabilité devrait les faire réfléchir.
    Personne ne devrait être forcé de recevoir un vaccin s'il ne le veut pas. Par contre, un professionnel ou une professionnelle de la santé qui nie l'efficacité des vaccins, malgré les preuves scientifiques à cet effet, devrait voir son permis de pratique révoqué parce qu'il ou elle met en danger les personnes ầ qui il ou elle pourrait transmettre le virus et aussi parce qu'il est normal de douter de la compétence d'une personne qui nie la méthode scientifique sur laquelle se fonde la médecine.
    Cette mesure serait conforme au passage suivant du serment professionnel des médecins : «J’exercerai la médecine selon les règles de la science et de l’art et je maintiendrai ma compétence; >>

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 17 mars 2021 10 h 03

      Surement que ça donnera des munitions aux complotistes qui sont contre le vaccin.

  • Yvan Michaud - Abonné 17 mars 2021 05 h 47

    Oui

    Oui.

  • Réjean Martin - Abonné 17 mars 2021 06 h 00

    Les contraindre, oui

    On doit contraindre ces personnes à se faire vacciner. Force majeure. Santé publique. On peut prévoir toutefois l'opposition de leurs syndicats.

    • René Reid - Abonné 17 mars 2021 09 h 07

      D'accord avec vous M. Martin. Par contre, les syndicats représentent TOUS leurs membres. À ce titre, ils devraient prendre fait et cause en faveur de leur vaccination, voire mettre de la pression sur les récalcitrants. Car celui qui refuse le vaccin met à la fois ses patients et ses collègues à risque. Le vaccin fait partie de l'équipement de protection individuel contre cet ennemi qu'est le coronavirus. Quel policier accepterait de faire équipe avec un collègue refusant de porter son arme de service?