L’inquiétante intolérance de la nouvelle commissaire antiracisme

Le rôle de choisir une personne chargée de faire reculer le racisme, bien réel et vécu à Montréal, n’est pas chose facile. Informé des objections qui pouvaient être faites à l’endroit de la commissaire désignée, Bochra Manaï, un des porte-parole de la mairesse a indiqué que « la Ville ne peut pas, légalement ou moralement, rejeter un candidat qualifié sur la base de ses positions ou emplois passés. »

Tout au contraire, les positions et les emplois passés ne sont-ils pas un indicateur essentiel pour juger de la capacité de la personne choisie d’accomplir sa tâche d’écouter, de rassembler, d’agir sur un sujet délicat avec le plus de nuances possible et par conséquent d’obtenir des chances de succès ?

Sa définition du racisme

La définition que Mme Manaï a du racisme est évidemment au cœur de la question. Rappelons que le racisme est fondé sur une idéologie, sur la croyance qu’il existe une race supérieure.

Or, la religion n’est pas une race !

N’en déplaise au parti municipal au pouvoir et au conseil municipal qui ont condamné à l’unanimité la loi 21 sur la laïcité. À l’encontre des 65 % des Montréalais qui favorisent l’interdiction des signes religieux pour les policiers et 58 % pour les enseignants (Crop sur la RMR novembre 2018).

Mme Manaï a donné en 2019 un discours rempli d’amalgames où elle a inscrit dans la même logique l’adoption de la loi sur la laïcité, l’attentat de la mosquée de Québec et celle de Christchurch (Nouvelle-Zélande). Elle a même indiqué que « le Québec est désormais une référence pour les suprémacistes extrémistes du monde entier ».

Estime-t-elle que la loi 21 sur la laïcité est raciste ? Cela semble être le cas puisque cinq fois, en entrevue au 98,5 FM avec Bernard Drainville, elle a refusé de se prononcer sur cette question. Qui ne dit mot consent !

Pense-t-elle donc que la forte majorité des Montréalais favorables à cette loi présentent des symptômes de racisme ?

Les défenseurs de la laïcité bafoués

Désormais, la commissaire chargée de faire reculer le fléau raciste, ne devrait-elle pas se prévaloir de cette forte tradition historique québécoise favorable à la séparation des religions et de l’État ?

On sait qu’un bon nombre de Québécoises musulmanes ou nord-africaines ont soutenu le combat pour la laïcité, celles qu’elle accuse d’être des « laïcardes ». Loin de se montrer respectueuse des divergences d’opinions au sein de la diversité québécoise, irresponsable, Mme Manaï a nommément accusé ces femmes d’avoir précipité « les Québécois dans une chasse aux musulmans » faisant d’elles des cibles à abattre pour les islamistes, les réduisant à de « pseudo-intellectuelles assurément exotiques ».

La critique confondue avec la haine

Sa définition du racisme est également problématique et dépasse le simple mépris pour ses contradicteurs au sujet de la laïcité. Dans un texte sur l’islamophobie, elle explique clairement que toute critique de l’islam est une forme de racisme contre les musulmans :

« Les détracteurs du terme islamophobie évoquent l’idée qu’il est possible de « critiquer » l’islam, sans pour autant « détester » les musulmans. Or, cette hostilité qui s’exprime à l’encontre de l’islam comme religion semble directement liée au rejet des musulmans eux-mêmes. »

Elle souscrit donc à « toutes les définitions de l’islamophobie comme racisme. » Ne distinguant pas la lutte contre l’islam radical, la critique de la religion et le racisme.

Avis donc à tous ceux qui osent dire que l’islam, même modéré, est fondamentalement inégalitaire, — comme d’ailleurs le judaïsme ou le christianisme. Ils sont, au vu de la commissaire, des racistes.

La commissaire Manaï juge-t-elle avec moins d’ouverture d’esprit les Montréalais qui critiquent l’islam radical ? Ou encore estime-t-elle que des imams et des ayatollahs extrémistes qui endoctrinent ceux qui décapitent et tuent au nom du prophète ailleurs sont des victimes ?

Ne serait-ce que pour ces amalgames qui ne distinguent pas la lutte contre l’islam radical et la critique de la religion, la mairesse de Montréal n’aurait jamais dû la nommer.

Les coupables sont-ils les démocrates ?

