Pour la Fondation Jean Paul Riopelle à l’EBAM

«Les architectes Omer Marchand et Ernest Cormier ont signé un magnifique bâtiment dans lequel de grandes salles pourraient facilement accueillir les grandes œuvres de Riopelle», écrit Françoise Sullivan.
Photo: Jean Gagnon Creative Commons «Les architectes Omer Marchand et Ernest Cormier ont signé un magnifique bâtiment dans lequel de grandes salles pourraient facilement accueillir les grandes œuvres de Riopelle», écrit Françoise Sullivan.

L’idée de loger la Fondation Jean Paul Riopelle à l’ancienne École des beaux-arts de Montréal (EBAM), telle que présentée dans l’édition numérique du Devoir le 18 février dernier, est très pertinente et j’y souscris entièrement.

J’y souscris pour redonner à un bâtiment patrimonial non utilisé la place qu’il a eue pour les arts visuels et l’architecture au pays. Les architectes Omer Marchand et Ernest Cormier ont signé un magnifique bâtiment dans lequel de grandes salles pourraient facilement accueillir les grandes œuvres de Riopelle. Je connais bien cet édifice pour y avoir étudié. Il est aussi situé dans un quartier de la ville où plusieurs membres du groupe des automatistes ont fait leurs études, ont tenu leurs premières expositions, ont eu leurs studios et ont vécu. C’est également un bâtiment qui tient une place importante dans l’histoire de l’architecture ; un bâtiment unique dans l’histoire culturelle de Montréal. On devrait lui redonner une place à la hauteur de son passé.

J’y souscris parce que je crois que Jean Paul Riopelle mérite d’avoir un lieu où on pourra apprécier son œuvre sur une base permanente. Il est le seul artiste canadien à avoir été reconnu sur la scène internationale dès les années 1950 et à s’y être maintenu par la suite. C’est un grand parmi les grands. J’ai été témoin de l’exposition Riopelle-Mousseau à l’appartement de Muriel Guilbault en 1947, où Riopelle présentait une œuvre de 1946, totalement indépendante de l’expressionnisme américain tel qu’il se pratiquait alors à New York. Montréal était à cette époque le centre des arts visuels d’avant-garde au Canada.

Le projet de la Fondation J. P. Riopelle est de produire des expositions, des publications et des colloques pour une meilleure connaissance de Riopelle, certes, mais aussi des artistes qui ont gravité autour de lui au Canada et dans le monde. C’est un projet qui nous donnerait l’occasion de mieux faire connaître notre place dans l’histoire occidentale des arts visuels. De plus, située au centre-ville de Montréal, dans le Quartier des spectacles et près de la Place des Arts, la Fondation serait facilement accessible aux touristes.

En tant que membre du groupe des automatistes et signataire de Refus global, j’appuie avec passion l’idée de voir la Fondation Jean Paul Riopelle logée à l’ancienne École des beaux-arts de Montréal. Il serait si agréable de voir ce projet réalisé pour 2023, année du 75e anniversaire de Refus global (août 1948) et du 100e anniversaire de naissance de Jean Paul Riopelle (1923).

Je remercie la Fondation Jean Paul Riopelle pour son projet. Sa réalisation nous donnera l’occasion de connaître davantage l’artiste exceptionnel qu’a été Jean Paul Riopelle et son œuvre ambitieuse et bien ancrée dans le réel. L’actuelle exposition du Musée des beaux-arts de Montréal nous le montre très bien.

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