Croyants du Québec, réveillons-nous!

«Est-ce logique de limiter à 25 personnes l’entrée pour une messe dominicale à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, alors que celle-ci peut très bien accommoder plus de 1800 personnes en temps normal?», se demande l'auteur.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «Est-ce logique de limiter à 25 personnes l’entrée pour une messe dominicale à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, alors que celle-ci peut très bien accommoder plus de 1800 personnes en temps normal?», se demande l'auteur.

Quel bonheur d’entendre, dimanche dernier, en première mondiale, la pièce Prayer de la compositrice canadienne Vivian Fung, ainsi que Das Lied von der Erde de Gustav Mahler à l’occasion de la 40e saison de l’Orchestre Métropolitain !

Ce moment de joie s’est pourtant vite évanoui au sortir de la Maison symphonique. En effet, quelle ne fut pas ma déception de lire, à la suite du point de presse du gouvernement du Québec, qu’encore une fois, les croyants de la province se verraient restreindre l’accès aux rassemblements dans les lieux de culte, ceux-ci passant de 250 à 50 personnes, voire à 25 dans certaines régions.

Dans les zones orange, comme à Montréal et à Québec, on nous demande donc de limiter l’accès à nos églises à 25 personnes. C’est à se demander si nos dirigeants politiques connaissent la réalité de nos lieux de culte !

Dans ces régions, nos bâtiments et lieux de rassemblement peuvent souvent recevoir des centaines, voire des milliers de personnes. Dorénavant, chaque lieu ne pourra accueillir que 25 personnes, sans prise en compte de l’espace réellement disponible. Est-ce logique de limiter à 25 personnes l’entrée pour une messe dominicale à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, alors que celle-ci peut très bien accommoder plus de 1800 personnes en temps normal ?

Pourquoi ne pas faire confiance aux diocèses et aux évêques qui, dès le début de la pandémie, ont pris des mesures proactives pour limiter la propagation du virus et qui respectent scrupuleusement les mesures sanitaires dictées par la Santé publique afin de protéger les fidèles ?

Pourquoi restreindre les rassemblements de manière unilatérale alors qu’aucune éclosion du coronavirus n’a eu lieu dans un lieu de culte et que les nombreux bénévoles continuent à mettre en pratique les consignes sanitaires de façon exemplaire ? Y a-t-il un plus grand danger de contagion dans les églises que dans les salles de cinéma ou dans les salles de spectacle ? Y a-t-il lieu de placer nos églises dans la même catégorie que les bars et les karaokés ? Cela est tout simplement inconcevable.

Réagissant à cette nouvelle, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec déplore le manque de collaboration des autorités gouvernementales pour une meilleure communication avec les leaders religieux, et ce, depuis le début de la crise.

Le fait que la réouverture des lieux de culte a été reléguée aux « phases ultérieures » du déconfinement au même titre que les bars et les croisières a déjà été accueilli avec beaucoup d’incompréhension par les croyants en juin dernier.

Un service essentiel

Nous sommes pourtant tous d’accord sur l’importance et l’urgence de protéger la population et ses membres les plus vulnérables, surtout en cette deuxième vague. Et que dire de l’activité économique, qui elle, doit bien sûr se poursuivre afin de permettre à notre société de fonctionner?

Toutefois, au-delà des besoins économiques, pourrions-nous enfin reconnaître les besoins spirituels des gens ? On ne peut nier le fait que l’augmentation du niveau de stress et l’isolement liés à la pandémie sont aussi des éléments à prendre en considération. Les croyants du Québec, qui sont des citoyens à part entière, ont besoin du service essentiel qu’est la pratique de leur foi au quotidien et en communauté, et ce, tout particulièrement en cette période de crise qui avive plus que jamais la recherche du sens de la vie.

Ces dernières heures, j’ai reçu plusieurs appels et messages de croyantes et de croyants de diverses religions qui sont découragés et à bout de souffle.

Bien que nous ne manifestions pas sur la place publique pour faire entendre notre point de vue, nous attendons du gouvernement l’attention et la reconnaissance dues aux citoyennes et citoyens qui pratiquent leur religion dans le respect le plus strict des règles sanitaires. Croyantes et croyants, réveillons-nous !

20 commentaires
  • Yvon Montoya - Inscrit 24 septembre 2020 06 h 17

    Le catholicisme, une usurpation du christianisme originel inventé bien après la mort d’un certain Christ, est comparé à un « service essentiel » comme le seraient les supermarchés voire la SAQ? Dieu est partout et pas necessairement dans une église pourtant. C’est le grand avantage des religions que de prier partout sans besoin de batiments trop riches en apparats comparé aux non-possessions du Christ dit historique. Décidément il y a bien du monde à ne pas accepter le «  souci d’autrui » lors d’évènements aussi grave qui nous mettent tous a l’épreuve societalement. Sacré monde ayant perdu toute lucidité.