Dans un texte intitulé « Le quiproquo de la radicalisation », elle qualifie de « vaste supercherie » l’idée que des imams radicalisés poussent au crime et au djihad des jeunes Montréalais. Il s’agit, écrit-elle d’une « pseudo-théorie de la radicalisation comme processus théologique » promue à son avis, par les services de renseignements occidentaux. On convient que le processus de radicalisation des djihadistes occidentaux est un phénomène complexe lié à plusieurs facteurs.

Cependant, la négation obstinée de Mme Manaï du rôle joué par les réseaux islamistes violents, radicaux et financés par l’Iran, l’Arabie saoudite ou le Qatar, relève d’un dangereux aveuglement, d’un manque de discernement et de nuances.

Montréal a été épargnée, ces toutes dernières années, par le phénomène, mais l’Europe occidentale en constate les dégâts quotidiennement.

On pourrait penser que la nouvelle commissaire estime au moins que les assassins des caricaturistes et du personnel de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher à Paris ont répondu aux appels aux meurtres lancés par les imams et les ayatollahs violents du Moyen-Orient, appels relayés par des prédicateurs djihadistes locaux. Pas du tout !

L’Occident responsable du manque d’intégration ?

Dans un texte ahurissant consacré à cette tuerie, Mme Manaï porte la totalité du blâme sur la France et les écueils qu’ont connus ses politiques d’intégration. La nouvelle commissaire s’attriste même du fait que son analyse sur l’échec des valeurs républicaines françaises « échappe à ces millions de marcheurs » réunis dans la foulée de l’attentat pour défendre le droit à la liberté d’expression et réprouver la haine de la civilisation occidentale portée par les djihadistes.

Si le texte juge que la politique française envers sa population arabe et ses banlieues a créé des conditions de l’aliénation d’une partie de la jeunesse, on est surpris de ne pas y lire à tout le moins un mot sur la coresponsabilité des recruteurs islamistes.

Une nuance ici, la France qui nous a précédés sur ce chemin a compris que pour vivre harmonieusement il faut séparer l’islamisme de l’islam.

Les forces maléfiques occidentales

Mme Manaï introduit bien dans son texte un élément géopolitique. Elle parle de « l’union des forces maléfiques » qu’elle décrit ainsi : « une solidarité inconditionnelle des États les plus meurtriers de l’Histoire ». Elle qualifie de « forces maléfiques » les pays occidentaux qui ont participé à des opérations militaires au Moyen-Orient. Elle ne parle ni de l’Iran, ni de l’Irak, ni des talibans, ni de la Turquie, etc.

Tous ces écrits sont disponibles sur le site du Huffington Post Québec.

Ne serait-ce que pour ce délire spirituel, la mairesse de Montréal aurait dû choisir un/e candidature avec un profil de rassemblement, de tolérance et surtout de pédagogie citoyenne.

L’idée que se fait Mme Manaï du racisme et des racistes, des Montréalais et des Québécois, est qu’ils portent en eux ce dangereux stigmate du racisme, qu’elle a pour mandat de les accompagner et de les redresser sur les chemins de la tolérance et de l’acceptation de l’autre, c’est-à-dire sur le chemin de l’acceptation de l’islam radical et contre cette dangereuse loi de la laïcité.

Faire, entre autres, cet amalgame entre race et religion revient à la négation totale de la liberté de conscience, une liberté des plus fondamentales qui est au cœur de la démarche laïque. Comment peut-on lutter contre le racisme et contre la discrimination tout en bafouant complètement cette liberté fondamentale ?

Alors que la laïcité permet justement une neutralité viable pour TOUS les citoyens, quelles que soient leurs convictions religieuses.

* Parmi les signataires 

Louise Beaudoin, ex-ministre des Relations internationales (Québec)

Agnès Maltais, ex-ministre de la Culture et des Communications (Québec)

Évelyne Abitbol, ex-conseillère spéciale à la diversité culturelle à l’Assemblée nationale

Mohand Abdelli, P. Eng., ingénieur retraité, Montréal

Jawad Amerzouk, chercheur doctorant en sociologie des problèmes publics, et conseiller en développement des compétences (UQAM)

Suzie Baillargeon, enseignante retraitée pour enfants immigrants

Daniel Baril, vice-président du Mouvement laïque québécois (MLQ)

