Ce que la science du climat dit aux ingénieurs

«Au Québec, 43,3% des émissions de gaz à effets de serre proviennent du secteur des transports et 30,5% du secteur industriel», rappellent les signataires.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «Au Québec, 43,3% des émissions de gaz à effets de serre proviennent du secteur des transports et 30,5% du secteur industriel», rappellent les signataires.

Nous sommes ingénieurs. Nous sommes des spécialistes des sciences appliquées. Nous les utilisons tous les jours pour réaliser différents projets et pour contribuer à façonner la société de demain. Notre travail consiste, entre autres, à appliquer les recommandations contenues dans des rapports, qu’ils soient rédigés par des ingénieurs ou par d’autres scientifiques.

C’est l’application de cette science, par exemple, qui nous pousse à fermer un pont qui risque de s’effondrer. Conscients des impacts sur la circulation, mais soucieux de garantir la sécurité des usagers, nos collègues n’ont pas hésité un instant à fermer partiellement l’ancien pont Champlain en pleine heure de pointe en novembre 2013. Les décisions prises dans de telles situations suscitent beaucoup d’insatisfaction, mais la sécurité du public est fort heureusement la priorité absolue qui guide l’exercice de nos fonctions.

Dans le domaine de la science du climat, c’est le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui est la référence. Ce panel de spécialistes créé en 1988 relève de l’ONU et fonde ses évaluations objectivement sur des publications scientifiques largement reconnues. En octobre 2018, le GIEC publiait un rapport dévastateur affirmant que :

« Le réchauffement planétaire atteindra 1,5 °C entre 2030 et 2052 s’il continue d’augmenter au rythme actuel. »

« Dans les trajectoires qui limitent le réchauffement planétaire à 1,5 °C […], les émissions anthropiques mondiales nettes de CO2 […] atteignent un bilan nul vers 2050. »

« Les trajectoires qui limitent le réchauffement planétaire à 1,5 °C […] exigeraient des transitions rapides et radicales dans les domaines de l’énergie, de l’aménagement des terres, de l’urbanisme, des infrastructures […] et des systèmes industriels. »

« Les mesures d’atténuation annoncées par les pays au titre de l’Accord de Paris […] ne parviendraient pas à limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C. »

Le 10 septembre 2018, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, affirmait qu’il nous restait deux ans pour agir et pour éviter « des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent ». Deux ans plus tard, rien n’a changé mis à part la pauseéconomique exceptionnelle et temporaire. Pourtant, la pandémie que nous traversons nous démontre qu’il est possible de prendre des décisions rapides et audacieuses, basées sur la science, si toutes les sphères de la société se mobilisent ensemble.

Nous, les ingénieurs, avons une part de responsabilité importante dans la mise en place des changements qui s’imposent. Au Québec, 43,3 % des émissions de gaz à effets de serre proviennent du secteur des transports et 30,5 % du secteur industriel. Tous les travaux réalisés dans ces deux secteurs doivent être conçus et surveillés par des ingénieurs. Nous sommes donc responsables des infrastructures qui rendent possibles les trois quarts des émissions de gaz à effet de serre au Québec.

Nous avons un devoir envers la protection de l’environnement et la sécurité du public. Nous devons prendre conscience de notre impact et adapter notre pratique professionnelle. Le 24 septembre prochain, nous demanderons à notre Ordre professionnel de nous appuyer et de redoubler d’efforts dans la lutte contre les changements climatiques. En ce sens, nous déposerons des projets de résolution à l’assemblée générale annuelle de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Nous encourageons tous nos collègues ingénieurs à nous appuyer dans cette démarche qui se veut collaboratrice en participant à cette assemblée générale et en votant pour les propositions que nous présenterons.

