Quand la peur de la COVID-19 empoisonne le débat public

«En ces temps de psychose collective, il est devenu très risqué de réfléchir, lorsque cette réflexion nous entraîne à questionner et à critiquer», écrit l'autrice.
Photo: Alastair Grant Associated Press «En ces temps de psychose collective, il est devenu très risqué de réfléchir, lorsque cette réflexion nous entraîne à questionner et à critiquer», écrit l'autrice.

Bien des gens, actuellement, ont peur. À croire une bonne part d’entre nous, il faut se caparaçonner contre un virus aussi cruel que sournois. À croire les autorités sanitaires d’une partie de l’Occident, le péril collectif est si tangible qu’il faut des mesures d’exception pour l’endiguer.

La peur est une émotion humaine normale, et le sauve-qui-peut peut être la solution à court terme. Cependant, lorsque la peur nous submerge durablement, elle nous prive trop longtemps de la faculté de réfléchir posément à la situation. L’analyse est pourtant cruciale : déterminer la meilleure solution face au péril, dans le but d’en atténuer au maximum les retombées néfastes.

En ces temps de psychose collective, il est devenu très risqué de réfléchir, lorsque cette réflexion nous entraîne à questionner et à critiquer. Aussitôt, les gens qui ont peur nous taxent d’insensibilité et d’égocentrisme. L’accusation de propension complotiste est devenue la voie royale pour faire taire. Exercer sa faculté critique, exprimer des doutes, c’est être manipulé par les adeptes de théories du complot de tout acabit.

Pourtant, les remises en question sont parfaitement légitimes. Pourquoi, au Québec, n’a-t-on pas mieux protégé le petit nombre de vraies personnes à risque ? Logiquement, elles auraient dû être confinées en premier, tout en étant humainement traitées, choyées de manière à ne pas trop souffrir de solitude et d’anxiété. N’est-ce pas une faute grave d’avoir agi autrement ? D’avoir exposé le personnel soignant sans prendre d’emblée, comme il a été fait ailleurs, toutes les mesures connues pour empêcher la propagation des virus grippaux ?

Pourquoi le masque facultatif est-il devenu obligatoire ? L’autorité sanitaire et politique devrait expliquer soigneusement les raisons scientifiques de cette décision ; agir autrement, c’est ouvrir la porte toute grande aux controverses. Pourquoi cette confusion sciemment entretenue partout entre masque de haut calibre et masque artisanal ? Ce dernier n’est qu’un pis-aller, une piètre protection, selon la science. Pourtant, on ne fait pas de différence dans le discours public de première ligne, ce qui risque de donner une fausse impression de sécurité et d’impunité.

Il est plus probable de mourir d’un cancer, d’une dépression sévère ou d’un accident de la route, statistiquement parlant. Il est certain, par ailleurs, que la psychose actuelle va créer son lot de traumatismes, accroître des fragilités, laisser des séquelles.

Voilà où la peur nous mène. Dans l’histoire même récente, les exemples abondent en sociétés qui dérapent. Certains individus savent comment profiter des peurs et des faiblesses de leurs contemporains, comment transformer des craintes individuelles — de la pauvreté, des étrangers, de la maladie et de la mort — en psychoses collectives. Derrière tout dictateur, il y a une population qui le porte, du moins pendant un temps. Il me semble qu’au Québec, au XXIe siècle, nous sommes bien outillés pour atteindre l’équilibre entre soutenir la capacité décisionnelle des autorités et encourager un débat public nourri par l’esprit critique.


 
45 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 27 juillet 2020 00 h 40

    Précision

    Il y a eu 333 décès sur la route au Québec selon le bilan routier 2019 de la SAAQ, et 5667 de la COVID-19 en quatre mois environ selon l'INSPQ.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 juillet 2020 07 h 59

      Vous avez raison. Mais, en toute équité, quand on aura fait le décompte des décès attribuables uniquement à la Covid, c-a-d chez des personnes qui ne seraient pas mortes d'autres pathologies, on arrivera sans doute à un écart moins important.