Frédéric Bastien, historien

Sylvie Bergeron, écrivaine

Étienne-Alexis Boucher, Société nationale de l’Estrie

Zahra Boukersi, enseignante

Ferid R. Chikhi, conférencier et formateur

François Côté, avocat

Claude Kamal Codsi, président du Rassemblement pour la laïcité (RPL)

Francine Desjardins, gestionnaire

Andrée Devault, professeure à la retraite

Amin Djema, gestionnaire TI et vlogueur

Anne-Emmanuelle Lejeune, membre du CA, PDF-Québec

Nadia El-Mabrouk, membre du RPL

Marie-Claude Girard, membre du RPL

Louise Guilbault, membre de PDF-Québec

Ensaf Haidar, militante et défenseure de la laïcité (FRBL)

Hassan Jamali, écrivain et professeur à la retraite

Lucie Jobin, membre du RPL

Yves Laframboise, membre du RPL

Richard Lajoie, enseignant

Ghisline Larose, féministe

Mona Latif-Ghattas, écrivaine

Leila Lesbet, présidente PDF.Québec, CSF 2013-2018

Christine Levesque, professeure et membre du CA de PDF.-Québec

Hélène Massé, enseignante

Léon Ouaknine, écrivain

David Rand, président, Libres penseurs athées (LPA)

Andréa Richard, membre de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ)

Louis Robichaud, artiste

Guillaume Rousseau, avocat

Johanne St-Amour, féministe

Ferroudja Si Hadj Mohand, membre de l’Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité (AQNAL) féministe universaliste

Claire Simard, professeure-chercheuse retraitée et membre du CA de PDF-Québec

Khaled Sulaiman, journaliste et écrivain

Nicole Vermette, orthopédagogue retraitée, membre de PDF-Québec

Michel Virard, président, Association humaniste du Québec (AHQ)

76 commentaires
  • Yvan Rondeau - Inscrit 22 janvier 2021 00 h 47

    Je souscris totalement à cette lettre ouverte

    Dénonciationon ne peut plus claire et explicite. Je souscris.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 22 janvier 2021 06 h 46

      Moi aussi.

    • Nadia Alexan - Abonnée 22 janvier 2021 09 h 36

      Je suis tout à fait d'accord avec les propos de cette lettre collective.
      Madame Plante va regretter cette nomination de la Commissaire à la lutte contre le racisme, comme Trudeau a regretté sa nomination de madame Payette, la Gouverneure générale qui vient de démissionner. Madame Plante ne comprend pas que la laïcité est la meilleure politique pour une société saine et harmonieuse. Les sociétés qui ne font pas la séparation entre la Religion et l'État sont vouées à l'échec et deviennent ingouvernables comme le Liban.
      Plus important encore, la critique de l'islam politique ne constitue pas l'islamophobie comme le prétende madame Manaï. On a le droit de critiquer les religions sans se faire taxer de racisme et de xénophobie.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 janvier 2021 10 h 19

      J'abonde dans votre direction M. Rondeau. Moi aussi, non seulement je souscris, mais je persiste et je signe.

      Ceci dit, pourquoi avoir un commissaire antiracisme alors que le racisme n'existe pas au Québec si on exclut la loi fédérale sur les Indiens et les corps policiers?

      Pourquoi avoir un commissaire antiracisme alors qu’on ne peut même pas définir le racisme systémique sans élargir la définition qui inclut tout le monde, même ceux qui se disent racisés?

      Pourquoi avoir un commissaire antiracisme alors que d’autres ethnies contestent sa nomination parce que selon eux, elle n’est pas de la bonne couleur?

      Pourquoi avoir un commissaire antiracisme qui amplifiera les divisions basées sur un concept qui n’existe même pas en biologie ou en sciences et qui ne nous conduira certainement pas vers une communion sociétale?

      En fin de compte, on aimerait que nos racisés nous donnent un exemple factuel et en temps réel sur le racisme systémique au Québec si on exclut les deux propositions étalées plus haut, soit la Loi sur les Indiens et les corps policiers. Là-dessus, bonne chance.

    • Joliane DG - Abonnée 22 janvier 2021 11 h 27

      Moi aussi

    • Daphnee Geoffrion - Inscrite 22 janvier 2021 11 h 54

      Ces femmes musulmanes acceptent de jouer la contre partie d'une religion extrêmement mysogine et homophobe au Qc en 2020, ce sont des traitres conscientes ou inconscientes.