* Cette lettre est signée par: 
Simon King, ing., MBA, PMP
Audrey Véronneau, ing., D.E.S.S.
Catherine Lavoie, ing. M. Sc.
Geneviève Lefebvre, ing.
Geneviève Pharand, ing., D.E.S.S.
Jean François Barabé, ing.
Minh Quang Tran, P.Eng., IntPE, APEC Engineer
Alexandre C. Robert, ing.
Elizabeth Caza, ing. jr, M.Ing.
Eric Séguin, ing., RSP
Dominique Brault, ing.
Annabelle Gagné, ing.
Simon Robidas Noiseux, ing. jr.
Antoine Gerson, ing., M.Sc.A.
Antony Albegre, ing.
Isabelle Charpentier, ing.
Issam Kada-Yahya, ing.
Audrey Yank, ing.
Sébastien Hallé, ing.
Ludmilla Pommier-Morel, CPI
Chantal Dagenais, ing., M.ing.
Patrick Cigana, ing., M.Sc.A.
Mahfoudh Messaoudene, ing.
Laura Lévesque, ing.
Marc-André Tousignant, ing.
Shirley Fagnen, ing.
Michael Larocque, ing.
Jean-François Lussier, ing., MBA
Menelika Bekolo, ing. M.ing
Moustapha Seck, ing., MBA
Jean Paquin, ing., MBA
Guillaume Harpin, ing.
Mireille Estephan, ing.
Karine Kalache, ing.
Marie-Noël Côté ing. M. Ing.
Laurence Simard, CPI

9 commentaires
  • François Beaulé - Inscrit 12 septembre 2020 08 h 37

    Une révolution nécessaire

    La conscientisation des ingénieurs et des urbanistes est une condition essentielle à la modification d'un mode de vie qui détruit la nature et affecte gravement le climat. Ces gens doivent avouer que ce mouvement est tardif, beaucoup trop. Et encore, il est très timide. La plupart des ingénieurs sont soumis au marché et acceptent d'autant cette soumission qu'elle les payent très bien.

    Planifier un mode de vie respectueux de la nature ne peut pas se faire sans les ingénieurs et les urbanistes. Et les gouvernements doivent saisir la nécessité que ce processus soit initié au dessus du marché et non pas soumis à lui. Il s'agit d'une révolution nécessaire et difficile qui ne pourra pas se faire sans heurter l'idéologie libérale.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 12 septembre 2020 11 h 22

      Planifier un mode de vie respectueux de la nature a peu à voir avec les objectifs de réduction de GES.

      À titre d'exemple, les grands projets éoliens ne sont rentables que dans la mesure où ils s'appuient sur des subventions « aux énergies vertes», cela a aussi pour conséquence de faire grimper le cout de l'énergie alors qu'il faut quand même s'appuyer sur un réseau capable de fournir de la puissance lorsque c'est nécessaire.

      L'argent investi, que cela soit par le gouvernement ou le privé, peut produire des résultats beaucoup plus probants et économiquement structurants, pour protéger la nature et les cours d'eau, que les initiatives pour dimnuer l'empreinte carbone, alors même que des pays signataires de l'accord de Paris ne le respecteront pas, n'ont pas de loi et ont continué à augmenter leurs émissions.

      Par exemple, on sait que respecter une zone tempon, en agriculture, entre culture et cours d'eau, notamment près des fossés, est une mesure simple mais difficile à mettre en place. Avec les bons incitatifs, ce simple tempon peut faire une différence notable. Bref, la santé de la nature, c'est des millions de petits écosystèmes sur la planète à protéger et il faut encourager les états, les régions, les municipalités à adopter des politiques pour améliorer la qualité concrète et réelle de leur environnement. L'idée d'une solution, macro, unique, bureaucratique est ridicule d'autant plus qu'elle ne sera pas appliquée.

      L'idée d'une protection des réserves d'hycrocarbure, parce que c'est une matière rare, utile et qui contient énormément d'énergie est sans doute plus porteuse. De la même façon, s'opposer aux sables bitumineux est plus facile à justifier parce que les «tailing pond» les fameux bassins de décantation sont une pollution immonde et que l'extraction brute du bitume sablonneux détruit directement la nature.

