Cyclistes montréalais, aidez-nous à vous aider

«De nombreux citoyens peuvent confirmer que lorsqu’on souligne aux cyclistes (même gentiment) qu’ils doivent marcher à côté de leur vélo sur la voie piétonne, ceux-ci répondent par des insultes ou un haussement d’épaules», indique l'auteur. 
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «De nombreux citoyens peuvent confirmer que lorsqu’on souligne aux cyclistes (même gentiment) qu’ils doivent marcher à côté de leur vélo sur la voie piétonne, ceux-ci répondent par des insultes ou un haussement d’épaules», indique l'auteur. 

L’aménagement de nombreux secteurs piétonniers à Montréal cet été permet enfin de faire la lumière sur la cohabitation, beaucoup moins harmonieuse que ce que l’on en dit, entre piétons et cyclistes. En effet, si les collisions entre piétons et cyclistes sont moins spectaculaires et font moins de blessés graves, elles sont tout aussi fréquentes et dommageables. J’entends par dommageables des blessures, le plus souvent mineures, certes, mais bien réelles et qui laissent des séquelles physiques durables, notamment chez les personnes vieillissantes qui en sont victimes. Ces blessures ont également des conséquences durables sur le plan psychologique, car les personnes frappées par un cycliste, même si elles ne sont pas des personnes âgées, développent une réelle crainte lorsqu’elles se déplacent sur la voie publique.

Les voies piétonnes aménagées il y a quelques semaines dans plusieurs arrondissements de la ville ont un point en commun : elles sont rapidement devenues de véritables autoroutes pour cyclistes, qui y circulent souvent à grande vitesse. Mais ces voies piétonnières ont pourtant essentiellement pour fonction de permettre aux citoyens, et notamment aux familles, de profiter de l’été en toute sécurité. Ainsi, nombreux sont les parents qui fréquentent ces lieux avec leurs enfants, qui ont alors la rue à eux pour dessiner à la craie, courir en toute sécurité dans tous les sens, bref, s’amuser. Sur la voie piétonne de mon arrondissement, plusieurs collisions entre cyclistes et de jeunes enfants ont été évitées de justesse depuis le début de l’été. Le seul arrondissement où l’administration locale a été proactive dans ce dossier est celui de Verdun, où le maire, Jean-François Parenteau, a mis en œuvre sur la rue Wellington des mesures qui semblent efficaces, selon ce que rapportent les médias.

De nombreux citoyens peuvent confirmer que lorsqu’on souligne aux cyclistes (même gentiment) qu’ils doivent marcher à côté de leur vélo sur la voie piétonne, ceux-ci répondent par des insultes ou un haussement d’épaules. Et je ne parle pas ici uniquement de jeunes millénariaux insolents, mais de gens de 40, 50 ou 60 ans, casque sur la tête, qui se croient tout permis. Plusieurs piétons, de même que des cyclistes responsables, ont fait au cours des dernières semaines (et font toujours) des démarches à ce sujet auprès de l’administration de leur arrondissement, sans grand succès, semble-t-il.

Dans une récente entrevue à Radio-Canada, la présidente-directrice générale de Vélo Québec, Suzanne Lareau, proposait que l’on adopte le modèle européen où les vélos sont autorisés sur les voies piétonnes à certaines heures et à la condition de circuler à la même vitesse que les piétons. Je serais favorable à cette solution si les cyclistes montréalais étaient aussi disciplinés et responsables que leurs confrères européens.

Cyclistes, aidez-vous vous-mêmes. Faites d’abord la preuve cet été que vous êtes capables de respecter la réglementation en vigueur. Alors l’été prochain, nous, les piétons et les cyclistes responsables, serons à vos côtés pour réaliser un projet-pilote à l’européenne.


 
15 commentaires
  • Christophe BEATRIX - Inscrit 22 juillet 2020 06 h 54

    Le cylce de l'inconscience

    Bonjour,

    Je confirme qu'en tant que piéton faire respecter notre voie de circulation dédiée est un cauchemar. Il est aussi impossible de porter plainte contre un cycliste: pas de plaque, certainement pas de permis de conduire ou s'il en ont se servent du vélo pour justement ne pas s'encombrer avec le code de la route, silence lorsqu"ils circulent dans votre dos et aucune présence policière pour tenter de faire entendre raison au plus chauffard d'entre eux....