      Par ailleurs, je ne suis pas sûr qu'on ne nourrisse pas cette peur collective (laissons le diagnostic de psychose aux professionnels de la chose et pour les contextes où il serait approprié) en alimentant la suspicion à l'égard des actions passées des autorités dans les formes d'un procès d'intention. Si le gouvernement est coupable d'une « confusion sciemment entretenue » ou d'un manque de sensibilité à l'endroit des personnes, il n'y a aucun motif de présumer qu'il en soit autrement maintenant et dans l'avenir. On a beau prendre ses distances des complotistes pour se tailler une légitimité dans le débat, si ce n'est que pour en reproduire la rhétorique soupçonneuse, ça n'avance pas à grand chose.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 27 juillet 2020 10 h 23

      Monsieur Maltais-Desjardins,

      Il suffit de lire Médiocratie de Alain Deneault pour constater que l'ignorance crasse de nos dirigeants fait leur affaire. Exemple personnel : Lors de la saga des gaz de schistes, j'ai fait une enquête et collaboré avec des journalistes de Propublica. Ça m'a permis de connaitre qu'une partie du «mix» pour la fracturation était un secret industriel, qu'il pouvait être partagé avec l'État, mais bien sûr en conservant la confidentialité. Or, des analyses indépendantes révélaient la toxicité des composés utilisés et leur danger.

      J'ai communiqué directement avec le bureau de Madame Normandeau. Ses attachés politiques ne pouvaient pas croire que la lettre que je lui faisais parvenir était le produit d'un seul individu ayant fait des recherches pour révéler les mensonges et les faussetés qu'elle colportait. Mon intention était vraiment d'informer la ministre pour qu'elle se rende compte, si elle mentait, que ça allait se savoir, ou alors qu'on lui faisait dire des lignes de communication sans l'informer des vrais dangers. Dans les deux cas, sa carrière aurait été compromise.

      Pour les attachés, j'étais une ONG, un syndicat, un groupe destiné à nuire à la ministre et ils me demandaient ce que je voulais. Ils ne pouvaient pas croire qu'un citoyen promeuve vraiment sincèrement l'intérêt public et en même temps il fallait faire confiance aux élus, ils ne pouvaient comprendre que ces élus ne méritaient plus notre confiance, n'oubliez pas que c'est le contexte de la perte de 40G de la CDPQ et et de la crise des subprimes.

      Dans la même veine on a bradé les droits d'Anticosti ou encore on est passé à deux doigts du désastre en reconstruisant la centrale nucléaire inutile de Gentilly, mais on paie une fortune pour la centrale au gaz de Bécancour.

      On a plus que raison d'être soupçonneux et que c'est démocratiquement très sain, à défaut de l'être on se fait entuber. C'est pourquoi il faut lire Bernays à mon humble avis.

    • Mario Jodoin - Abonné 27 juillet 2020 13 h 12

      «quand on aura fait le décompte des décès attribuables uniquement à la Covid, c-a-d chez des personnes qui ne seraient pas mortes d'autres pathologies, on arrivera sans doute à un écart moins important.»

      L'ISQ fait justement ce calcul. Ça donne un surplus de 5345 décès par rapport à 2019, nombre du même ordre de grandeur que les données de l'INSPQ. Le confinement et la distanciation ont fait diminuer la mortalité due à la grippe saisonnière, et probablement aussi aux accidents d'autos et aux accidents de travail, mais ces effets ne semblent pas influencer beaucoup le résultat final.

      https://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/deces-mortalite/nombre-hebdomadaire-deces.html

      Notez que je n'ai nullement commenté le fond de cette lettre. Je me suis contenté de corriger une affirmation erronée.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 juillet 2020 15 h 32

      Le désastre catastrophique au Québec est dû uniquement à la ville ou l’île de Montréal. Vous la soutirez de l’équation, et les taux au Québec sont presque dans la moyenne canadienne (344 pour le Québec versus 240 pour le Canada).

