Amnistie internationale contre la loi 21

«Bien que la Loi sur la laïcité prétende proscrire le port des signes religieux en général, reconnaissons que le véritable objet d’opprobre est ici le voile islamique et ses dérivés», estime l'autrice.  
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne «Bien que la Loi sur la laïcité prétende proscrire le port des signes religieux en général, reconnaissons que le véritable objet d’opprobre est ici le voile islamique et ses dérivés», estime l'autrice.  

Amnistie internationale est certes reconnue pour ses actions en faveur de la libération des prisonniers et prisonnières d’opinion. Cependant, notre mission n’est pas de combattre les dictatures, mais de combattre toute violation de droits de la personne, y compris au sein des États démocratiques, en vertu de la Déclaration universelle des droits de l’homme. D’où notre contestation de la loi 21.

D’entrée de jeu, bien que la Loi sur la laïcité prétende proscrire le port des signes religieux en général, reconnaissons que le véritable objet d’opprobre est ici le voile islamique et ses dérivés.

Notre façon de percevoir les coutumes et les croyances des autres est modelée par notre environnement social et culturel. C’est ainsi que plusieurs d’entre nous perçoivent la femme musulmane comme étant « nécessairement soumise et victime ». Et que le gouvernement du Québec a déclaré que le voile était sans conteste une manifestation de l’inégalité des genres et une menace à la laïcité.

En 1994, à Montréal, le cas d’Émilie Ouimet, une fillette portant le voile à l’école, avait généré une réflexion, puis une prise de position officielle. Il n’était pas question de laïcité, mais de la menace ressentie à l’égard des droits des femmes. Il a été convenu qu’il valait mieux laisser la jeune fille voilée sur les bancs de l’école publique plutôt que de risquer qu’elle en soit retirée par sa famille.

Puis est arrivé le 11 septembre 2001. Un peu partout, les personnes présumées être d’origine musulmane ont fait l’objet de la vindicte populaire. S’en est suivie une montée des idéologies identitaires de part et d’autre.

Au Québec, comme dans plusieurs pays européens, les gouvernements ont voulu procéder à l’interdiction du voile par l’adoption de lois. La France, le Danemark, les Pays-Bas, l’Espagne, la Bulgarie et la Belgique ont adopté de telles lois. Lesquelles ont été accompagnées de débats houleux, chargés idéologiquement, amenant à des « alliances contre nature » entre l’extrême droite populiste et les courants féministes et laïques. Malgré ces lois, le débat fait toujours rage, et le vivre ensemble est de plus en plus difficile. Apparemment, ce n’est pas la voie à suivre.

Amnistie internationale, conformément à son mandat, s’est prononcée contre ces lois, car elles contreviennent à la liberté de religion et ne répondent pas aux critères des limitations permises par la Charte internationale des droits de l’homme.

Il se peut que certaines musulmanes soient contraintes de porter le voile par leur entourage. Mais nous ne pouvons présumer que c’est forcément le cas. Il est également possible que certaines personnes portant un signe religieux puissent s’adonner à du prosélytisme. Est-ce que le seul fait de ne pas porter cet attribut empêche cela ?

Combattre la discrimination

Néanmoins, il n’est ni interdit ni condamnable d’exprimer des critiques et des désaccords envers les religions et leurs pratiques. Il n’y a rien de malsain à se dire heurté par le port du voile islamique. Cela ne nous donne pas pour autant la permission d’interdire l’expression des croyances d’autrui. La Déclaration universelle des droits de l’homme, comme les chartes québécoise et canadienne, est un instrument qui a été conçu justement pour nous permettre de vivre en paix et en sécurité avec les personnes qui ne sont pas d’accord avec nous, et vice-versa.

En outre, l’État québécois a le devoir de protéger les femmes des pressions visant à les obliger à porter un attribut ou un autre. Or, la loi 21 ne fait rien de cela. Au contraire, elle ne fait qu’accentuer le risque que des femmes soient isolées dans la sphère privée parce qu’elles ne peuvent plus enseigner ou exercer une profession dite « en autorité ».

Le gouvernement du Québec aurait dû, au contraire, chercher à mettre en place des initiatives pour combattre les discriminations auxquelles les musulmanes sont en butte, tant au sein de leur milieu que dans la société québécoise en général. L’objectif de l’État québécois doit être d’habiliter les femmes à prendre leurs propres décisions, plutôt que de limiter le nombre de choix qui s’offrent à elles. Il a l’obligation de prendre les mesures positives nécessaires à la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ces mesures doivent combattre les discriminations vécues par les femmes et leurs causes profondes, et non leurs symptômes.