      Derrière leur beau sourire ce cache la promotion de la censure de la critique religieuse.
      Au lieu de l'imposer avec un AK 47, elles nous culpabilisent avec le sourire dans les médias.
      Je ne sais pas ce que je trouve le plus inquiétant entre les deux..

      Comme les noirs qui ont participés à l'émancipation de l'esclavagisme, ou des juifs qui auraient collaborés avec les nazis..les femmes musulmanes " modernes" qui sont dans l'espace publique pour protéger l'image de leur religion sont tout simplement anti féministe, n'ont plus de jugement et n'ont pas leur place au Qc dans des poste de haute fonction et dans les médias.

      Cette nomination nous dis que de cibler le voile est plus que néssécaire mais clairement pas encore assez pour empêcher les dérives religieuses dans nos systèmes.

      Et que dire de Mme.Plante, une femme qui parasite toute sorte de cause paradoxale pour avoir une image positive.
      On n'améliore pas la condition d'une femme en l'appelant autrice plutôt qu'auteur mais en nommant des femmes indépendantes intectuellements de tout dogmes religieux dans les postes décisionnels et de haut niveau.
      Car ce sont grâces à ces parasites qui utilisent les combats sociaux pour se positionner et se définir que les religions ont autant d'exposition partout.

      Mal au coeur...

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 janvier 2021 12 h 29

      "La laïcité est la meilleure politique pour une société saine et harmonieuse." - Nadia Alexan

      La véritable laicité "de l'État", oui.

      Mais la loi 21 et cette manipulation électorale sur les signes religieux, non.

      Tous ceux et celles qui s'intéressent à la loi 21 devrait écouter cette vidéo:

      
« Le projet de loi sur laïcité décortiqué » - Pierre Bosset, Le Devoir


      https://youtu.be/defdzFhh6DE

    • Daphnee Geoffrion - Inscrite 22 janvier 2021 13 h 54

      M.Montmarquette..
      Préparez vous à bien pire que PL21...

      Chez Qs, vous sous estimez l'écoeurantite aigue voir l'hémoragie interne des Québécois face aux religions, TOUTE!! Et pas juste les de souches mais les québécois de tout origine face à l'approche de l'Islam.

      Vous défendez l'indéfendable, à moin que la science ai démontrée hors de tout doute que la femme est inférieure à l'homme, vous êtes dans le champ du côté religieux, vous défendez le médium qui sert les plus grands agresseurs de la femme de l'histoire de l'humanité.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 22 janvier 2021 14 h 36

      A M. Montmarqeuute

      Livre paru, fin 2020, par Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur de l'Éducation en France:"Comment on a laissé l'islam pénétrer l'école."

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 janvier 2021 16 h 21

      @Pierre Grandchamp,

      Autant la Commission des droits de la personne que les études sérieuses démontrent qu'il y a eu l'équivalent de zéro problème de signes religieux dans les services publics.

      Vous devriez écouter la vidéo "non partisane" du Devoir postée plus haut, au lieu de répandre les idées reçues par des partis néolibéraux "INTÉRESSÉS" comme l'ADQ, le PQ et la CAQ, pour détourner les citoyens de leurs véritables intérêts.

      
« Le projet de loi sur laïcité décortiqué » - Pierre Bosset, Le Devoir


      https://youtu.be/defdzFhh6DE

    • Pierre Desautels - Abonné 22 janvier 2021 16 h 34


      "Ceci dit, pourquoi avoir un commissaire antiracisme alors que le racisme n'existe pas au Québec si on exclut la loi fédérale sur les Indiens et les corps policiers?" - Cyril Dionne.

      Ha!Ha!Ha! Pas de racisme au Québec. Voilà, nous sommes le peuple élu du chanoine Groulx. Et pour tous ces nationâleux qui crient au racisme du Canada contre les Québécois à l'année longue, le Canada n'est pas une race.

    • Nadia Alexan - Abonnée 22 janvier 2021 18 h 08

      À monsieur Montmarquette: Vous voulez toujours détourner l'idée objective de la laïcité en lui prêtant une motive partisane. Ce n'est pas vrai.
      Un membre de la Commission Stasi chargée d'examiner l'interdiction du voile dans les écoles de la France était venu ici, il y a quelques années, pour expliquer les raisons pour lesquelles la Commission a conclu que le port de signes religieux dans les écoles n'était pas une bonne idée.
      Il a expliqué que derrière leurs parents, les jeunes filles étaient venues voir les commissaires pour les supplier d'interdire le port du voile à cause du harcèlement des jeunes filles qui ne portaient pas le voile par les garçons.
      La neutralité de l'état et la séparation entre la religion et la gouvernance n'ont rien à faire avec les partis politiques. Monsieur Guy Rocher, un des Pères de la Révolution tranquille appuie la laïcité, comme Monsieur Norman Baillargeon et beaucoup d'autres qui se qualifient de la gauche sont contre le port de signes religieux dans la fonction pudique censée être neutre.