      Et, on ne peut pas dire que les gérants d’estrade critiquent a posteriori puisque tout le monde au Canada, on fait les bons choix rapidement a priori pour ne pas encourir un nombre incalculé de décès dans les institutions avec les personnes à risque sauf au Québec. Vous savez, les autres provinces avaient aussi de gens avec des cas de morbidité à cause de l’âge ou bien de maladies spécifiques et pourtant, elles ont bien su comment tirer leur épingle du jeu. Pardieu, l’Ontario avec son 14,6 millions de population a eu la moitié des décès du Québec. Vous savez, 2 764 morts versus 5 667. Pour seulement l'île de Montréal, c'est 3 434 décès. Et la plupart des nouveaux cas se situent encore à Montréal, et cette fois, avec les plus jeunes.

      Pourtant, nous avons dû subir des mesures draconiennes et nous en subissons encore. La question qu’on peut poser maintenant, pourquoi dans les régions?

    • Mario Jodoin - Abonné 27 juillet 2020 16 h 34

      «Et la plupart des nouveaux cas se situent encore à Montréal, et cette fois, avec les plus jeunes.»

      Depuis le premier juillet, 37 % des nouveaux cas étaient dans l'Île de Montréal et, en conséquence, 63 % à l'extérieur de l'Île. Aujourd'hui,c'est 31-69.

    • Stergios Mimidakis - Abonné 27 juillet 2020 16 h 44

      Cher M. Gill,

      Merci d'avoir mentionné Bernays, dont je fais lire une partie de Propaganda à mes élèves de secondaire cinq chaque année. Vous avez raison à écrire que le lire est essentiel.

      Merci aussi de jouer le rôle essentiel de "déterreur de scandale" que décrivait Normand Baillargeon en 2007 dans sa préface à la traduction française de l'œuvre.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 juillet 2020 20 h 15

      ...et depuis le mois de juin M. Jodouin?

    • Mario Jodoin - Abonné 27 juillet 2020 22 h 16

      40 % à Montréal (3081 sur 7761), 60 % ailleurs.

  • Olivier Demers - Abonné 27 juillet 2020 05 h 15

    Théories du complot : voie royale?

    "L’accusation de propension complotiste est devenue la voie royale pour faire taire. Exercer sa faculté critique, exprimer des doutes, c’est être manipulé par les adeptes de théories du complot de tout acabit.". Honnêtement, je suis pour un débat public. Oui, il y a des questions légitimes. Mais quand je vois plusieurs théories, désolé, mais je ne dis pas que c'est des théories pour faire taire. Mais bien car les personnes qui les transmettent, véhiculent de fausses informations... Lorsque j'essaie justement de faire démontrer qu'ils disent de fausses informations sur Facebook par exemple, je me fais traiter de mouton etc. Oui il est bien d'exercer sa pensée critique et de se poser des questions. Mais véhiculer de fausses informations (QAnon par exemple), pas sûr si on doit encourager cela... Transmettre de fausses nouvelles et en faire la promotion aussi, ça empoisonne le débat public...

    • Cyril Dionne - Abonné 27 juillet 2020 09 h 08

      Non, il n'a pas eu de débat public M. Demers. Et cela ouvre la porte à toutes sortes d'incongruités scientifiques.

      Bon, il est tout de même encourageant de voir des gens comme l'auteure qui sont issus des sciences sociales et qui réfléchissent de façon pragmatique et ne se laissent pas aller à la peur. Oui, en ces temps de légions de philosophes de tout acabit qui lancent à qui veut l’entendre toutes sortes de demi-vérités qui font mal à notre intelligence dans un Québec où on a élevé la philosophie au rang de divinité et de dogmes qu’on ne peut pas contester, c’est vraiment rafraîchissant.

      Ceci dit, plus de 64% des décès dus à la COVID-19 au Canada sont au Québec qui représente pourtant seulement 23% de la population canadienne. Pour Montréal et Laval, à eux seuls, ils représentent plus de 46% de tous les morts mêmes s’ils représentent seulement 7% de la population canadienne. Cela, c’est la vérité qu’on ne peut pas se disculper.