    Ce mois j'ai failli me faire rentrer dedans par deux fois par des enfants accompagnés de leur père derrière au coin de la rue ou devant mais à trop vive allure pour qu l'héritier suive sagement. Je vois aussi ce magasin de réparation sur le bd St laurent qui affiche ostensiblement F**K CARS dans sa vitrine alors que penset-ils des piétons ces gens là?

    Je ne compte pas non plus les lumières rouge non respectés, les arrets non respectés, comme ce cycliste proche du métro beaubien le mois dernier qui à fait fi du panneau d'arrêt à facilement 30 Km/h à 17h/18h en plein rush dans le dos d'un policier occupé à verbaliser un automobilsite - plus rentable et plus facile certainement - sans jamais freiner au milieu des piéton sortant du métro.

    Alors aujourd'hui à chaque vélo qui roule sur "mon" trottoit je remonte à contre-sens - comme tout piéton doit faire face au traffic pour voir le danger venir - la piste cyclabe sur chateaubriand, un trajet par cycliste histoire de servir au cycliste la même incivilité et le même mépris que eux sur nos trottoirs.

    J'espère que bientôt les piétons obligés de slalomer entre les poubelles, les vélos stationés ou abandonné, les panneaux de travaux - que personne ne met sur les psites cyclables adjacentes... - sur des trottoirs trop étroits pour croiser des poussettes, ferons de mème histoire de remettre à jour un débat mérité que l'administration Plante ne veut pas avoir par démagogie apparement.

    Avec mes respetcs pour ceux qui le mérite,
    CB

    • Jean Richard - Abonné 22 juillet 2020 10 h 18

      Ces blablablas vélophobes avec un sens des nuances digne de la totale cécité finissent souvent, trop souvent, par des accusations hautement partisanes envers l'administration municipale actuelle. C'est comme si, après de trop nombreuses années Tremblay suivies des douteuses années Coderrre, on oubliait que Montréal avait un urgent besoin de se refaire une image.

      Si on tient absolument à accuser la mairesse de la métropole de quelque chose, allons-y pour la lenteur de la mise en œuvre d'un plan de modernisation de la ville. C'est en effet dommage qu'on ait attendu une pandémie pour mettre en place des mesures qui auraient dû être déployées bien avant. Mais il est facile d'imaginer que la nouvelle élue se soit butée à un front de résistance conservatrice, même à l'intérieur de son propre parti. Prise de court par la pandémie, les mesures déployées pour faciliter les déplacements non motorisés (ou faiblement motorisés) donnent des airs d'improvisation. C'était inévitable. Une période de rodage s'impose, comme avec tout changement d'importance. Et un changement de façon de faire s'imposera à la ville. On en est encore à reconstruire des trottoirs à l'identique, ce qui témoigne de l'inertie à l'interne.

      Certains fanatiques anti-Projet-Montréal osent encore croire que les incontournables transformation de l'espace urbain sont dictées par une quelconque idéologie. Or, la réalité est différente. Nombreuses sont les métropoles ailleurs en Amérique, en Europe, en Afrique et en Asie qui ont commencé à mettre en place des mesures pas toujours populaires mais essentielles, pour qu'on en finisse avec ce modèle du tout-à-l'auto qui détruit à la fois les villes et l'environnement. Montréal n'est pas du tout en avance sur les autres villes face à ce mouvement mondial. Au contraire, elle traîne un peu de la patte et pourtant, ça presse. Une remontée du conservatisme municipal lui serait fatal.

      Le reste est une question d'éducation, pas de répression policière.