Le Québec ne saurait s’acquitter de son obligation de combattre la discrimination en imposant une mesure qui est elle-même discriminatoire. L’exercice du droit à la liberté de religion ne peut se faire au détriment de la réalisation du droit à la liberté, à l’égalité et à la dignité des femmes. Et le contraire est aussi vrai. Les droits sont « indivisibles et interdépendants ».

80 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 20 novembre 2020 01 h 01

    Le port du voile provient d'un mouvement politique qui n'a rien à faire avec la croyance.

    Malheureusement, vous n'avez rien compris, madame. La loi sur la laïcité en France date de l'année 1905 et n'a rien à faire avec le voile. Plus important encore, derrière leurs parents, les jeunes filles musulmanes sont allées supplier les membres de la Commission Stasi sur l'application du principe de laïcité dans les écoles, parce qu'elles avaient assez d'être harcelées par les garçons qui se moquaient d'elles parce qu'elles ne portaient pas le voile è l’école.
    La laïcité au Québec était envisagée par les Pères de la Révolution tranquille depuis les années 1960. Pour accommoder les immigrants et pour respecter toutes les croyances, l'on a enlevé le crucifix de salles de classe et l’on a arrêté l'endoctrinement du catéchisme dans les écoles.
    Loin de contraindre les femmes et les isoler à la maison, la loi leur donne le prétexte de sortir de l'enfermement du carcan islamiste et de se libérer de ce fardeau misogyne qui n'est jamais un choix libre. Même le président progressiste, Kemal Atatürk, le père de la Turquie moderne, avait proscrit le voile, ce symbole de l'aliénation et de la dégradation de la femme.
    Amnistie internationale a tort. Vous devriez vous éduquer sur cette question, madame.

    • Pierre Desautels - Abonné 20 novembre 2020 09 h 03


      " L'on a enlevé le crucifix de salles de classe et l’on a arrêté l'endoctrinement du catéchisme dans les écoles."

      L'endoctrinement du catéchisme a sévi dans nos écoles jusqu'en 2005. Dans la plus pure indifférence.

    • Denis Forcier - Abonné 20 novembre 2020 09 h 12

      Madame Alexan, pour défendez à toutes occasions la loi 21 et vous le faites avec conviction . Mais de laisser croire que la laïcité québécoise est une occasion de libérer des femmes soi-disant obligées de porter le voile est pour le moins une utilisation malveillante de la laïcité. D'autant plus , que pour ces nouvelles enseignantes soumises à l'interdiction de porter le voile, ou encore bénéficiant de soi-disant droits acquis, mais avec des limites pour leur avancement professionnel, n'est rien de plus cette fois -là qu'une réelle soumission mais cette fois à la laïcité. Amnestie international a raison de contester cette loi 21 de la laïcité parce qu'elle est en fait simplement et politiquement une loi anti-voile. Une honte démocratique!

    • Alain Roy - Abonné 20 novembre 2020 10 h 13

      Bravo Mme Alexan, bien dit et bien visé. Je me permets d'ajouter que la loi sur la laïcité de 1905 visait surtout le pouvoir dominateur de l'Église catholique sur l'éducation. Aujourd'hui, le voile islamique est plus visible que la soutane du curé. Ce n'était pas le cas au début du 20ème siècle.

    • Jean Tardif - Abonné 20 novembre 2020 10 h 15

      La prémisse de madame Langlois est fausse et met à mal son argumentation idéologique : le véritable objet de la loi 21 n'est pas l'opprobe du voile musulman et de ses dérivés. Au contraire, cette loi vise à imposer la neutralité à tous ceux qui occupent une fonction publique d'ailleurs bien identifiée. Obliger un policier, un militaire, un avocat à la cour, à porter un uniforme dans l'exercice de son travail est une exigence de neutralité qu'il doit accepter comme liée à sa fonction.

      Le voile n'est nullement une obligation religieuse imposée par le Coran. Son usage s'est répandu, y compris dans les pays musulmans comme l'Égypte, la Tunisie, la Turquie, etc., porté par le militantisme de l'islamisme politique désormais bien documenté et dont on commence à mesurer les effets qui portent d'ailleurs atteinte à la liberté d'expression accusée d'islamophobie si elle ose critiquer cette croisade politique.