    • Marcel Vachon - Abonné 24 septembre 2020 10 h 37

      Les messes et cérémonies religieuses se font dans des lieux comme les églises monsieur Montoya. Pas aux domiciles.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 24 septembre 2020 10 h 45

      "Le catholicisme, une usurpation du christianisme originel inventé bien après la mort d’un certain Christ, est comparé à un « service essentiel » comme le seraient les supermarchés voire la SAQ? Dieu est partout et pas nécessairement dans une église pourtant." - Yvon Montoya

      Monsieur Montoya, la question ici n'est pas de savoir si le catholicisme est un culte légitime ou une quelconque "usurpation".

      Votre anticléricalisme viscéral fausse toute votre réflexion sur l'accessibilité des églises aux fidèles en ces temps de pandémie.

      En toute logique, le nombre de personnes admises à l'intérieur d'un bâtiment devrait se baser sur la superficie de ce dernier et non sur un chiffre limitatif lancé en l'air puis appliqué aveuglément partout.

      Le "souci d'autrui" que vous invoquez ne doit pas devenir un prétexte commode pour tout interdire sans discernement.

    • Joël Tremblay - Abonné 24 septembre 2020 12 h 20

      Quel est le but de votre commentaire?

      Qu'est-ce que vous voulez dire?

      Je le lis et relis sans pouvoir le comprendre.

    • Marc Therrien - Abonné 24 septembre 2020 17 h 20

      Il n’y a pas que les catholiques qui sont croyants. Peut-être que le Gouvernement Legault se méfie davantage des « autres » dont la ferveur religieuse pourrait contribuer à de plus grands rassemblements. Pour le reste, on peut comprendre que parfois l’excès de lucidité peut vous rendre plus souffrant certaines journées, car comme l’a écrit Romain Gary : « Quand on comprend tout, on fait toujours une dépression nerveuse grave. C'est la lucidité qui veut ça. »
      Pseudo - Romain Gary

    • Pierre Grandchamp - Abonné 25 septembre 2020 11 h 24

      " La preuve est que le Festival de Lanaudière a eu la permission de présenter une série de spectacles à l’intérieur de la Cathédrale de Joliette avec une limite de 250 personnes. La question qu’il faut donc se poser: pourquoi une église comme notre cathédrale peut accueillir 250 personnes pour un spectacle, mais seulement 50 personnes pour une célébration religieuse ?"
      http://www.diocesedejoliette.org/fr/news-item/Mgr|

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 24 septembre 2020 07 h 58

    Que ferait le Bon Pasteur en pareilles circonstances? Il profiterait de l'occasion pour mieux évangéliser et mieux convertir.

    J'ai lu et relu attentivement votre opinion et vous donne maintenant la mienne, celle d'un croyant pratiquant. J'ai fait de même pour le décret et consulté le site du Ministère: le gouvernement y traite distinctement les bars et les lieux de culte.La logique gouvernementale en est une de retraçage rapide et efficace ou de dépistage coorect des personnes susceptibles d'avoir été en contact avec une autre porteuse du virus: moins il y en a, mieux c'est facile et au-delà d'un certain nombre, c'est inutile. L'on sait que les personnes les plus vulnérables à la COVID-19 composent l'immense majorité de l'assistance à une messe et certaines cérémonies amènent par la suite un grand nombre de personnes à se réunir dans une salle où le respect des normes sanitaires fout le camp. Ce serait mieux si on prenait les présences aux deux endroits, un peu comme le font certains restaurants. Selon moi, la confiance aux évêques doit être toute relativisée parce qu'ils soustraitent l'application des mesures sanitaires aux paroisses, souvent très pauvres, et que celles-ci les sous-traitent ensuite à des bénévoles. Peut-on demander à un bénévole de faire la police? Comment s'assure-t-on qu'un bénévole a bien désinfecté efficacement 500 bancs? Laisser un banc de libre entre deux bancs respecte-t-il la distance physique de 1 m et 1/2 ? Rappelle-t-on aux assistances l'interdiction de chanter agréée par les évêques? L'animation exclut-elle le chant? Le prêtre chante-t-il? Invite-t-il à ne pas chanter si lui-même chante? Met-on assez de gel dans un main? À l'instar du sacrement de pénitence, pourquoi ne suffit-on pas d'une communion seulement spirituelle?
    Que ferait le Bon Pasteur dans pareilles circonstances? Il profiterait probablement de la pandémie pour rencontrer les besoins spirituels des personnes de toutes les façons possibles et un peu partout, par exemple au sein de petits groupes et avec le maximum d'effectifs, femmes, hommes, diacres, prêtres; il ferait évoluer la messe et le dima

    • Marc Pelletier - Abonné 24 septembre 2020 11 h 49

      À ma connaissance, il n'y a pas eu jusqu'ici d'éclosion de Covid 19 dans les Églises et dans les autres lieux de culte, alors que dans les bars et les restaurants les eclosions de ce virus explosent sans contraintes suffisantes !