    • Bernard Chabot - Abonné 22 juillet 2020 11 h 25

      Varaiment drôle votre réponse, M. Richard. «Le reste est une question d'éducation, pas de répression policière.». Est-ce à dire que ce serait vélophobe que de simplement appliquer le code de sécurité routière aux cyclistes délinquants ? Le code oblige les cyclistes à circuler à vitesse réduite dans les espaces piétonniers. La SAAQ a fait plein de campagnes pour éduquer les vélomanes et il faudrait les exempter de contraventions ? J'habite Sherbrooke, ville montueuse qui permet aux vélos d'aller vite en descente, combien de fois je me suis fait dépasser sur le trottoir par un vélo silencieux qui file à toute vitesse ? La dernière fois il allait si vite qu'il ne s'est pas arrêté au feu rouge et s'est fait frapper par une auto, heureusement sans conséquences graves sauf pour sa monture. En voilà un au moins qui se sera éduqué me dis-je.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 22 juillet 2020 14 h 52

      À Jean Richard
      Vous dites: vélophobe..
      Quel exagération grossière!!! Faites vous parti de Québec Solidaire? Je gage que oui!!
      La gauche, dont je considère faire parti, n'a plus aucune crédibilité à cause de ce language agressif gratuit, qui accuse tout le monde de phobie alors que bien souvent les gens demandent des ajustements bien raisonnable à des groupes qui préfèrent les intimider verbalement à coup de " machin phobique" plutôt que de faire un examen de conscience.

  • Francine Lavoie - Abonnée 22 juillet 2020 08 h 22

    Enfin quelqu’un qui ose interpeler les gens de Vélo Québec! Mme Lareau, si les cyclistes ont des droits, ils ont aussi des responsabilités. Dans les médias, je vous ai à quelque reprise entendue murmurer du bout des lèvres que les cyclistes délinquants doivent subir les conséquences de leurs gestes, mais chaque fois vous deviez rapidement la question. Quand allez-vous enfin reconnaître que le comportement général des cyclistes montréalais est problématique? Depuis toujours, vos cyclistes prennent d’assaut les trottoirs et vous n’avez jamais reconnu qu’il s’agit d’un véritable problème. Pourquoi vous donnerait-on de nouveaux droits si vous n’êtes pas capable de respecter les règles actuelles?
    Francine Lavoie
    Montreal

  • Sylvain Patenaude - Inscrit 22 juillet 2020 08 h 34

    Un échec

    Le prétexte de la pandémie a permis de créer des «autoroutes» à vélos au détriment des piétons et du transport en commun. Les piétons étaient déjà confrontés aux cyclistes sur les trottoirs et surgissant aux intersections sans ralentir, maintenant ils doivent être constamment sur leurs gardes dans ces voies chaotiques de grands restos à ciel ouvert. Et il faut ajouter les circuits d'autobus détournés et les résidents en voiture repoussés par les travaux, détours et labyrinthes.

  • Jean-François Laferté - Abonné 22 juillet 2020 08 h 35

    Pas juste à Montréal...

    Bonjour,

    Pas juste à Montréal...Encore hier,je suivais un cycliste sur la rue St-Louis entre Moody et St-Josep(située à Terrebonne):aucun arrêt....Après ils vont se plaindre de notre conduite..

    https://spvm.qc.ca/fr/Fiches/Details/Regles-de-circulation-pour-cyclistes


    Jean-François Laferté
    Terrebonne

  • Alain Gaudreault - Abonné 22 juillet 2020 09 h 57

    La ville a créé auprès des cyclistes ce sentiment de toute puissance

    Avec toute cette énergie dirigée vers la promotion du vélo à tout prix, la ville et les arrondissements ont favorisé auprès des cyclistes un véritable sentiment d'être LA priorité, LA mobilité sacrée, LA toute puissance sur deux roues. Les cyclistes roulent alors comme si les freins n'existaient pas, comme si tous devaient se pousser devant leur sainteté, au mépris de la sécurité la plus élémentaire. Face à une voiture engagée à la sortie d'une ruelle, ils arrivent sans modérer et coupent la voiture avec un zig-zag qui fait fi du danger. Aucun respect de la distance d'écart avec une voiture lorsqu'ils arrivent par derrière, se faufilant sans ralentir. Pas surprenant alors que le moindre piéton ne leur fasse aucunement peur, qu'il soit perçu comme un obstacle qui doit obligatoirement laisser place. Les cyclistes ont assumé leur statut de grands monarques au point de vociférer contre la multiplicité de cônes oranges qui eux, ne peuvent laisser place! Toute cette promotion pro-vélo stratégiquement mal planifiée est responsable d'avoir induit ce faux sentiment de dominants. Les cyclistes sont devenus les enfants-rois du monde urbain.