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 janvier 2021 19 h 04

      "Vous voulez toujours détourner l'idée objective de la laïcité en lui prêtant une motive partisane. Ce n'est pas vrai". - Nadia Alexan

      Vous vivez sur une autre planète.

      Ça fait depuis 2007 qu'autant l'ADQ, le Bloc, le PQ et désormais la CAQ en font un enjeu électoral central et es Maltais, Beaudoin, Bastien sont aujourd'hui bien là pour le confirmer. Et alors qu'il a été démontré que, non seulement, il n'y a pas de problème de signes religieux dans les services publics et les écoles, mais que la loi 21 n'améliore en rien le système d'éducation qui, d'autre part, tombe en ruine pour votre information, notamment à cause du manque criant d'enseignantes.. (alors, excluons quelques enseignantes de plus.. ça va sûrement aider!)

      La loi 21 est une solution qui non seulement se cherche un problème, mais sert surtout à faire voter des naïfs sur un enjeu complètement inutile; alors qu'il y a des problèmes sociaux et environnementaux criants dans la société.

      La laïcité, c'est la séparation du pouvoir politique du pouvoir religieux faite depuis les années soixante, et non l'exclusion de certains citoyens, et particulièrement des femmes, en fonction de leur religion.

      Votre position n'est pas une position laïque. C'est une position "anti-religieuse", ce qui n'a rien à voir avec la "neutralité de l'État" face aux religions et tout avec leur aversion.

      Cessez donc de vous cacher derrière la laïcité pour dissimuler cette aversion, c'est clair comme de l'eau.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 janvier 2021 21 h 50

      Cher M. Pierre Desautels,

      SVP nous donner des exemples patents de racisme systémique au Québec. Et on veut des faits et non pas des ouï-dire. On attend votre réponse patiemment.

  • Pierre Langlois - Inscrit 22 janvier 2021 00 h 54

    Tout dépend de l'article 1 de la Charte canadienne des droits et libertés de la personne.

    La loi 21 est indéniablement discriminatoire, si modérée soit-elle selon ses nombreux partisans. Il reste à savoir si, en vertu de l'article 1 de la Charte canadienne des droits et libertés de la personne, il est justifiable, dans le cadre d'une société libre et démocratique, de discriminer les personnes croyantes qui trouvent important, ou même nécesssaire d'afficher leur foi partout et en toute circonstance. Ces personnes, pour la plupart, appartiennent à des minorités ethniques comme les musulmans, les sikhs et certains juifs ortodoxes. Si cette discrimination n'est pas justifiable, elle est raciale puisque certaines minorités ethniques sont oppressées à cause de leur pratique religieuse. Cette discrimination est aussi sexuelle car ce sont principalement les femmes qui en sont victimes.

    Ainsi, il est possible que, d'un point de vue constitutionnel, la loi 21 soit raciste et sexiste, n'en déplaise aux signataires de cette lettre d'opinion.

    On peut être pour le principe de la laïcité, mais s'opposer à l'application qu'en fait le gouvernement actuel. Il faut laisser à Bochra Manaï l'occasion de faire ses preuves. Si elle s'oppose au principe même de la laïcité, elle risque fort de se casser les dents.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 22 janvier 2021 08 h 36

      M. Langlois,

      Nos propres religieux et religieuses ont enlevé leurs signes ostentatoires dans l'espace public, autour de 70-72. En 1998, les commissions scolaires passeront de confessionnelles à linguistiques; en 2005, l'enseignement religieux disparaitra du curriculum.

      Ce qui est discriminatoire :que des gens essaient de nous faire reculer d’une cinquantaine d’années.

      Jean-Pierre Obin, un ancien inspecteur de l’Éducation en France, a publié récemment : « Comment on a laissé l’islam pénétrer l’école »

      En conclusion, cette dame a le droit à son opinion. Le problème, en ce qui me concerne : elle n’a pas la crédibilité pour assumer ce poste.Il faut blâmer¸surtout, Valérie Plante et cie.