      L’auteure pose les bonnes questions. Pourquoi n’a-t-on pas protégé les gens à risque alors que partout ailleurs au Canada, c’est ce qu’ils ont fait? Qui est responsable de ce génocide dans les CHSLD? Pourquoi n’a-t-on pas agi autrement et trop tard pour la pénurie de proposés aux bénéficiaires alors que la situation était connue depuis des années?

      Pourquoi le masque non médical est devenu obligatoire jusqu’à des sanctions alors qu’aucune preuve scientifique n’a été donnée en retour? On prend les gens pour des valises. Pourquoi les gens n’ont-ils pas eu accès à des véritables masques du type N95 qui coûtaient des sous avant la crise épidémique puisque la pulpe nécessaire dans la fabrication de ces masques nous parvient de la Colombie-Britannique?

      La désinformation et les demi-vérités nous amènent dans des situations où des gens ne croient plus dans les mesures sanitaires tout en occultant ce qui est le plus important, la distance physique. Ils ne pourront plus confiner les gens à l’automne pour la 2e vague.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 27 juillet 2020 10 h 38

      Je vous ferais remarquer que le plus grand promotteur de «fausses nouvelles» est le gouvernement et ensuite, ce sont les entreprises.
      Prenons les dénégation sur le Plan Condor, il a fallu la découverte « des archives de la terreur » pour enfin universellement en admettre l'évidence. Pourquoi les Pentagon papers ou encore les révélations de Snowden?

      Parce que les puissants mentent et que d'ordinaire, les médias sont des courroies de transmission de leur perspective et que le prétendu 4e pouvoir est un mythe. C'est documenté et les gens qui travaillent le moindrement critiquement sur les médias le savent et écrivent sur le sujet.

      À titre d'exemple, si vous êtes le moindrement, mais le moindrement au courant de ce qui se passe sur YouTube, vous saurez que des créateurs de contenu voient le plateforme suppriméee. Ça commence par « la démonétisation » et ça se termine par la suppression pure et simple du compte. Évidemment, dans nos médias on vous dira que c'est «la haine» que l'on supprime, mais quand vous connaissez les YouTubeurs qui disparaissent, vous savez que c'est du grand n'importe quoi, leur discours n'est pas haineux, on prétend qu'il l'est pour mieux les faire taire.

      Un exemple frappant peut-être le combat de Ezra Levant contre Élection Canada et l'enquête qui le vise. On peut détester ses opinions, le fait est qu'on cherche à le faire taire et que ça menace tout le monde. D'abord on restreint la possibilité que son média puisse assiter au débat des chefs et ensuite on envoie des enquêteurs parce qu'il aurait enfreint des règles en publiant un livre pendant la campagne électorale.

      Je passe du temps, à recadrer dans les commentaires, des éléments du contexte qui sont absent du portrait qu'on nous fait d'une situation. Par exemple la couverture que Le Devoir a faite de l'affaire du Covington Kid. Alors avant de viser les «petits» , on a plus urgent, par exemple la dette qui atteint maintenant 1000 milliards...

    • Françoise Labelle - Abonnée 27 juillet 2020 14 h 09

      La recette est connue.
      Parmi les (trois) rares CHSLD épargnés par la COVID-19 : le Pavillon Camille-Lefebvre, à Lachine (public).
      - 20 lits sur 135 munis de respirateurs
      - fermeture rapide aux visiteurs
      - les employés qui revenaient d’un voyage à l’étranger après la relâche scolaire en quarantaine
      - aucun mouvement de personnel parmi les 280 employés et aucun changement d'étage
      - pas de recours aux agences de placement privé.

      Face à ce virus nouveau et INCONNU, la Corée du sud et la Nouvelle-Zélande l'ont pris au sérieux et ont confiné rapidement et strictement. La Corée s'est masquée étant donné la densité de population. C'est sûr, qu'à posteriori, on est bien savant.

      L'Allemagne, les pays scandinaves et le Canada ont pris le virus au sérieux, y compris le Québec !
      La Suède s'est trompée de modèle prévisionniste et les populistes Trump et Bolsonaro n'ont pas pris le virus au sérieux.
      Dans ces deux pays, les décès sont très largement sous-estimés. Aux USA, on ne comptait que les décès testés positifs; or il n'y avait pas de tests en mars: les tests made in MAGA ne fonctionnaient pas. En GB, seuls les décès en milieu hospitalier étaient comptés.
      Il faudra attendre les analyses démographiques pour le vrai portrait.