      La crainte d'un réchauffement excessif est justifié par une hypothèse d'un feedback positif énorme, mais c'est incertain.

  • Charles-Étienne Gill - Inscrit 12 septembre 2020 10 h 08

    Le mauvais bout de la lorgnette

    Si l'on prend pour acquis que les gens sont soucieux de l'environnement, on peut aisément faire valoir que la «carboneutralité» est un fétiche et que se soumettre à l'agenda du GIEC, sans faire d'examen nécessairement, local, d'un calcul cout/bénéfice est une erreur. À ce jour, aucune loi en Chine, en Australie ou en Russie n'a été adoptée, depuis l'accord de Paris, pour réduire les émissions. Au contraire, la taxe Macron, elle, pénalisait indument les petits travailleurs obligés de prendre leur auto sans pour autant changer quoi que ce soit pour l'environnement. En Allemagne, d'après Blommberg, 500 milliards d'euros auront été dépensés, d'ici 2025 pour réduire les émissions alors que l'Allemagne ratera ses cibles. La source est ici : https://www.bloomberg.com/graphics/2018-germany-emissions/ .

    Pourtant, si l'on se concentre sur la consommation d'énergie (pour l'année 2017), la France est à 4,56 tonnes de CO2 par habitant par année, comparativement à 8,7 pour l'Allemagne. Le bilan de la France est de 482 millions de tonnes de CO2 émises en 2017 tandis que c'est de 664 pour l'Allemagne. Le total mondial était de 32 milliards de tonnes. Sans loi et sans contrainte, même les pays signataires comme la Chine augmentent leurs émissions. Ainsi, le bilan de la Chine, toujours pour 2017 était de 9428 millions de tonnes.

    La part de la France se situer donc à 1% des émissions, mais l'Allemagne en fait plus que la France pour réduire les émissions sans atteindre son bas niveau et ça ne fait pas le poids face aux 9, 42 millards de tonnes émises par la Chine. Les efforts sont ainsi réduits à néant.
    Conclusion : les ingénieurs pourraient faire énormément, avec les 500 milliards de l'Allemagne pour protéger localement l'environnement. Pour comparer, le PIB du Canada est 43% celui de l'Allemagne : d'ici 2025, 215 milliards, au Canada (ce qui correspond à 43% de la somme en Allemagne), pour l'environnement permettrait des changements majeurs.

    • denis deschenes - Abonné 12 septembre 2020 22 h 15

      Soyez prudent avec les chiffres!
      Les Allemands partaient de loin. Ils dépendaient totalement du nucléaire et du thermique il y a moins de 30 ans.
      Les 500 milliards de l'Allemagne l'ont été pour décommissionner des centrales nucléaires et installer du renouvellable, principalement éoliens. Mais les Allemands sont tout de même rendus en bas de 50 % d'émission de GES/per capita p/r au Canadiens, et ils continuent de baisser, alors que nous on stagne per capita.
      Seulement 10% de votre montant en éducation (21 milliards) au Canada sur la population aurait un plus grand impact que n'importe quoi d'autre.
      Elle contrerait la désinformation, et permettrait de prendre des orientations qui semblent difficiles à prendre au vue de l'acceptabilité sociale actuelle, mais qui deviendraient acceptable via l'éducation dans ce domaine.
      L'éducation doit devenir l'arme des puissants.
      Faire diminuer la grosseur des véhicules au Canada, et en moins de 10 ans, nos émissions diminuerait de 25%, sans aucun coût pour la société. Mais il faudra un jour ou l'autre freiner effectivement le brulage de pétrole pour en extraire plus (sable bitumineux). Et ça va coûter cher politiquement parlant si l'éducation n'est pas au rendez-vous. Et pas mal plus que 215 milliards.

