Conseils de savoir-vivre en temps de pandémie

«Si vous ne comprenez pas que la vie en société et la santé publique apportent leur lot de contraintes, c’est que votre entendement est plus que faible et qu’il est inutile d’entreprendre quelque discussion que ce soit avec vous», pense l'auteur.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne «Si vous ne comprenez pas que la vie en société et la santé publique apportent leur lot de contraintes, c’est que votre entendement est plus que faible et qu’il est inutile d’entreprendre quelque discussion que ce soit avec vous», pense l'auteur.

Commençons par une mise en garde. Si vous faites partie des libertariens qui pensent que l’obligation de porter le couvre-visage est une atteinte insupportable à leurs droits et que vous êtes prêt à vous battre avec des policiers ou à vous rendre en Cour suprême pour ne pas porter un masque de tissu quelques minutes par jour dans les lieux clos, arrêtez de lire ici. De toute évidence, vous n’avez aucune appétence pour le vivre-ensemble ni aucun respect pour les autres citoyens.

Si vous ne comprenez pas que la vie en société et la santé publique apportent leur lot de contraintes, c’est que votre entendement est plus que faible et qu’il est inutile d’entreprendre quelque discussion que ce soit avec vous. Allez vivre dans les bois avec les autres « hillbillies » de votre acabit et « slaquez-nous patience » avec votre liberté de pacotille.

Quatre conseils

Pour les autres, voici quelques conseils visant à améliorer le vivre collectif qui me sont venus à l’esprit pendant les mois depuis lesquels nous vivons en pandémie.

D’abord, si vous avez de la difficulté à accepter les règles découlant de la COVID-19, ne vous en prenez pas aux employés des commerces qui doivent vous les rappeler. Ces gens n’ont pas à supporter votre agressivité et votre grossièreté. Vous avez deux choix : rester chez vous, où vous pourrez vociférer à loisir, ou prendre des calmants quand vous sortez en public. Tout le monde s’en portera mieux, y compris vous, cet anarchiste incompris.

Deuxièmement, pourquoi tant d’entre vous semblent-ils incapables de faire leurs courses seuls ? Avez-vous vraiment besoin d’être accompagné de votre conjoint ou conjointe ou même de toute votre smala pour faire l’épicerie ou pour acheter du vin à la SAQ ? Se rendre à plusieurs dans les commerces, en ces temps de péril collectif, c’est non seulement augmenter le risque de contagion, qui croît avec le nombre d’individus rassemblés dans un lieu, mais aussi écœurer les autres clients en allongeant les files d’attente et en rendant la circulation à l’intérieur plus laborieuse. Si votre dépendance affective est telle que vous ne pouvez pas vous séparer de vos proches même pour quelques minutes, allez consulter un psy et faites vos commandes sur le Web. Quant aux fins finauds qui se croient rusés et subtils parce qu’ils ont réussi à pénétrer à deux ou plus dans un commerce où c’est prohibé, vous n’êtes ni l’un ni l’autre : vous ne méritez pas nos félicitations, mais notre mépris.

Troisièmement, pourquoi tant d’entre vous n’arrivent-ils pas à suivre les consignes quand ils font leurs emplettes : sans-dessein qui baissent subrepticement leur masque sous leur nez aussitôt les portes franchies ; analphabètes de la conduite du chariot qui refusent de respecter les flèches appliquées au sol, sous prétexte qu’ils ne sont en sens inverse que pour un seul produit ; individualistes forcenés se croyant seuls au monde qui ne respectent pas la règle des deux mètres de distanciation ou qui garent leur panier d’un côté de l’allée pour aller quérir un produit de l’autre côté, provoquant ainsi un bouchon ; covidiots qui, en ces quatre mois, « n’ont rien appris et ont tout oublié ».

Enfin, et j’ai gardé le meilleur pour la fin, que penser de ces abrutis qui stationnent leur automobile ailleurs que dans les cases désignées de stationnement, soit dans les parkings réservés aux handicapés ou juste devant la porte, et qui répondent, quand on le leur fait remarquer, qu’ils ne sont là que pour cinq minutes ou d’aller nous faire foutre ? Croient-ils que les autres clients sont venus passer l’après-midi à l’épicerie ou même y coucher ? De tous les carencés en savoir-vivre, ceux-là sont les plus agressifs, allant jusqu’à menacer de représailles physiques la personne qui les a justement tancés.

« Jusques à quand abuseras-tu de notre patience ? », demandait Cicéron à Catilina. En ces temps de pandémie, où nos nerfs sont souvent à vif, cette question devrait être posée sans relâche à cette petite minorité d’impolis, de discourtois, de goujats même, pourrait-on dire, qui se croient tout permis et corrodent la qualité de la vie en société.


 
25 commentaires
  • Paul Toutant - Abonné 21 juillet 2020 08 h 31

    Bravo!

    Monsieur Simard, votre mot fut le rayon de soleil de ma journée. Bravo pour ce texte qui, avec humour, rappelle à l'ordre les épris de « libarté »...

    • Nadia Alexan - Abonnée 21 juillet 2020 10 h 05

      Heureusement que la plupart des Québécois sont courtois et respectueux, et ils/elles observent les principes élémentaires du civisme, sinon la vie deviendrait insupportable.

  • Rose Marquis - Abonnée 21 juillet 2020 08 h 34

    Ah! le savoir-vivre

    C'est certain, en ces temps de pandémie c'est plus difficile mais ce n'est pas une pas un raison de s'abrutir et d'oublier toute règle de savoir-vivre en société. Merci pour ce texte!

  • François St-Pierre - Abonné 21 juillet 2020 08 h 36

    Difficile de s’opposer à Mère Nature

    Car de toute évidence, Mère Nature aime les imbéciles. Voilà pourquoi elle en a tant fait, comme vous le soulignez. Et c’est sans doute pas fini.

  • Michel L’Heureux - Abonné 21 juillet 2020 09 h 09

    Civisme élémentaire

    Merci pour votre commentaire pertinent.
    J’ajouterais que ces comportements s’apparentent aux nombreux manque de civisme des Québecois. Vous savez ces petits manques, difficilement sanctionnables, comme de déposer ses déchets n’importe où et n’importe quand ou même de laisser son chat chasser à l’extérieur jour et nuit. Ce sont des individus qui ne respectent rien n’y personnes et ils ne feront aucun effort pour se conformer ni aux règles de la santé publique ni aux règles de la vie en société.

    • Carol Bernier - Abonnée 21 juillet 2020 10 h 54

      Les Québecois seuls n'ont pas la palme. L'idiotie est un mal bien répandu partout dans le monde...

  • Jason CARON-MICHAUD - Abonné 21 juillet 2020 09 h 19

    Et vlan!

    « Jusqu'à quand abusera-t-on de notre patience? »

    La question mérite effectivement d'être posée. Et le plus stupide dans l'affaire c'est que les gens ont plus de peine à admettre les remontrances que de peine à s'être rendu coupable d'un délit, rappelait également CICÉRON.

    Mais il faut dire aussi qu'il y a des apôtres de la rébellion et de la surestime de soi dans le milieu littéraire ou même éducatif qui encouragent ces comportements sous-civilisés: «Ils ont du caractères!» disent les uns, «Elle s'affirme» disent d'autres. Comme si le développement d'un humain devait voir son aboutissement avec l'hédonisme naïf et le relativisme instrumental... Qui ne voit pourtant qu'il n'y a qu'un pas de cette surestime à l'agressivité relationnelle, verbale ou physique?

    Peut-être l'un des mérites de cette pandémie sera-t-il d'avoir rappelé l'importance de l'éducation pour une société?