  • David Vachon - Inscrit 27 juillet 2020 07 h 43

    Enfin !!

    Bonjour!
    Merci pour ce texte rafraîchissant! Il est vrai qu'en ce moment, remettre quoi que ce soit en question se voit systématiquement taxé de "délit d'opinion". Après le politiquement correct, voici venu le sanitairement correct.
    Personnellement, il ne me semble pas normal de calfeutrer une province entière pour quelques, aussi malheureux soient-ils, décès dus à une maladie (je parle des dernières semaines). Les conséquences à moyen et long termes de ce décret risque de faire bien plus de mal que de bien, selon mon humble avis.
    Bien à vous,
    David

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 juillet 2020 08 h 31

      En tout respect, monsieur Vachon, le « délit d'opinion » ne bénéficierait pas d'une telle faveur si dans le seul souci de s'en prémunir, on ne croyait si important de donner son « humble avis » sur des questions au sujet desquelles nous n'avons pas de compétence particulière. C'est manfestement votre cas, comme c'est le mien. Et comme nous sommes dans la même business, je me permettrai d'ajouter que le seul titre dont nous pouvons nous autoriser en tant que philosophes, c'est celui d'aider un peu les gens à mettre en forme leurs réflexions. Ils n'en ont d'ailleurs pas toujours tant besoin. Après tout, y a pas mal de monde qui se sont tapés les cours de philo au Cégep. Ils en auront gardé au moins les séquelles.

    • Olivier Demers - Abonné 27 juillet 2020 09 h 11

      Monsieur Vachon, avez-vous vu les articles sur les conséquences à long terme de la COVID-19? Honnêtement, je crois que vous généralisez. Si quelqu'un n'a pas la même opinion que la mienne, bien je ne le traite pas de complotiste disons. Mais quand ça tombe dans le Qanon et que les "médias subventionnés" sont des menteurs (le journalisme d'enquête c'est du mensonge),je me pose des questions à propos de ces personnes.

    • Fernand Laberge - Abonné 27 juillet 2020 09 h 18

      «Calfeutrer» pour peu de morts ou peu de morts parce que «calfeutrés». Qui peut l'affirmer ? Et la capacité d'accueil du système de santé n'était / n'est-elle pas aussi un enjeu ? Les enjeux politiques sont indubitablement réels et la peur est mauvaise conseillère. Mais la prudence, est-ce nécessairement de la «peur» au sens délétère ? Ou la mort annoncée du sens critique ? Soutenu pendant la guerre, Winston Churchill n'en perdit pas moins l'élection de 1945...

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 27 juillet 2020 10 h 52

      Mais Monsieur Maltais-Desjardins, notre vie en société et nos responsabilités sont de nos compétences particulières.

      Le gouvernement creuse une dette monstrueuse après avoir été incompétent pendant des années avec des déficits inutiles en pelletant de l'argent sur les problèmes sans les régler. C'est de l'incompréhension, de la mauvaise administration et de l'incompétence crasse.

      On ferme l'économie et ensuite, évidemment, il faut aider les citoyens, mais c'est quand même bête si ça n'est pas nécessaire.
      C'est pourquoi, je reviens constamment sur la Suède. Son responsable a dit que c'était les autres pays qui avaient improvisé en confinant toute la population au lieu de plutôt se concenter sur la population vulnérable.

      Monsieur Dionne nous rappelle constamment que nos taux sont catastrophiques, alors n'est-ce pas normal d'exercer une vigilance qui soit aussi exceptionnelle puisque l'on a déployé des mesures elles aussi exceptionnelles? Au tout début, on nous parlait «d'aplanir» la courbe car l'urgence c'était de ne pas se trouver à surcharger le système de santé et surtout à ne pas avoir de choix déchirants à faire devant le manque de ressources.