  • Loyola Leroux - Abonné 12 septembre 2020 16 h 52

    Les travaux des ingénieurs accélèrent-ils le réchauffement climatique ?

    Les autoroutes, les ponts, les automobiles et les avions - construits grâce aux ingénieurs - qui permettent à des humains, pour la première fois dans l’histoire, d’aller travailler loin de chez eux, seuls dans leur automobile, 3 à 4 heures par jour, en polluant, constituent-ils un progrès ?

    Les enfants qui se promènent en autobus scolaire, 2 à 3 heures par jour, qui ne marchent pas, qui sont de plus en plus obèses, ne sont-ils pas des victimes des avancées technologiques de nos ingénieurs ?

    Les travailleurs agricoles du sud qui viennent cueillir nos légumes, en avion, les bateaux de croisière qui débarquent 6000 touristes chaque jour à Venise, respectent-ils les lois de la nature ?

    L’utilisation de pesticides pour produire plus de nourriture, tout en travaillant moins aux champs, améliore-t-elle notre vie ?

    La fabrication d’engins de pêche de plus en plus sophistiqués pour vider nos océans des derniers poissons, ne bénéficie-t-elle pas des travaux de nos ingénieurs ?

    L’invention de nouvelles technologies qui permettent de garder en vie des moribonds, dans nos hospices, ne contribuent-elles pas à une augmentation des GES ?

    Les ingénieurs ne sont-ils pas partie prenante de tous ces changements technologiques ?

  • Lionel Leblanc - Abonné 12 septembre 2020 23 h 08

    Compréhension lacunaire du rôle de l'ingénieur.

    M. Leroux, même si je respecte votre opinion quant au rôle exercé par l’ingénieur, celle-ci provient d’une méconnaissance qui n’est pas étrangère aux propos exprimés par M. Simon King. En effet, si l’ingénieur possède une compétence certaine dans le domaine des «sciences appliquées» —cf. : la reconstruction du pont Champlain—, il en va tout autrement pour ce qui est des enjeux promus par le GIEC, lesquels n’ont rien de scientifique puisque résultant d’un consensus, lequel relève de la «Politique» et non pas de la «Science». En effet, pour qu’un fait (ou une loi) soit qualifié de scientifique, il faut que ce fait puisse être reproductible à l’identique dans des situations données.
    Bref, la science ne tient ni de la démocratie, ni du consensus, ni du sens commun; un seul individu, capable de provoquer la répétition d’un fait, suffit pour invalider tous les propos, fussent-ils consensuels, de soi-disant scientifiques. Cela s’applique également à des explications appuyées par des observations objectives, indépendantes de toute vue de l’esprit. L’histoire regorge d’exemples en ce sens —la théorie de la relativité d’Einstein, la dérive des continents de Wegener, les cycles de Milankovitch relatifs à la variation de l’insolation de la Terre— qui allaient à l’encontre des idées admises et qui mirent beaucoup de temps avant d’être reconnus.
    La «Climatologie» est une discipline jeune qui n’a pas su s’imposer de façon universelle comme l’ont fait la chimie vis-à-vis l’alchimie ou l’astronomie vs l’astrologie. Présentement, la climatologie se situe dans une zone grise qui va demander encore pas mal de temps avant d’accéder au statut de science authentique.
    Pour ce qui est des reproches que vous faites envers les ingénieurs, est-ce que vous seriez prêt à être transporté sur une charrette tirée par un cheval afin de vous rendre à l’hôpital en cas d’un AVC?! Je passe sous silence la plupart de vos autres allégations qu’il serait trop long, voire inutile, de discuter.