    • Gilberte Raby - Abonnée 22 janvier 2021 09 h 20

      Ce qui est discriminant, ce sont surtout les symboles religieux.... je ne comprends pas. Je crois que la loi 21 prévient et empêche la discrimination.

    • Denis Forcier - Abonné 22 janvier 2021 09 h 49

      J'appuie tout à fait votre propos. En effet, tant que le plus haut tribunal du pays n'aura pas tranché à savoir si cette discrimination est acceptable dans une société libre et démocratique, le débat démocratique dans un sens comme dans l'autre est tout à fait justifiable. Pour ma part , je crois que cette loi 21 pourrait être amendée, et même dès maintenant, pour ne retenir l'interdiction du port de signes religieux que pour les fonctions coercitives. Mais aussi pour y inclure un code d'éthique de la laïcité , lequel pourrait, par exemple, inviter les Québécois à la célébration de la liberté de conscience ( en passant, tant pour l'enseignante que pour ses élèves ) pendant une semaine annuelle pour laquelle chacun et chacune serait invité à laisser à la maison tout signe religieux, démontrant ainsi une parfaite liberté de porter ou pas ce signe religieux. Ceci , permettrait à nos enseignantes voilées québécoises de se soustraire de l'emprise islamiste mondiale qui tend à contraindre les femmes partout dans le monde a l'obligation de porter le voile.

  • Yves Corbeil - Inscrit 22 janvier 2021 00 h 56

    Et si le problème n'était pas Bochra Manaï

    Mais tout simplement celle l'a nommé, qui gouverne la ville « sanctuaire » depuis trop longtemps tant qu'à moi en regardant la dégradation de celle-ci depuis qu'elle est en poste, Montréal est sale et c'est une honte pour une métropole. Ceux qui en avaient les moyens l'on fuit, ceux qui ne les avaient pas la maudit et ceux qui sont complaisants, neutres, indifférents, un peu déçu ne vivent pas dans les mêmes quartiers que les précédents. Tu ne peux dirigé la métropole en porte-à-faux avec le reste de la province et j'espère que cette anomalie sera régler au prochain scrutin municipale.

    • Louise Collette - Abonnée 22 janvier 2021 08 h 29

      Je suis d'accord avec vous mais il n'en reste pas moins que Montréal était sale avant la venue de la mairesse. Elle n'y a pas remédié, pas sa priorité il me semble et, ça n'a pas l'air de la préoccuper du tout.

  • Claude Bariteau - Abonné 22 janvier 2021 01 h 31

    Mme Bochra Manaï n'a pas pour mandat de s'opposer la loi sur la laïcité, ni à promouvoir le multiculturalisme, un concept canadien, encore moins de s'opposer à la conception du racisme du Premier ministre Legault, mais de développer des programmes et des actions qui visent à corriger les pratiques racistes et discriminatoires identifiées par l’OCPM au sein des institutions relevant de la Ville de Montréal.

    Embauchée par la Ville de Montréal, on pouvait présumer, ce que je fis, que le comité de sélection avait bien analysé la candidature de Mme Manaï et évalué sérieusement ses qualifications et ses prises de position publiques personnelles et à l’emploi de divers organismes avant de décider de lui confier le poste de commissaire.

    Les éléments révélés par les signataires de cette lettre témoignent clairement que le comité de sélection aurait surtout pris en considération les qualifications de Mme Manaï et beaucoup moins ses positions publiques qui laissent voir des biais analytiques et un parti pris qui s‘éloignent des objectifs visés par la Ville de Montréal pour corriger sans partialité les pratiques racistes et discriminatoires identifiées par l’OCPM.

    Indépendamment du fait que les signataires fassent écho à la laïcité comme protectrice des libertés fondamentales et au choix de l’État du Québec d’en baliser les règles, il y avait obligation de la Ville non pas de « rejeter un candidat qualifié sur la base de ses positions ou emplois passés », mais de choisir un candidat dont le dossier ne porte pas ombrage au statut de commissaire.

    C’est ce point délicat que soulève cette lettre. Il revient à la Ville d’expliquer que le dossier de Mme Manaï ne comportait aucun élément susceptible de porter ombrage au poste de commissaire sur lequel elle a postulé. Sila Ville demeure vague et silencieuse sur ce point, elle se discréditera et discréditera le poste de commissaire.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 janvier 2021 10 h 23

      Ils ont analysé la candidature de Mme Manaï de la même façon que Justin Trudeau lorsqu'il a nommé Julie Payette comme la 29e gouverneure générale du Canada.