      Mais le point de vue au début n'était pas de nous prémunir complètement de la maladie. Or, ça semble l'être devenu. Pourquoi l'immunité de groupe semble-t-elle abandonnée? Pourquoi est-ce que ça n'est pas les gens vulnérables que l'on devrait placer dans une situation execptionnelle au lieu de faire subir la chose à toute une population?

      On dit que l'on protège tout le monde avec les mesures et le masque, mais quand, avant nous, dans la société, «protégé» par un sacrifice de tout un groupe en imposant des contraintes à tout le monde? N'avons-nous pas raison de nous inquiété du précédent? Comme on le vit, est-ce que ça ne nous concerne pas (en commençant par le poids de la dette?)? Pourquoi croire des technocrates comme Fauci qui admettent sans détour nous avoir menti?

    • Christian Roy - Abonné 27 juillet 2020 11 h 27

      @ M. Vachon,

      Pour ce qui est des frais hospitaliers associés à la Covid, on pourra toujours en déterminer les coûts avec une froide précision. Une question demeure: que vaut une vie humaine ?

    • Serge Pelletier - Abonné 27 juillet 2020 12 h 18

      M. Vachon, lisez des livres d'historiens, ou des thèses universitaires, sur l'histoire des maladies - en particulier ceux traitant des maladies dites pulmonaires. Cela va vous changer des arguties actuelles en philo... Tout comme cela "défrise" des idées colportées par certains de nos jours.

      C'est long à lire des livres d'histoire, surtout ceux qui sont argumentés avec des notes de bas de page prenant la moitié des pages... Mais de combien instructif.

    • David Vachon - Inscrit 27 juillet 2020 13 h 20

      M Demers,
      Je crois qu'il y a actuellement une réelle tendance délétère à stigmatiser à l'emporte-pièce les gens qui critiquent la trame narrative gouvernementale. D'abord, je la vis quotidiennement, malgré ma retenue dans mes propos et ma politesse en toute circonstance. Aussi, tous mes camarades autour de moi vivent la même chose. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je salue le travail de Mme Sicotte!
      Ensuite, peut-être suis-je seulement malchanceux et que ce n'est pas une réalité qui tend à se généraliser. Peut-être, peut-être pas.
      Pour ce qui est des "médias subventionnés", je ne vois pas pourquoi je les critiquerais, car vendredi dernier, le Devoir a publié un article dont je suis l'auteur, sans demander de changer quoi que ce soit dans le contenu (sauf diminuer le nombre de mots pour des questions de mise en page).
      Pour ce qui est de Qanon, je n'ai aucune idée de ce dont vous parlez (est-ce une coquille?) et il ne semble pas en être question dans l'article de l'auteure Anne-Marie Sicotte non plus...
      Cordialement,
      David

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 27 juillet 2020 14 h 04

      Monsieur Demers, les médias subventionnés ne sont pas des «menteurs» au sens où on ne prétend pas que toutes les enquêtes de l'émission «Enquête» le sont, mais ENTRE ces émission et dans la présentation du cadre, du contexte, oui, il y a du mensonge ou un biais si énorme que la réalité s'en trouve complètement faussée.

      À titre d'exemple, la reconstitution d'une scène de l'époux de Madame Marois qui recevait une enveloppe brune, lors de l'élection. Mais on peut parler aussi de la fabrication de la nouvelle au sujet d'une «pauvre» victime qui n'allait pouvoir enseigner à cause du PL21. La «fausse nouvelle», c'est aussi de ne pas couvrir lucidement les interception de la GRC sur le Chemin Roxham et de les mettre en contexte. C'est à dire plus de 15 000 par année depuis des années, ce qui représente en 3 ans l'équivalent de nos seuils d'immigration normaux dans les années 2010. Si on ne présente pas correctement les problèmes et qu'on s'offusque quand quelqu'un propose simplement de fermer la frontière, on fait, oui de la désinformation.