    • Loyola Leroux - Abonné 13 septembre 2020 17 h 11

      Monsieur Leblanc, ma critique est basée sur un homme nouveau apparu avec la Révolution industrielle, L'Homo Faber. Je voulais tout simplement souligner le fait que la nature ne peut etre completement organisée.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 13 septembre 2020 22 h 00

      Merci pour votre commentaire. Un autre lecteur me parle d'éducation, mais moi je suivais mon éducation quand je faisais la morale à des «climatosceptiques» en leur citant Mann, Jones ou le GIEC pour expliquer qu'ils étaient dans les patates. Car je croyais que les hypothèses que les hausses de température liées à l'augmentation des GES étaient aussi vérifiées que les lois de Newton. C'est ainsi qu'on me l'avait enseigné à l'école.

      C'est en cherchant par moi-même, après m'être fait révélé combien j'ignorais les bases du débat que je me suis rendu compte de la complexité de la chose et que certes il y a des avancées, mais que le plupart des prétendues certitudes du GIEC proviennent des modèles, de simulations. Ça dépend donc des intrants et de la mécanique des modèles eux-mêmes.

      Il n'y a pas de preuve empirique, du moins pas pour les prédictions les plus alarmistes.
      Nos propres médias dissèquent très peu la chose, on nous fait un reportage sur les glaciers, mais à part des anecdotes sur le caractère de l'aventure, on nous dit que les glaciers fondent vite et que c'était toute une aventure que de suivre les scientifiques.

      Mais la question comme que savons-nous de ces glaciers il y a 300 ans, 500 ans, 800 ans n'est pas posée. À titre d'exemple, on vient de découvrir un route commerciale dans des glaciers en Norvège (si je ne m'abuse) que les Viking empruntaient au Moyen-Âge. Si cette route était praticable et que la fonte des glacier l'a révélée, ça veut dire qu'il faisait plus chaud à l'époque et que cela s'est refroidi. On ne parle pas ici de l'époque carbonifère, ou cambrienne... on parle d'une époque récente.

      Voici la source https://www.nationalgeographic.com/history/2020/04/lost-viking-highway-revealed-melting-ice/

      On capote sur les feux de forêt en Californie, mais cette dernière a connu, depuis 1000 des périodes de sécheresse très intenses. La période actuelle n'est pas une exception.

  • Benoit Gaboury - Abonné 13 septembre 2020 09 h 11

    Ça serait vraiment le temps d'être génial

    Sans doute, cet excellent article signé par une quarantaine d'ingénieurs est-il à souligner très positivement. Mais, il est bien tardif. Combien de réalisations destructrices de l'environnement ont-elles été conduites par les membres de cette profession alors qu'ils savaient pertinemment les dégâts qu’elles occasionneraient.
    Il y a une quinzaine d'années, invité chez un ami commun, je me suis retrouvé à table en compagnie d'un ingénieur électricien en fin de carrière qui avait plutôt choisi comme carrière, lui, d'enseigner à l'université. À un certain moment du repas, quelle ne fut pas ma surprise de l'entendre m'avouer dans un élan de sincérité que je ne lui demandais nullement, que les ingénieurs avaient «tellement détruit»... qu'il en baissait la tête, presque de honte. Mais son aveu le rachetait à mes yeux, en quelque sorte. Et sur le coup, je me demandais même s'il n'exagérait pas un peu. Mais pas besoin de question pour comprendre ce qu'il me révélait. C’était visible un peu partout. Je n'avais pourtant jamais songé à une quelconque responsabilité de la part de cette profession qui, au contraire, inspirait le respect à tous par ses brillantes réalisations.

    Les ingénieurs doivent gagner leur vie, bien entendu, et le monde dans lequel ils évoluent est sans doute périlleux, comme on l'a tous vu à la commission Charbonneau. C'est un monde où il y a beaucoup d'argent en jeu. Mais ils s'amélioreraient vraiment à opérer rapidement un changement dans la conduite aveugle qu'ils assument dans le développement industriel afin d'assurer à nos petits-enfants et arrières petits-enfants un monde où il fait encore bon de vivre. On verra bientôt ce que leur Ordre fera de «Ce que la science du climat» lui dit, mais j'ai l'impression qu'il ne peut plus continuer de s'en laver les mains désormais.