      Au fond, l'idéologie multiculturaliste et racialiste, bien décrite par F. Bastien dans sa récente contribution, conduit à une fragmentation de la société et à la multiplication des revendications qui mettent en cause le modèle d'intégration qu'exige toute société pour constituer un vivre-ensemble et non une simple juxtaposition d'individus, dans un ensemble où l'équilibre des droits et devoirs est défini par la politique et non par des dogmes.
      La loi 21 respecte l'exercice de toutes religions qui doivent en retour accepter la primauté des lois publiques, ouvertement contestée par l'islamisme politique dans les pays occidentaux.

      Amnistie internationale serait mieux avisée de combattre les véritables discriminations comme celles qui frappent les Intouchables en Inde, les Kurdes et les Arméniens, les minorités religieuses interdites ou ostracisées dans plusieurs pays arabes.

    • Hélène Paulette - Abonnée 20 novembre 2020 12 h 13

      "Dans la plus pure indifférence"?
      Monsieur Desautels, Pauline Marois en tant que ministre à l'Éducation (1996-98) a transformé les commissions scolaires de confessionelles à linguistiques sous la pression d'organismes qui soutenaient la laïcité, principalement à Montréal. Mais la déconfessionalisation a été combattue en région pricipalement par Monseigneur Ouellette et n'a pu être concrétisée avant que Legault devienne ministre à l'Éducation, grâce au rapport Proulx et au soutien des associations pronant la laïcité..

    • André Chevalier - Abonné 20 novembre 2020 13 h 02

      Denis Forcier,
      Il apparaît évident que s’il n’y avait pas eu cette exigence de la part de certaines musulmanes, certains sikhs ou juifs de pouvoir porter leurs attributs religieux dans les services publics, on n’aurait pas la loi 21. Dans les faits, cette loi les vise donc particulièrement.
      Mais est-elle discriminatoire pour autant?
      Depuis les années soixante lorsque les communautés catholiques ont décidé de se départir de leurs attributs religieux visibles pour ne pas heurter les croyances des autres, la discrétion quant à l’étalage des conviction religieuse était une habitude tellement ancrée et universelle dans la mentalité québécoise qu’on n’avait jamais senti la nécessité de légiférer à ce sujet. Nous voyions cette habitude comme allant de soi, une question de savoir-vivre. Il n’y a donc rien de discriminatoire dans le fait d’exiger qu’ils fassent preuve du même savoir-vivre à notre égard.
      Autrement dit, le fait que nous nous soyons départis de nos attributs religieux dans les services publics, c'était une façon de tendre la main à ces communautés, mais eux, en retour, crachent dedans.

    • Nadia Alexan - Abonnée 20 novembre 2020 16 h 49

      À monsieur Denis Forcier: «La vraie honte démocratique» est de museler la liberté de pensée en laissant faire le prosélytisme religieux berner la liberté de conscience de nos jeunes.

  • Michel Lebel - Abonné 20 novembre 2020 03 h 22

    En accord

    En accord avec cette prise de position d'Amnistie internationale. Les droits et libertés sont ''indivisibles et interdépendants''.

    Michel Lebel

    • Louise Melançon - Abonnée 20 novembre 2020 09 h 07

      Courte vue juridique!

    • Denis Langlois - Abonné 20 novembre 2020 09 h 08

      et donc M. Lebel, comme il n'y a pas lieu de discriminer ENTRE les convictions, selon vous j'ai aussi le droit de porter des signes de mes convictions politiques quand j'enseigne ou si je suis fonctionnaire???
      Je rappelle ici que la Cour européenne, s'agissant de la laïcité, ne partage pas votre point de vue... souffrez que je préfère cette jurisprudence à votre doctrine.

    • Céline Delorme - Abonnée 20 novembre 2020 09 h 58

      A M Lebel,
      Mme Langlois qui serait directrice générale d'Amnistie Internationale se permet de citer la Cour Internationale Européenne des Droits de l'Homme, mais sans avoir aucunement vérifié ce qu'elle prétend. Cette attitude porte atteinte à l'honneur de cet organisme, autrefois, synonyme de rigueur et de probité.
      Voici le site officiel de cette cour, pour informer Mme Langlois:
      Vous y trouvez de multiples exemples où la Cour Européenne refuse les plaintes envers les règles d'habillement des Etats pour leur fonction publique.