      La couverture de la SRC et de La Presse, pour ne parler que de ça (deux médias subventionnés désormais) du conflit étudiant était abjecte. Il fallait aller dans les marges pour comprendre véritablement l'enjeu sur l'éducation supérieure et sa marchandisation. On n'a jamais pris la peine d'expliquer les effets pernicieux du virage de Bachand et de «l'investissement dans le capital humain» de «l'augmentation de valeur» des diplômes qui aurait suivi la hausse. On n'a même JAMAIS suivi Gilles Gagné qui a pourtant fait des démonstrations en montrant que le sous-financement était une fumisterie, alors qu'il fallait départager entre les fonds de recherches, les fonds de fonctionnement et les fonds pour les immobilisations pour comprendre le problème des universités, au lieu de la très bête comparaison de la CREPUQ qui ne tenait pas la route.

      Alors la ligne SRC/LA Presse, c'était de la pure désinformation.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 juillet 2020 14 h 46

      « Monsieur Dionne nous rappelle constamment que nos taux sont catastrophiques »

      sans nous rappeler jamais qu'ils le sont deux fois moins que ceux du Massachussets, par exemple.

    • Cyril Dionne - Abonné 27 juillet 2020 17 h 36

      Bien oui M. Desjardins, le Massachussets, le cousin américain de Montréal, l'état de gauche aux USA et probablement le plus à gauche. On a tardé à fermer les frontières parce qu'on ne voulait pas offenser personne, surtout du continent asiatique. Vous savez, dans l'état du safe space et de l'appropriation culturelle, on prie aussi à l'autel de la très sainte rectitude politique.

      En passant, la densité de population du Massachussets est de 188 fois celle du Québec au km carré.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 27 juillet 2020 21 h 12

      Ben oui, monsieur Dionne. Il est assez amusant de vous voir quitter le terrain de la rationalité scientifique pour celui de la détestation idéologique. Et pourquoi se retenir, n'est-ce pas. Comme si la population du Québec n'était pas dans sa très grande majorité concentrée le long du Saint-Laurent.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 juillet 2020 14 h 54

      Monsieur Gill, que « notre vie en société et nos responsabilités so(ie)nt de nos compétences particulières » ne fait que nous ayons l'aptitude d'exercer celles-ci dans toute leur extension sauf à en confier l'exécution au moins en partie à ceux qui disposent à cette fin des compétences appropriées. J'ai besoin du médecin pour ma santé, de mon garagiste pour mon auto et de monsieur Legault pour mon gouvernement. Je peux choisir un médecin, pas celui qui mérite le titre, à moins de détenir la prérogative de sanctionner ses études. Pour les gouvernants, en démocratie, c'est le nombre qui a ce pouvoir de sanction, positif ou négatif. Parmi ceux qui en décident, il y a certainement des gens qui disposent de ces « compétences particulières » à un degré plus élevé, mais pour l'exprimer d'une manière provoquante, ils sont tous membres du même parti.

  • Rosalie Dion - Abonnée 27 juillet 2020 10 h 20

    Ni historienne, ni autrice

    Alors, l'auteure, férue de raisonnements logiques, ne semble même pas en mesure de circonscrire les possibilités logiques associées audit débat. Car, logiquement, on peut être pour le port du masque et pour le gouvernement, contre le gouvernement et pour le port du masque, pour le gouvernement et contre le port du masque et, enfin, contre le gouvernement et contre le port du masque. Pour une raison obscure (ou pas), l'auteure ne semble considérer que les possibilités 1 et 4. Ni d'ailleurs le fait que les «statistiques» dont elle se drape sont influencées par les décisions qui ont été prises jusqu'à maintenant, notamment le confinement, et que l'épidémie n'est toujours pas contrôlée. Ni, enfin, qu'on puisse porter le masque - aussi artisanal soit-il - intelligemment.

    Quant à la question «des personnes à risque», l'historienne commet l'un des pires péchés de la profession, c'est-à-dire se servir d'informations disponibles à postériori pour critiquer une décision prise au moment où lesdites informations elles ne l'étaient pas. En effet, le profil du virus en question n'était pas connu (l'est-il encore vraiment?) au moment du confinement. Comme certains virus n'attaquent pas les personnes de la même façon (sida, varicelle, rougeole, rubéole...), la décision prise alors était en droite ligne avec le principe de précaution. Bien entendu, le gouvernement aurait dû faire preuve d'un souci particulier pour les personnes habituellement plus vulnérables (les enfants, les personnes immuno-déprimées et les aînés) et le personnel en première ligne. L'impréparation était évidente. C'est d'ailleurs là-dessus que les critiques devraient (doivent et devront) porter.