    • Jean-Charles Morin - Inscrit 22 janvier 2021 13 h 41

      "Il y avait obligation de la Ville non pas de « rejeter un candidat qualifié sur la base de ses positions ou emplois passés », mais de choisir un candidat dont le dossier ne porte pas ombrage au statut de commissaire." - Claude Bariteau

      Le problème, Monsieur Bariteau, réside dans le fait que "les positions ou emplois passés" - autrement dit le passé du candidat - constituent des éléments significatifs de son dossier qui peuvent miner sa crédibilité et, par conséquent, porter ombrage à son nouveau statut de commissaire.

      Comme le dit le proverbe: "Le passé est garant de l'avenir". Cela prend une forte dose de foi aveugle pour croire qu'une personne, suivant le poste qu'elle occupe, se révèlera soudainement comme le contraire de ce qu'elle était.

      On doit garder en mémoire qu'environ cent vingt candidats ont manifesté de l’intérêt pour le poste. Selon la Ville, il faudrait croire que la meilleure du lot serait une militante islamique anti-loi 21? Quelqu'un semble ici prendre les gens pour des valises ou encore obéit à un agenda politique qu'il dissimule sous un vernis factice d'objectivité.

    • Claude Bariteau - Abonné 22 janvier 2021 15 h 40

      M. Morin, un dossier, en plus des qualifications (études et diplômes obtenus) comprend aussi les activités professionnelles, les publications et les prises de position publiques et le candidat doit répondre aux questions que lui posent un comité de sélection, que ce soit en direct ou par rencontre par vidéo.

      Selon ce processus, le passé et les positions du candidat sont évalués et font partie des éléments qui justifient une décision positive ou négative. C'est dans ce cadre qu'un comité doit choisir un candidat « dont le dossier ne porte pas ombrage au statut de commissaire».

      Aussi, est-il ridicule de lire qu'un représentant de la ville ait dit qu'il était impossible de «rejeter un candidat qualifié sur la base de ses positions ou emplois passés», car ce serait discriminatoire. On accepte ou rejette un candidat sur la base de plusieurs informations selon, généralement, une grille d'évaluation qui les qualifient.

      C'est pour ce motif qu'il revient à la Ville de clarifier la façon dont s'est réalisée l'évaluation des 120 candidats.

  • Pierre Boucher - Inscrit 22 janvier 2021 06 h 48

    Plante

    Mme Sourire viens de se Planter une fois de plus.

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 janvier 2021 11 h 09

      J'imagine que vous lui préférez un bon vieux mononc libéral comme Denis Coderre qui voulait privatiser l'ïle Sainte-Hélène pour un faire un cimetière pour animaux..

    • Daphnee Geoffrion - Inscrite 22 janvier 2021 12 h 50

      M.Montmarquette,
      Saviez vous que Denis Coderre est le premier maire à avoir mis dans le budget de la ville les coûts des activités montrealaises du Club des petits déjeuners?
      Cet organisme fantastique qui distribue mieux et plus vite des cheerios dans les écoles du Qc que Trudeau des vaccins dans nos chsld..

      Passé inaperçue, je connais bien l'organisme, depuis fini l'anxiété pour des centaines de bénévoles qui devaient courailler les dons et des repas assurés pour nos petits montréalais au bedon vide.

      Ca, c'est une action d'aide direct au démunis .
      Nommez moi une chose que Mme.Plante a fait de concret? Pas changer le nom d'une rue ou vanter le mot autrice là..une action qui a eu un impact sur les démunis à longterme.

      Elle chiale contre Legault sur l'itinerance ( moi aussi!) Mais elle a accès à des locaux, des bus chauffés, des cols bleues, les pompiers, le service de police, des privées à la botte de la ville..
      Elle fait quoi avec ces ressources ?? Aucune initiave à part attendre..
      Faut pas toujours se fier à l'image..Non je ne m'ennuie pas de Coderre...mais out Plante, comme Qs, elle a passée à côté et elle n'aura que elle à blâmer.
      Vous êtes condamnés à maximum 4 ans de remonté, ca c'est la bonne nouvelle, nous vivons en démocratie.
      Vous nous avez bien eu!!