      Je ne suis pas pratiquant mais je considère que le gouvernement de la CAQ " pousse le bouchon " trop loin en brimant les droits de ceux qui pratiquent. Forme d'iniquité.....

  • Gilbert Troutet - Abonné 24 septembre 2020 09 h 43

    À la même enseigne

    Il me semble normal que les églises et les paroisses soient traitées de la même manière que les autres lieux de rassemblement. Déjà, les groupes religieux profitent de certaines exceptions : exemption de taxes foncières, subventions gouvernementales aux écoles privées, etc. Pour une fois, c'est « tout le monde à la même enseigne ».

    • Joël Tremblay - Abonné 24 septembre 2020 12 h 22

      M. Troutet, si vous êtes vraiment convaincu de ce que vous avancez, peut-être que vous n,avez pas bien inspecté l'enseigne...

  • Denis Forcier - Abonné 24 septembre 2020 10 h 13

    Mon expérience récente

    J'ai assisté à des funérailles le 8 septembre. Les gens sont entrés dans l'Église avec des masques. Une fois à leur banc distancié par au moins un banc libre , la plupart l'ont enlevé et plié pour le déposer dans la poche du veston ou dans la sacoche. Jusque-là pas de probléme ,l'église était très grande et il y avait de l'air. Mais pour la communion, le prêtre invite tous le monde à passer par l'allée centrale puis de retourner à leur banc par les allées latérales. J'ai observé alors que plusieurs remettaient le masque mais pas tous, la consigne n'ayant pas été rappelé par le prêtre et, certains pensant sans doute que celui-ci empêcherait de porter l'hostie à la bouche immédiatement une fois celle-ci reçue dans la main. Donc, je suis demeuré dans mon banc. J'observe que la plupart ont pris l'hostie dans la main mais ont attendu d'être de retour à leur banc pour enlever le masque et mettre l'hostie dans leur bouche, pour finalement remettre leur masque dans la poche ou la sacoche. Pour la sortie de l'église , tout le monde a remis son masque. Bref, les consignes sanitaires étaient certainement aussi bien respectés, et même mieux , que dans les bars , restaurants ou karaoké ou salles de spectacle.
    Donc les évêques ont raison de s'objecter à la nouvelle consigne de ramener le nombre de personnes dans une église de 250 à 50 voire 25 personnes. Cependant, pour ce qui est de la communion, même si le prêtre s'est désinfecté les mains avant , rien n'assure qu'il ne touche pas à certaines mains en y déposant l'hostie. Aussi, les Évêques devraient abandonner la communion , disons matérielle, pour la remplacer par un moment rituel de communion plutôt spirituelle, et l'annoncer publiquement tout en exigeant que les Églises soient au moins traitées sur le même pied que les salles de spectacles. Une question de respect pour les croyants du Québec !

    • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 24 septembre 2020 17 h 04

      Entendiez-vous des personnes chanter? A-t-on rappelé l'interdiction de chanter? C'est important parce que l'une des règles auxquelles les évêques ont consenti est l'interdiction du chant, par juste du chant choral, mais de tout chant. L'animation est permise, mais elle ne doit pas inciter au chant ni être chantante. Le coronavirus se transmet aussi par aérosols. A-t-on pris les noms des personnes présentes, le contraire ne facilitant pas le retraçage d'autrui en cas de contamination.

  • Michel Lebel - Abonné 24 septembre 2020 10 h 47

    Surpris?

    Rien de bien surprenant dans tout cela! Voilà ce qui arrive lorsque nous sommes dirigés par des ignares sans grande vision des choses. Navrant, mais c'est ainsi. Pauvre Québec!

    M.L.

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 24 septembre 2020 15 h 36

      « Voilà ce qui arrive lorsque nous sommes dirigés par des ignares sans grande vision des choses. » (Michel Lebel)

      De ce « Voilà », on-dirait que ces « ignares » font ou bien rêver à quelque-chose, ou-bien faire prier ben du monde !

      Chose certaine, ils donnent …

      … à réfléchir ! - 24 sept 2020 -