À la redécouverte du Québec

«La saison estivale aura été marquée par un voyage au cœur du Québec», écrit l'auteur.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «La saison estivale aura été marquée par un voyage au cœur du Québec», écrit l'auteur.

Les voyages redeviendront-ils ce qu’ils étaient avant la pandémie un jour ? Difficile de le savoir. Pour plusieurs considéré comme un luxe, pour d’autres comme essentiel, le voyage a ses vertus : il nous permet comme individus de nous ouvrir sur le monde et ses différences, de casser les préjugés, d’apprendre des langues et de réfléchir sur notre identité.

La saison estivale aura été marquée par un voyage au cœur du Québec. Les nouvelles ont surtout mis en avant certains comportements ignobles de vacanciers sur les plages de Gaspésie. Il faut dire que ce type de comportements n’est pas nouveau. Ils n’étaient que moins concentrés ou exportés dans des « tout-inclus », où l’on tolère malheureusement le manque de savoir-voyager en échange de quelques dollars.

Rappelons-nous à la réouverture des frontières d’offrir un cours sur les bonnes manières aux voyageurs qui nous représentent à l’étranger. On nous rappelle sans gêne comment se laver les mains depuis six mois, pourquoi ne pas mieux éduquer ceux qui agissent comme nos ambassadeurs à l’étranger, et ce, même si ce n’est que pour une semaine à Cayo Coco ?

Dans tous les cas, dommage que ce soit ces incidents qui aient attiré la plus grande attention des médias et non la « trêve » dans cette lutte contre la pandémie qu’auront représentée les vacances 2020 pour les familles du Québec. Et pour certains, les vacances se seront même transformées en voyage, découvrant plages, paysages, villages et histoires auxquels ils ne s’étaient jamais arrêtés avant, et ce, même si cela forme leur identité territoriale.

Avez-vous pu observer la force des gens du Saguenay, la gentillesse des Madelinots, l’authenticité des Témiscabitibiens, la diversité des townshippers ou des cantons de Rawdon ? N’avez-vous pas été intrigués par les histoires derrière l’occupation de territoires si difficiles d’accès et hostiles aux établissements permanents ?

Ces anciens hameaux de défricheurs aujourd’hui disparus et dont il ne reste que les vieux chemins transformés en pistes cyclables… tout comme les anciennes voies ferrées de train de passagers, tel le P’tit Train du Nord, aujourd’hui démantelées, qui nous rendent dépendants de notre automobile pour découvrir le Québec… que l’on parcourt paradoxalement à vélo !

Votre voyage vous a aussi peut-être fait réagir devant le piètre état du patrimoine bâti, le surdéveloppement de certains milieux de villégiature (qui rendent l’accès public aux lacs et aux milieux naturels de plus en plus difficile), les « power centers » et les lignes électriques qui défigurent les routes, les projets immobiliers de densification résidentielle en format copier-coller sans saveur locale… Il reste encore place à beaucoup d’amélioration dans notre art d’urbaniser le Québec.

En espérant que le territoire du Québec ait su vous démontrer cet été qu’il avait des forces à protéger. Ses paysages, ses lacs et rivières, son riche écosystème de l’estuaire du Saint-Laurent, ses grands parcs offrant des randonnées à couper le souffle, ses terres agricoles encore parfois à l’abri de l’industrialisation, ses cultures locales et ses rues principales qui remontent la pente grâce aux initiatives de piétonnisation des grandes et petites villes, ainsi que le déclin du fameux « centre d’achats ».

La différence entre les vacances et le voyage, c’est avant tout que, dans le deuxième, vous vous intéressez aux gens et aux territoires qui vous accueillent pour votre court passage… Espérons que l’été 2020 vous aura permis de mieux vous connaître vous-mêmes. Vous serez sûrement de meilleurs voyageurs en ayant eu ce contact avec votre territoire et votre histoire, car finalement, c’est ce que vous avez à offrir au monde !


 
1 commentaire
  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 25 août 2020 15 h 24

    Entoucas plusieurs de mes amis d'origines européennes qui habituellement vont en vacance dans leur pays d'origine ont découvert les régions du Qc avec admiration;)