    Quant à «l'hystérie collective», il s'agit-là d'une prémisse éculée de films et de romans. Tant qu'à y être, l'auteure aurait pu nous gratifier de quelque chose de plus piquant comme une attaque extra-terrestre contrôlant les cerveaux ou d'une conspiration mondiale menée par des reptiles. On n'attendra pas la suite.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 27 juillet 2020 14 h 17

      Je ne suis pas d'accod avec conclusion sur « l'hystérie collective ». Comment expliquez-vous alors que le Québec s'en sorte moins bien que la Suède? Pourquoi ne pas avoir protégé les malades et les vulnérables.

      Fauci, en février, nous disait de ne pas nous inquiéter, plus tard, il a reconnu, lors d'audiences officielles, avoir menti parce que les stocks de masque étaient bas et qu'il fallait les préserver. On a eu la même rhétorique avec Arruda d'ailleurs. Je veux bien la précaution de tout fermer quelques jours, mais la dette canadienne, pour ne parler que d'elle, atteint maintenant (en français) le billion. Précisément parce qu'on a étouffé l'activité économique. Ça n'est pas assez piquant pour vous? C'est quand même terrible.

      Pourquoi nos dirigeants ont miné à ce point nos finances et nos capacités, pour longtemps? Une fois que l'on s'est habitué au confinement, pourtant exceptionnel, on a laissé les choses dériver. Contrairement à ce que vous dites, on avait les signes que quelque chose ne tournait pas rond, que la Chine mentait, on avait même des rapports, pourtant ignorés, de nos propres services de renseignement.

      Vous accusez l'auteure d'utiliser des infos disponibles a posteriori, mais on pouvait, a priori fermé les frontières, ce que l'on a pas fait pour de basses raisons idéologiques.

      Se pourrait-il que Trudeau et Morneau ait profité de la crise pour appliquer un agenda qui est contraire aux intérêts de leurs concitoyens? Ça n'est pas la première fois que l'élite «complote» contre le peuple et ça n'a rien de la théorie reptilienne que de rappeler que nos élites se fréquentent et ont des aspirations communes où elles échangent des idées et des recettes. Morneau/Trudeau handicapaient déjà le pays avec des déficits inutiles, sans raison valables. Voilà qu'ils font ça au cube. Ils ont profité de «l'hystérie», dans d'autres circonstances, on les aurait trouvés fous.

    • Françoise Labelle - Abonnée 27 juillet 2020 14 h 20

      Vous avez tout à fait raison madame Dion.
      À posteriori, les gérants d'estrade sortent en foule, comme après la crise de 2008.
      Il s'agissait d'un virus inconnu qui aurait pu faire encore plus de dégats même s'il est trop tôt pour conclure que la santé des rescapés n'est pas compromise.
      Selon John Hopkins et la CDC, le masque de coton double a son utilité quand la distanciation est impossible. Et le principe de précaution met fin aux ratiocinations.
      Je ne peux «J'aimer» votre commentaire, n'étant pas sur Facebook.

    • Marc Therrien - Abonné 27 juillet 2020 18 h 11

      Pour être à l’aise avec le tableau à double entrée que vous proposez, il faut avoir développé un peu le sens de la pensée complexe qui manie les nuances. Il est beaucoup plus simple pour le citoyen moyen ou la moyenne des citoyens de participer à une discussion polarisée en utilisant la pensée dichotomique qui veut établir ce qui est noir et ce qui est blanc.

      Marc Therrien

  • Christian Roy - Abonné 27 juillet 2020 11 h 33

    Courage !

    "En ces temps de psychose collective, il est devenu très risqué de réfléchir, lorsque cette réflexion nous entraîne à questionner et à critiquer." -Mme Sicotte

    Courage que diable !