      Citation: "La Cour a déclaré la requête irrecevable (manifestement mal fondée). Elle a estimé que, en ce qui concerne particulièrement les rapports entre l’État et les religions, il y a lieu d’accorder une importance particulière au rôle du décideur national. Dans une société démocratique, l’État est en droit de limiter le port du foulard islamique si cela nuit à l’objectif visé de protection des droits et libertés d’autrui. En l’espèce, la requérante avait librement adhéré au statut de fonctionnaire..."

      https://www.echr.coe.int/Documents/FS_Religious_Symbols_FRA.pdf

    • Michel Lebel - Abonné 20 novembre 2020 12 h 00

      @ Louise Mélançon,

      Que voulez-vous, comme démocrate, je crois à l'État de droit et donc au respect de tous les droits et libertés. Je sais fort bien que la question du port du voile islamique dans les écoles est sujet à débat en Europe. Je ne partage pas l'opinion de la Cour européenne des droits de l'Homme. Mais L'Europe est l'Europe et non le Canada, Québec inclus!

      M.L.

  • Jacques-André Lambert - Abonné 20 novembre 2020 03 h 27

    Nous ne pouvons présumer…

    Dans un monde idéal, les religions sont des parcours spirituels vers la réconciliation, l’amour et la paix universelle.

    La chrétienté sans croisade ni guerre de religion. L’islam sans le djihad. Le judaïsme sans Eretz Israël. Les bouddhistes sans le massacre des Rohingyas. C’est écrit dans l’histoire humaine. Sinon, le Pakistan ne serait jamais devenu un pays.

    - Dieu est grand, disait l’un. - Mais il ne rend pas aveugle, rétorquait l’autre.

    Pourtant, c’est à genre de cécité que se soumet Amnistie Internationale.

    Rien dans la religion n’oblige le Juif à porter la kippa, le Sikh à porter le turban, la musulmane le voile, l’animiste un gris-gris ou un chrétien la croix. Amnistie-Internationale prêche pour la liberté de conscience. Moi, je considère qu’il s’agit d’intégrisme ou de prosélytisme quand on aborde l’exercice du pouvoir civil.

    Parce que c’est ça, simplement ça la Loi 21. Le pouvoir vient de l’État laïc. Et cet État laïc charge certains fonctionnaires d’exercer l’autorité en son nom.

    Sans qu’un choix religieux n'interfère, ne vienne heurter le choix d’un autre. Ou sa liberté de suivre d'autres chemins.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 novembre 2020 18 h 42

      "Parce que c’est ça, simplement ça la Loi 21. Le pouvoir vient de l’État laïc. Et cet État laïc charge certains fonctionnaires d’exercer l’autorité en son nom." - Jacques-André Lambert

      Les enseignants.tes NE SONT PAS des représentants.tes de l'État.

      Pas plus que les infirmières, les médecins ou les préposés.es à l'entretien.

      Ce sont des EMPLOYÉ.ES de l'État.

      À la limite, j'aurais pu admettre que les policiers, les juges, les procureurs de couronne, le président de l'Assemblée nationale ou encore le lieutenant-gouverneur du Québec représentent l'autorité de l'État.

      Mais certainement pas des profs, des employé.es du système de santé.. ou pourquoi pas, des ouvriers de la voirie un coup parti?

      L'intégrisme anti-religieux des laïcistes est franchement déconcertant.

      La laïcité, c'est la séparation du pouvoir politique du pouvoir religieux et non la discrimination de certains citoyens en fonction de leur pratique personnelle de leur religion.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 novembre 2020 00 h 10

      « Les enseignants.tes NE SONT PAS des représentants.tes de l'État. » Christian Montmarquette

      Ah! Non. Ils sont payés par l’État et ils doivent suivrent les lignes directrices du Ministère de l’éducation de l’État sinon ils perdent leur emploi. C’est ce qu’on appelle des représentants de l’État.

      « If it looks like a duck, swims like a duck, and quacks like a duck, then it probably is a duck. »

  • Serge Lamarche - Abonné 20 novembre 2020 04 h 30

    Bien d'accord

    Enfin un article intelligent et qui a du sens. La loi 21 est une hypocrisie. La loi devrait simplement interdire aux religions d'obliger le port de tel ou tel attribut. Si quelqu'un ne veut pas porter turban ou voile ou crucifix, ils peuvent se plaindre et obtenir réparation. Et les «obligateurs» peuvent payer amandes, aller en prison, etc.

    • Cyril Dionne - Abonné 20 novembre 2020 11 h 26

      D’entrée de jeu M. Lamarche, faire le jeu des extrémistes religieux comme s’accorde à faire cette organisation bidon, eh bien, vous ne vivez pas sur la meme planète que nous. Vous ne pouvez pas hériarchiser la liberté de religion au dessus de toutes les autres. Toutes les libertés ont leurs limites pour le bien commun.

