Garder la tête froide

Plutôt que de désespérer sur la durée toute relative de cette crise inédite, ne vaudrait-il pas mieux garder notre énergie pour mener le bon combat contre la COVID, suggère l'auteur.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Plutôt que de désespérer sur la durée toute relative de cette crise inédite, ne vaudrait-il pas mieux garder notre énergie pour mener le bon combat contre la COVID, suggère l'auteur.

Dans Le Devoir du 7 janvier dernier, on trouvait ce point de vue du vice-président du CA de l’Association des psychologues du Québec, Gaëtan Roussy, concernant la détresse publique dans le contexte de la pandémie de coronavirus : « Ce n’est pas seulement long, mais on n’a pas de date butoir […] Le problème c’est que les gens font des efforts depuis tellement longtemps et la situation empire malgré tout. »

En effet, rien ne semble s’arranger et l’on ne voit pas venir la fin. Malgré tout, j’ai sursauté en lisant « tellement longtemps ». De quoi parle-t-on vraiment ? D’environ dix mois de contraintes, avec un interlude de quatre mois, entre juin et octobre. Certes, la pandémie tue, la pandémie perturbe, la pandémie fait ressortir la légèreté et l’impréparation de notre société. Mais à l’échelle de l’histoire, que sont dix mois ?

Je ne puis m’empêcher de songer ici à la Seconde Guerre mondiale, où de nombreux pays ont dû souffrir pendant près de cinq ans des exactions d’un conflit dont on ne voyait pas non plus venir la fin. Nous souffrons sans aucun doute des effets de la pandémie, mais dans un contexte où il n’y a pas à subir les avanies d’une armée d’occupation, avec son cortège de rationnement, de violences et d’incertitudes.

Depuis mars dernier, nous ne souffrons en général ni du manque d’essence ou d’électricité, ni de la famine, ni des dénonciations arbitraires (du moins veux-je le croire). Personne n’a à craindre ni explosion ni bombardement, et le couvre-feu à la grandeur du territoire n’a été mis en place que depuis le samedi 9 janvier dernier. Remontons encore un peu plus loin et l’on retrouve, avec la guerre 1914-1918, des armées entières enfouies pendant des mois dans des tranchées boueuses, malodorantes et dangereuses, sans aucune justification probante a posteriori. Tout cela mérite réflexion.

Plutôt que de désespérer sur la durée toute relative de cette crise inédite, ne vaudrait-il pas mieux garder notre énergie pour mener le bon combat contre la COVID, en nous entraidant et en respectant le mieux possible les règles auxquelles on nous demande de nous astreindre ? Elles n’ont sans doute pas fait toutes leurs preuves, mais ce sont les seules dont nous disposons à ce jour. En ce début de janvier, nous avons la chance d’avoir un hiver clément et propice aux activités extérieures. Allons jouer dehors, gardons la tête froide et le masque en poche. Toute cette crise aura une fin et il faut nous y employer collectivement dès à présent.

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