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Réaction de Pierre Hélie à la lettre «Le Québec, champion mondial de la brutalité»

«Les confinements et maintenant le couvre-feu n’ont pas été accompagnés d’une stratégie
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne «Les confinements et maintenant le couvre-feu n’ont pas été accompagnés d’une stratégie "tester-retracer-isoler" énergique ou efficace, ce qui semble être la clé du succès de plusieurs pays asiatiques», déplore l'auteur.

Suite aux nombreuses réactions négatives à ce texte que j’ai cosigné, j’aimerais apporter des précisions à nos détracteurs :

Je n’ai pas et n’ai jamais sciemment eu de lien avec quelque personne ou groupe complotiste, que j’abhorre autant que vous. Je n’étais pas au courant des liens de Mme Mandeville avec ce mouvement et, l’avoir su, j’aurais refusé de cosigner la lettre à ses côtés. Je déteste messieurs Trump, Bolsonaro et consorts tout autant que vous. Je suis toutes les consignes à la lettre et porte le masque depuis avril 2020 pour protéger les autres, bien avant que le gouvernement ne le recommande.

Je suis d’accord que le titre est inadéquat, mais c’est le contenu qui m’importait. Une erreur peut-être, mais de bonne foi.

Je donnais mon appui au contenu de la lettre en tant que citoyen qui se pose des questions que je crois légitimes sur la gestion de la pandémie et ne prétendais en aucun cas que mes diplômes me conféraient une compétence particulière ; j’aurais donc dû demander de ne pas mentionner ma profession. Je ne prétends pas détenir la vérité et comprends bien que nous vivons une situation exceptionnelle. Si j’ai décidé de cosigner, c’est que je suis inquiet pour les plus démunis de notre société, les gens en CHSLD et les jeunes générations qui paient un tribut selon moi disproportionné, et non pas pour la « libarté ».

Ceci étant dit, je crois toujours que la stratégie du gouvernement est discutable, tel que mentionné dans la lettre, principalement parce que les confinements et maintenant le couvre-feu n’ont pas été accompagnés d’une stratégie « tester-retracer-isoler » agressive ou efficace, ce qui semble être la clé du succès de plusieurs pays asiatiques. Le Québec, embourbé dans un système rigide et inefficace, n’a, semble-t-il, pas profité de l’accalmie estivale pour améliorer cette stratégie et a même été jusqu’à ignorer pendant des semaines les tests rapides pourtant largement disponibles et certifiés par Santé Canada pour des motifs au bas mot douteux et n’a corrigé le tir qu’après des révélations dans les médias. Les Drs Nabarro et Ryan de l’OMS ont clairement dit que leur organisation ne préconisait pas le confinement comme principale manière de contrôle ce virus, cette stratégie radicale en étant une de dernier recours en raison de ses effets délétères sur la santé physique, mentale et économique des gens. Par ailleurs, la gestion des CHSLD a été catastrophique dès le début, avec les mouvements de personnel et de patients, ce qui a été interdit par la Colombie-Britannique, qui a évité les hécatombes que nous avons connues ; il semble que ces mouvements demeurent possibles pour le personnel infirmier… Enfin, je crois que le gouvernement aurait pu assigner les voyageurs internationaux à résidence dans des hôtels réquisitionnés pour s’assurer que ces gens ne causent pas d’éclosions. Souvent citée en modèle, l’Australie a été beaucoup plus stricte sur la quarantaine imposée à ces touristes.

Cette lettre fait suite à ce texte d’idées : Le Québec, champion mondial de la brutalité