      C’est quand même comique de parler des droits des femmes voilées d’enseigner dans les écoles publiques tout en occultant le fait des droits inaliénables des enfants de recevoir une éducation sans prosélytisme et sans endoctrinement qui ont un effet de filiation hors des confins de la maison. C’est ne pas comprendre la dynamique scolaire et les enfants qui sont en train de former leur esprit et qui n’ont pas encore les filtres nécessaires pour ne pas être influencés par la personne qui est la plus importante dans la salle de classe, l’enseignant.e.

      Dire sans rire que des femmes sont contraintes de porter le voile et dans la même phrase dire que ce n’est pas présument le cas est une insulte à l’intelligence. Idem pour le prosélytisme en salle de classe. Vous savez, nul besoin de dire un mot aux enfants lorsque vous portez une publicité de votre ami imaginaire favori sur votre personne, symboles ostentatoires obligent. Enfin, toutes les religions monothéistes font preuve de misogynie et d’homophobie.

      Bon parlons des chartes québécoise et canadienne. La première a été adoptée par un gouvernement québécois qui comptait plus de 102 députés libéraux sur 110. Ils auraient pu passer toutes les lois du monde. La deuxième, eh bien, le Québec ne l’a jamais signée et entérinée et donc aux yeux des Québécois, est elle nulle et non avenue. Pour la Déclaration universelle des droits de l’homme, elle nous vient des Nations unies qui entretiennent des nations comme la Chine et la Russie sur le conseil des droits de l’homme. On pourrait continuer en disant que l’Arabie saoudite est membre de la Commission de la condition de la femme des Nations unies. Misère.

    • Serge Lamarche - Abonné 20 novembre 2020 17 h 00

      M. Dionne, vous êtes moins logique et honnête que bavard. Ma suggestion de loi ne fait pas le jeu des extrémistes. Les jeunes femmes qui se rebellent sont nombreuses. Les obligateurs auraient des problèmes.
      Les femmes et les hommes portaient toutes sortes de couvre-chefs sans trop de problèmes pendant des siècles. C'était même une source de revenus en Nouvelle-France et au Canada. Faut pas croire que les enfants soient des têtes de linottes, ils cessent de croire au Père Noël malgré tous les efforts faits pour les enfirouapper.
      La charte québécoise défend la liberté de religion aussi. Ce que vous voulez sont que les costumes obligatoires des écoles privées soient appliquées à tous le monde. C'est la même chose que les fanatiques religieux sauf que vous êtes un fanatique anti-religions.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 novembre 2020 00 h 22

      Cher M. Lamarche, revenir trois siècles en arrière avec vos couvre-chefs de tous les genres n'aide certainement le débat. Nous sommes en 2020. Les croyances religieuses sont contraires à tous les concepts scientifiques qu’on enseigne dans les salles de classe. Les croyances créationnistes des religions monothéistes se butent toujours aux curriculums que nous avons à enseigner.

      En passant, je suis enseignant et donc, je connais bien la salle de classe et les enfants. Juste pour vous dire que j’avais déjà porté un chandail de hockey du CH une certaine journée spéciale et à la fin du mois, presque tous les élèves étaient des fervent fans du CH. Si j’avais fait de même avec un chandail de Toronto, le résultat aurait été le même. Et le Père Noël n’a rien à voir avec ce débat.

      Et on est tous persuadé que les amis imaginaires de ceux qui insistent pour porter leurs publicités ostentatoires en salle de classe comprendraient qu’ils peuvent les enlever devant les enfants dans les écoles publiques durant les heures de travail. En tout cas, les parents sont très insistants sur le sujet.

  • Christian Labrie - Abonné 20 novembre 2020 06 h 25

    Le voile et l’Islam

    Le port du voile fait-il vraiment partie de la religion islamique? Plusieurs musulman le conteste. Cela ne ferait pas partie des prescriptions du Coran semble-t-il. Le port du voile ne ferait pas partie de la pratique de la religion, et de la liberté de religion, mais de l'expression de sa foi, de la liberté d'expression. La liberté d'expression est déjà limitée dans certaines circonstances, pour les opinions politiques ou autres chez les fonctionnaires. Est-ce que AI conteste cette limitation de l'expression de ses opinions chez les fonctionnaires, au moment de l'exercice de leur profession?